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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2100855

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2100855

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2100855
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 21 juin 2021 et 25 mai 2023, Mme A B épouse C, représentée par Me Balima, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2021 par lequel le préfet de la Guyane l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valant autorisation de travail, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;

- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur de fait ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions des articles L. 313-11, 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations des articles 3-1, 9-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et celles de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 2 et 3 février 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une décision du 3 mai 2021, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme Lacau, première conseillère, pour présider la chambre du tribunal administratif de la Guyane, en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bernabeu ;

- Mme B et le préfet de la Guyane n'étant ni présents ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante haïtienne née en 1984, est, selon ses déclarations, entrée en France en 2016. A la suite d'un contrôle pour vérification de son droit au séjour le 30 janvier 2021, le préfet de la Guyane a pris le jour même un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi :

S'agissant de la légalité externe :

2. D'une part, par un arrêté n° R03-2020-12-28-023 du 28 décembre 2020, publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial n° R03-2020-289, le préfet de la Guyane a donné délégation à M. Claudon, secrétaire général des services de l'Etat, à l'effet de signer les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français avec ou sans délai dans le cadre de la permanence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant le délai de départ et fixant le pays de renvoi, manque en fait et doit être écarté.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, : " I. ' L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : /1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; [] La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée ".

4. L'arrêté attaqué vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 511-1, I, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Le préfet indique ensuite que Mme B, qui déclare être entrée sur le territoire français en 2016, est dépourvue de titre de séjour. Il relève qu'elle est mariée, mère d'un enfant non français âgé de 11 ans et qu'elle est également femme de ménage. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit et en fait.

5. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " II. ' L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. [] Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : [] 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : [] a) Si l'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; [] f) Si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité [] h) Si l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ".

6. L'arrêté attaqué vise le 3° du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que la requérante ne justifie ni d'une entrée régulière sur le territoire français, ni d'un document d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'elle s'oppose à un retour dans son pays d'origine. Il s'ensuit que la décision portant refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée en droit et en fait.

7. L'arrêté litigieux vise les articles L. 511-1 et L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait état de la nationalité haïtienne de la requérante, permettant ainsi d'identifier Haïti comme pays d'origine et, partant, pays de renvoi. En outre, l'arrêté précise que Mme B n'établit pas être exposée à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée.

S'agissant de la légalité interne :

8. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Aux termes de l'article L. 313-11, 7° alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : [] 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

10. Mme B soutient que l'arrêté litigieux porte atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale dès lors que, présente en France depuis 2016, elle est mariée avec un ressortissant haïtien avec qui elle a un enfant scolarisé depuis quatre ans en Guyane. Si Mme B justifie de sa présence sur le territoire français depuis 2016, notamment par la production de documents administratifs et de bulletins de salaire, il est constant qu'entrée sur le territoire français à l'âge de 32 ans, elle a passé la quasi-totalité de sa vie en Haïti. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que son époux, auprès de qui elle ne vit plus, demeurant depuis 2019 à Saint-Ouen-l'Aumône dans le Val d'Oise, était titulaire, à la date de l'arrêté litigieux, d'un titre de séjour. La circonstance que la fille de Mme B, née en 2009 en Haïti, est scolarisée en Guyane depuis quatre ans n'est pas, à elle seule, de nature à lui conférer un droit au séjour. Enfin, si Mme B a occupé un emploi familial à temps partiel de mars à septembre 2019 et d'avril à août 2020, cette activité, bien que témoignant des efforts d'intégration de l'intéressée, ne saurait suffire à justifier d'une insertion professionnelle au sein de la société française. Dans ces conditions, l'arrêté litigieux, en tant qu'il l'oblige à quitter sans délai le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Il n'a ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas non plus entaché d'une erreur de droit.

11. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme B.

12. En deuxième lieu, Mme B ne saurait utilement invoquer les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de l'arrêté litigieux dès lors que, d'une part, elle n'a pas sollicité de titre de séjour sur ce fondement et, d'autre part, le préfet de la Guyane, qui n'y était pas tenu, n'a pas examiné sa situation personnelle au regard de ces dispositions.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". L'article 16 de la même convention énonce que : " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ". Aux termes de l'article 24 de la charte de droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Les enfants ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être. Ils peuvent exprimer leur opinion librement. Celle-ci est prise en considération pour les sujets qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur maturité. 2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu'ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. 3. Tout enfant a le droit d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

14. L'arrêté litigieux n'a ni pour objet ni pour effet de séparer la fille de Mme B de l'un de ses parents et rien ne fait obstacle à que la cellule familiale se reconstitue en Haïti, pays dont la requérante, son époux et sa fille ont la nationalité. Dans ces conditions, le préfet de la Guyane n'a méconnu ni les stipulations des articles 3-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni celles de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

15. En quatrième lieu, Mme B ne saurait utilement invoquer les stipulations de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers.

16. En dernier lieu, Mme B n'apporte pas les précisions permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen d'erreur de fait invoqué.

17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter sans délai le territoire et fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

S'agissant du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens invoqués à l'encontre de cette décision :

18. Si, par l'arrêté n° R03-2020-12-28-023 du 28 décembre 2020, publié au recueil des actes administratifs spécial n° R03-2020-289 du 28 décembre 2020, le préfet de la Guyane a donné délégation à M. Paul-Marie Claudon, secrétaire général des services de l'Etat, à l'effet de signer, dans le cadre de la permanence, les " arrêtés portant obligation de quitter le territoire avec ou sans délai et les décisions de placement ou maintien en rétention administrative des étrangers [] ainsi que les requêtes adressées au juge des libertés et de la détention en vue d'obtenir la prolongation des mesures administratives de rétention des étrangers placés au centre de rétention administrative ", il ne ressort toutefois ni de cet arrêté ni des autres pièces produites à l'instance que la délégation de signature s'étendait aux décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Il s'ensuit que M. Claudon ne tenait d'aucun texte le pouvoir de prendre, au nom du préfet, une décision portant interdiction de retour sur le territoire français, comme il l'a fait par l'arrêté contesté.

19. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux en tant qu'il lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Eu égard à la nature de la décision annulée, le présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de délivrer à Mme B un titre de séjour ou de réexaminer sa situation. Pour ces motifs, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

21. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté pris le 30 janvier 2021 par le préfet de la Guyane à l'encontre de Mme B est annulé en tant qu'il lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C et au préfet de la Guyane.

Une copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lacau, première conseillère,

M. Bernabeu, conseiller,

Mme Deleplancque, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

Le rapporteur,

Signé

S. BERNABEU

La première conseillère, présidente d'audience,

Signé

M.-T. LACAU La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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