jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100544 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LUSSIANA MYLÈNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2021, l'Organisation des Producteurs et Eleveurs de Guyane (OPEG), représentée par Me Tshefu, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres exécutoires n°s 69/2020, 70/2020, 97/2020 et 98/2020 émis le 4 décembre 2020 par le directeur de l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer (ODEADOM) pour le recouvrement des montants respectifs de 36.599,83 euros, 126.446,76 euros, 134.876,98 euros et 58.900,14 euros ;
2°) d'annuler la décision du 22 décembre 2020 par laquelle l'agent comptable de l'ODEADOM a procédé à une compensation entre les sommes de 13.701,31 euros et 36.599,83 euros, en laissant à sa charge le montant de 22.898,52 euros ;
3°) d'annuler la décision du 23 mars 2021 par laquelle l'agent comptable de l'ODEADOM l'a mise en demeure de payer la somme de 343.122,40 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'ODEADOM la somme de 3.000 euros au titre des frais d'instance.
L'OPEG soutient que :
- les décisions ne sont pas motivées ; elles ont été prises en méconnaissance des principes de confiance légitime et de sécurité juridique ; l'office a retiré des décisions créatrices de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L.242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les quatre ordres de reversement font état de montants erronés dès lors que les montants de 36.990,22 euros et 35.047,67 euros n'ont pas été payés ;
- la décision du 22 décembre 2020 a été prise par une autorité incompétente ;
- la mise en demeure du 23 mars 2021 est fondée sur des titres exécutoires illégaux ; elle est entachée d'incompétence.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2021, l'ODEADOM, représenté par Me Lussiana, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'OPEG au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il oppose la tardiveté de la requête et fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code rural et de la pêche maritime
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. B,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. L'Organisation des Producteurs et Eleveurs de Guyane (OPEG) demande l'annulation, en premier lieu, des quatre titres exécutoires n°s 69/2020, 70/2020, 97/2020 et 98/2020 émis le 4 décembre 2020 par le directeur de l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer (ODEADOM) pour le recouvrement des montants respectifs de 36.599,83 euros, 126.446,76 euros, 134.876,98 euros et 58.900,14 euros, en deuxième lieu, de la décision du 22 décembre 2020 par laquelle l'agent comptable de l'ODEADOM a procédé à une compensation entre les sommes de 13.701,31 euros et 36.599,83 euros en laissant à sa charge le montant de 22.898,52 euros, enfin, la mise en demeure de payer la somme de 343.122,40 euros émise le 23 mars 2021.
Sur les titres exécutoires :
2. En vertu de l'article L.252 A du livre des procédures fiscales, les actes que les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir constituent des titres exécutoires. Aux termes de l'article 28 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, applicable à l'ODEADOM en vertu de l'article R.621-39 du code rural et de la pêche maritime : " L'ordre de recouvrer fonde l'action de recouvrement. Il a force exécutoire dans les conditions prévues par l'article L.252 A du livre des procédures fiscales. Le comptable public muni d'un titre exécutoire peut poursuivre l'exécution forcée de la créance correspondante auprès du redevable, dans les conditions propres à chaque mesure d'exécution () ".
3. Aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 : " Les titres de perception émis en application de l'article L.252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables : 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; 2° Soit d'une contestation portant sur la régularité du titre de perception. ". Aux termes de l'article 118 du même décret : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation () au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre () La décision rendue par l'administration () peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision () ".
4. Les 4 titres exécutoires émis le 4 décembre 2020, ont été notifiés avec la mention des voies et délais de recours sous pli recommandé à l'adresse de l'OPEG à Macouria. Ce pli présenté le 5 janvier 2021 a été retourné à l'expéditeur avec la mention " avisé et non réclamé ". Conformément à l'article 118 du décret du 7 novembre 2012, la contestation des titres de perception était prescrite le 5 mars 2021, suite à l'expiration du délai de deux mois suivant la notification de ces actes. Dès lors, les conclusions dirigées contre ces actes, enregistrées le 22 avril suivant, ont été présentées tardivement. Elles ne sont, dès lors, pas recevables.
Sur la mise en demeure :
5. Il n'appartient pas au juge administratif de l'impôt d'annuler un acte de poursuite. Les conclusions de l'OPEG tendant à l'annulation de la mise en demeure de payer la somme de 343.122,40 euros peuvent, toutefois, être regardées comme tendant à la décharge de l'obligation de payer ce montant.
6. Aux termes de l'article 119 du décret du 7 novembre 2012 : " Les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L.252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L.281 et R.281-1 et suivants du même livre. ". En vertu des dispositions de l'article L.281, les contestations relatives au recouvrement doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Devant le juge de l'impôt, ces contestations ne peuvent porter que sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de cette somme. Il en résulte que les moyens tirés de l'incompétence, du défaut de motivation, de la méconnaissance des principes de confiance légitime et de sécurité juridique, puis du retrait illégal de décisions créatrices de droit ne peuvent être utilement invoqués. Il en va de même du moyen tiré de la nullité des titres exécutoires, dès lors que ces derniers sont devenus définitifs.
Sur la compensation :
7. En vertu de l'article 113 du décret du 7 novembre 2012, le recouvrement des ordres de recouvrer s'effectue comme en matière d'impôts directs. Est notamment applicable l'article L.257 B du livre des procédures fiscales qui prévoit la possibilité de recouvrement par la voie de la compensation, c'est-à-dire d'affectation d'une créance détenue par le redevable sur l'administration au paiement de sommes objet d'un acte de poursuite.
8. Il n'appartient pas au juge administratif d'annuler un acte de recouvrement. Les conclusions de l'OPEG tendant à l'annulation de la décision du 22 décembre 2020 par laquelle l'agent comptable de l'ODEADOM a opéré une compensation entre la prime de 13.701,31 euros versée en décembre 2020 et la créance de 36.599,83 euros mentionnée sur le titre exécutoire n° 69/2020 doivent être regardées comme tendant à la décharge de l'obligation de payer le montant ayant fait l'objet d'une compensation.
9. Ainsi qu'il a été dit au point 6, dans la présente contestation relative au recouvrement, les moyens tirés de l'incompétence, du défaut de motivation, de la méconnaissance des principes de confiance légitime et de sécurité juridique, puis du retrait illégal de décisions créatrices de droit ne peuvent être utilement invoqués. Il en va de même du moyen tiré de la nullité du titre exécutoire n° 69/2020 du 4 décembre 2020, devenus définitif.
10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 9, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de recevabilité tenant à la présentation d'une réclamation préalable, que la contestation de l'OPEG à l'encontre des actes de recouvrement des
22 décembre 2020 et 23 mars 2021 doit être rejetée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de l'OPEG doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par l'ODEADOM.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'Organisation des Producteurs Eleveurs de Guyane est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'Organisation des Producteurs et éleveurs de Guyane et à l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
M.T. A Le président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026