vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2100894 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARCIGUEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, Mme B A représentée par
Me Marciguey demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle et d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " nées le 29 avril 2021 et la décision orale par laquelle le préfet de la Guyane a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance d'un récépissé de renouvellement prise le 29 décembre 2021 ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de deux ans ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ;
4°) à défaut, d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer durant cet examen et jusqu'à la prise d'une nouvelle décision une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
5°) à défaut, d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
6°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
La décision implicite de refus de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle :
- est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 313-17 et L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision implicite de refus de délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " :
- est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision de refus de délivrance d'un récépissé :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L.311-4, R.311-4, R.311-6 et R.311-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2021, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 18 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que les conclusions aux fins d'annulation des décisions de refus de délivrance d'un récépissé et d'une carte de séjour temporaire de la requête étaient susceptibles de faire l'objet d'un non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Guiserix a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante chinoise née en 1977, est selon ses déclarations, entrée en France en 2012. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation des décisions implicites de refus de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle et d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " nées le 29 avril 2021 et de la décision orale par laquelle le préfet de la Guyane a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance d'un récépissé de renouvellement prise le 29 décembre 2020.
Sur le refus de délivrance de récépissé de demande de titre de séjour :
2. Il ressort des pièces du dossier que le Préfet de la Guyane, postérieurement à l'introduction de la requête, a délivré le 24 juillet 2023, une carte de séjour temporaire valable un an, soit jusqu'au 14 juin 2024, portant la mention " vie privée et familiale " à Mme A. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
Sur la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de séjour temporaire :
3. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite refusant la délivrance d'un titre de séjour temporaire " vie privée et familiale " et celles tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de délivrer à Mme A un titre de séjour temporaire, sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu à statuer sur ces conclusions.
Sur la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle :
4. En vertu des articles R. 311-12 et R. 311-12-1 devenus R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par l'administration pendant un délai de quatre mois sur les demandes de titres de séjour qui lui sont soumises vaut décision implicite de rejet. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour de Mme A a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 29 avril 2021. Alors qu'une décision portant refus de titre de séjour est au nombre de celles qui doivent être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, il est constant que Mme A a sollicité la communication des motifs du rejet implicite opposé à sa demande par un courrier reçu en préfecture le 28 juin 2021. Le préfet de la Guyane n'ayant pas répondu à cette demande, la décision contestée doit être regardée comme ne répondant pas à l'exigence législative de motivation. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que le refus de titre de séjour qui lui a été ainsi opposé est entaché d'un défaut de motivation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté la demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de carte pluriannuelle de séjour de Mme A et qu'il soit statué sur cette demande. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens au préfet de la Guyane et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte qui est demandée.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A dirigées contre la décision du 29 avril 2021 par laquelle le préfet de la Guyane lui a implicitement refusé la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " et la décision orale du 19 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé d'enregistrer sa demande de délivrance d'un récépissé.
Article 2 : La décision du 29 avril 2021 par laquelle le préfet de la Guyane a implicitement rejeté la demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " de Mme A est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer la demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " de Mme A dans un délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : L'Etat versera à Mme A une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller,
Lu en audience publique le 28 juin 2024.
L'assesseur le plus ancien,
Signé
M-T. Lacau
Le président-rapporteur,
Signé
O. GuiserixLe greffier,
Signé
C. Nicanor
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. Nicanor
N°2100894
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026