jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ZZZZTSHEFU EMILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 13 et 16 avril 2021 et 25 janvier 2022, Mme C A D, représentée par Me Tshefu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle le préfet de la Guyane lui a refusé l'enregistrement de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre principal, de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane d'instruire son dossier en matière de conditions matérielles d'accueil ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, assimilée à un refus de séjour, a été prise par une autorité incompétente pour en connaître ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, d'erreur de droit et d'erreur d'interprétation.
La procédure a été communiquée au préfet de la Guyane, qui n'a pas produit à l'instance.
Par un courrier du 7 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que les conclusions de la requête tendant à enjoindre au préfet de la Guyane d'instruire le dossier de l'intéressée en matière de conditions matérielles d'accueil étaient susceptibles de faire l'objet d'un moyen d'ordre public tiré de leur irrecevabilité dès lors qu'elles ont été présentées à titre principal.
Par une décision du 3 mai 2022, Mme A D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- Mme A D et le préfet de la Guyane n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, ressortissante haïtienne née en 1988, est, selon ses déclarations, entrée en France en 2015. Elle a pris rendez-vous le 27 novembre 2020 à la préfecture de la Guyane afin de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour. Par une décision du même jour, les services de la préfecture lui ont refusé l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Par la présente requête, Mme A D demande l'annulation de cette décision.
2. D'une part, les conclusions tendant à enjoindre au préfet de la Guyane d'instruire son dossier en matière de conditions matérielles d'accueil, sollicitées à titre principal, ne sont pas fondées sur les dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, elles sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans ou qui sollicite un titre de séjour [] est tenu de se présenter [] à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre de séjour du type correspondant à la catégorie à laquelle il appartient [] ". Aux termes de l'article R. 311-4 du même code : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise [] ".
4. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet.
5. En l'espèce, il n'est pas contesté par le préfet de la Guyane, qui n'a pas produit à l'instance, que l'agent de guichet ayant refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme A D n'a pas avancé le moindre motif à ce refus. L'intéressée a alors formé une demande de communication des motifs de la décision litigieuse par un courrier enregistré le 20 janvier 2021 par les services de la préfecture. Ce courrier n'a fait, en l'état des pièces du dossier, l'objet d'aucune réponse. Par suite, la décision par laquelle les services de la préfecture ont refusé à la requérante d'enregistrer sa demande de titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation.
6. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle les services de la préfecture ont refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme A D.
7. Le présent jugement implique qu'il soit enjoint, au titre des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, au préfet de la Guyane d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme A D, sous réserve de la complétude de son dossier et des éventuels changements dans les circonstances de fait et de droit qui seraient intervenus depuis la décision annulée, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
8. Mme A D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 900 euros à Me Tshefu au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, sous réserve que Me Tshefu renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 novembre 2020 par laquelle a été refusé l'enregistrement de la demande de titre de séjour de Mme A D est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme A D, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve de la complétude de son dossier et des éventuels changements dans les circonstances de droit et de fait de la situation de Mme A D.
Article 3 : L'Etat versera à Me Tshefu la somme de 900 euros, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Tshefu renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A D et au préfet de la Guyane.
Une copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. B
Le président,
Signé
L. MARTIN Le greffier,
Signé
M.-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026