jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 8 avril 2021, 15 septembre et 10 novembre 2022, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2021 par lequel le président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 16 mars 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la CTG le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée de vices de procédure dès lors que, d'une part, la commission de réforme n'a pas été saisie préalablement, d'autre part, aucune expertise médicale n'a été sollicitée et, enfin, elle n'a pas été prise dans les délais prévus par les dispositions de l'article 37-5 du décret du 30 juillet 1987 ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, le président de la collectivité territoriale de Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 30 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle a été refusée à M. C la reconnaissance d'imputabilité au service de son exposition à la Covid-19 sont susceptibles de faire l'objet d'un moyen d'ordre public tiré de leur irrecevabilité pour tardiveté dès lors qu'ayant formulé sa demande le 16 avril 2020, il lui incombait, en vertu des dispositions combinées du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 2 de l'ordonnance du 25 mars 2020, de former un recours contentieux dans un délai de deux mois à compter de la naissance de la décision portant rejet implicite de sa demande.
M. C a produit des observations au moyen d'ordre public soulevé d'office, enregistrées le 3 avril 2023, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 97-3 du 7 janvier 1997 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les conclusions de M. E ;
- les observation de M. C et celles de Mme A, représentant la collectivité territoriale de Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint administratif territorial principal de 1ère classe affecté au sein de la collectivité territoriale de Guyane, a sollicité la reconnaissance d'un accident de service du fait de son exposition à la Covid-19 le 16 mars 2020, par un courrier du même jour. Par un arrêté du 11 février 2021, le président de la collectivité territoriale de Guyane a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident survenu le 16 mars 2020. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 11 février 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. /A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : [] 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ".
3. La décision par laquelle est refusée à un fonctionnaire territorial l'imputabilité au service d'un accident et, partant, le bénéfice des dispositions du 2ème alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 ouvrant droit au fonctionnaire, si l'accident est survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice des fonctions, à conserver l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite, doit être regardée comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier vise la loi du 13 juillet 1983, le décret du 30 juillet 1987 ainsi que celui du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale. Par suite, il est suffisamment motivé en droit. En outre, l'arrêté litigieux fait état de la déclaration d'accident du 16 avril 2020, du certificat médical portant arrêt de travail du 23 mars au 3 avril 2020, de l'enquête administrative du 20 avril 2020 ainsi que de l'absence de test positif à la Covid-19. Par suite, il doit être regardé comme comportant les considérations de fait qui en constituent le fondement.
5. Aux termes de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987, dans sa rédaction applicable au litige : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : /1° Lorsqu'une faute personnelle ou toute autre circonstance particulière est potentiellement de nature à détacher l'accident du service ; /2° Lorsqu'un fait personnel du fonctionnaire ou toute autre circonstance particulière étrangère notamment aux nécessités de la vie courante est potentiellement de nature à détacher l'accident de trajet du service ; /3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'autorité territoriale n'est tenue de consulter la commission de réforme que dans l'hypothèse où elle entend renverser la présomption d'imputabilité au service de l'accident prévue à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 en relevant l'existence d'une faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière de nature à détacher l'accident du service. Tel n'est pas le cas lorsque l'autorité administrative constate que l'accident dont se prévaut le fonctionnaire ne remplit pas les conditions permettant de faire jouer la présomption légale d'imputabilité au service.
7. Il ressort des pièces du dossier que le président de la collectivité territoriale de Guyane s'est fondé sur l'absence de test positif à la Covid-19 pour refuser à M. C la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident dont il a été victime le 16 mars 2020. Il s'ensuit que le président de la collectivité territoriale de Guyane a considéré que l'accident dont se prévaut M. C ne remplissait pas les conditions permettant de faire jouer la présomption d'imputabilité au service prévue à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983. Dans ces conditions, le président de la collectivité territoriale de Guyane n'était pas tenu de consulter la commission de réforme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987 doit être écarté.
8. Il résulte des dispositions de l'article 37-4 du décret du 30 juillet 1987 que l'examen d'un fonctionnaire par un médecin agréé n'est qu'une possibilité et ne présente pas un caractère obligatoire pour l'autorité territoriale. Aussi, M. C ne saurait utilement invoquer le moyen tiré de l'absence d'expertise à l'appui de sa requête tendant à l'annulation du refus d'imputabilité au service de l'accident du 16 mars 2020.
9. M. C ne saurait non plus invoquer les dispositions de l'article 37-5 du décret du 30 juillet 1987 dès lors que la méconnaissance des délais prévus par cet article pour que l'autorité territoriale se prononce sur l'imputabilité au service d'un accident est sans incidence sur la légalité de la décision du 11 février 2021 lui refusant l'imputabilité au service de l'accident du 16 mars 2020.
En ce qui concerne la légalité interne :
10. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version applicable au litige : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. /II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service [] ".
11. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un événement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
12. M. C soutient qu'il a été exposé le 16 mars 2020 à un risque d'affection à la Covid-19 sur son lieu de travail, du fait de contacts étroits et sans respect des gestes barrières avec un médecin testé postérieurement positif à la Covid-19 et que cette exposition à un risque d'affection à la Covid-19 était bien imputable au service. Si le rapport d'enquête administrative du 11 février 2021 fait état de lésions, à savoir l'apparition de symptômes évoquant la Covid-19 (fièvre, courbatures, maux de tête, toux et fatigue), il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que ces symptômes, apparus le 23 mars 2020, soient en lien direct avec les événements du 16 mars 2020, d'autant que M. C n'établit ni même n'allègue avoir contracté la Covid-19. Dans ces conditions, les événements du 16 mars 2020 ne sauraient constituer un accident de service. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 février 2021.
Sur les frais du litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la collectivité territoriale de Guyane, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au président de la collectivité territoriale de Guyane.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. D
Le président,
Signé
L. MARTIN Le greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026