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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2100913

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2100913

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2100913
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2021, Mme A C, représentée par

Me Balima, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler ou " salarié ", dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2023, le préfet de la Guyane représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est tardive car une décision expresse de rejet de la demande de titre de séjour de la requérante lui a été notifiée le 21 juillet 2020.

Par une décision prise sur recours, du 22 septembre 2021, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par un courrier du 15 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête pour inexistence de la décision attaquée, en l'absence de justification du dépôt d'un dossier de demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.

La requérante et le préfet n'étant ni présents ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, née en 1976, de nationalité haïtienne, a déclaré être entrée sur le territoire français en 2009. Elle soutient s'être rendue en préfecture de la Guyane en 2021 pour y déposer une demande de titre de séjour et que cette demande aurait été implicitement rejetée. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision de rejet implicite de sa demande de titre de séjour.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il ressort des pièces du dossier d'une part que, malgré un premier rejet de la demande d'aide juridictionnelle, plusieurs mesures d'instruction et un moyen d'ordre public, Mme C n'a produit aucune demande de titre de séjour ni aucun récépissé indiquant qu'elle aurait déposé une demande de titre de séjour en 2020 ou 2021. En se bornant à produire une demande de communication de motifs d'une décision non datée, Mme C n'établit pas l'existence de cette décision. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'une décision expresse de rejet de la demande de titre de séjour formulée par Mme C le 15 avril 2019 lui a été notifiée le 21 juillet 2020. Il ressort des pièces du dossier que le récépissé de notification de cette décision, comportant l'indication des voies et délais de recours, a été adressé à Mme C par lettre recommandée. Le pli a été avisé le 21 juillet 2020, mais n'a pas été réclamé par l'intéressée aux services postaux qui ont retourné le pli au préfet de la Guyane après l'expiration du délai de mise en instance postale. Faute pour l'intéressée d'avoir pris toutes les dispositions utiles pour retirer le pli qui lui avait été régulièrement adressé, par exemple en informant l'administration d'un éventuel changement d'adresse, comme étant intervenue à la date de première présentation du pli par les services postaux, soit le 20 juillet 2020. Or, la requête formée par Mme C contre une décision de refus de séjour implicite dont elle n'établit pas l'existence n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de la Guyane que le 1er juillet 2021, soit après l'expiration du délai imparti par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative pour contester la seule décision de refus de titre de séjour dont l'existence est établie. Dès lors, cette requête a été présentée tardivement et n'est pas recevable.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles

L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023 à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Schor, première conseillère,

Mme Deleplancque, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

E. B

Le président,

Signé

L. MARTIN La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

S. MERCIER

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