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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2100999

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2100999

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2100999
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationR
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMARCIGUEY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 15 et 22 juillet 2021, Mme C D, représentée par Me Marciguey, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2021 par lequel le préfet de la Guyane l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de faire procéder à la suppression de son signalement dans le système d'information Schengen, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de lui restituer son passeport ;

5°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- le signataire de la décision contestée ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4, 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision refusant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;

- elle méconnaît les dispositions du 3ème alinéa de l'article L. 511-1, II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'alinéa 2 de l'article L. 511-1, III du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, le préfet de la Guyane, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une décision du 24 mai 2021, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bernabeu ;

- Mme D et le préfet de la Guyane n'étant ni présents ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante haïtienne née en 1995, est, selon ses déclarations, entrée en France en 2016. A la suite d'un contrôle pour vérification de son droit au séjour le 25 janvier 2021, le préfet de la Guyane a pris le même jour un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de ce dernier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. D'une part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. En l'espèce, par un arrêté n° R03-2020-12-28-016 du 28 décembre 2020, le préfet de la Guyane a donné délégation à M. A, directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles, à l'effet de signer les décisions prévues sous la rubrique intitulée " en matière d'éloignement et de contentieux ", et notamment les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français avec et sans délai, les refus de séjour et les interdictions de retour sur le territoire français. Par un arrêté n° R03-2020-12-29-002 du 29 décembre 2020, publié le 30 décembre suivant au recueil des actes administratifs de l'Etat n° R03-2020-292, M. B, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, a reçu une subdélégation de signature de la part de M. A pour l'ensemble des décisions relevant de la rubrique précitée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté manque en fait et doit être écarté.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1, I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " " I. ' L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : /1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; [] La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée ".

4. Il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que celui-ci vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions des articles L. 511-1, I, 1° et L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. La décision portant obligation de quitter le territoire français est donc suffisamment motivée en droit. Le préfet indique ensuite que Mme D est dépourvue de tout titre de séjour et qu'elle serait entrée clandestinement sur le territoire français en 2016. Il ajoute que l'intéressée déclare être célibataire, sans enfant à charge et sans emploi fixe, stable et déclaré. Il relève que la présence de sa tante et de ses cousins en France, qui n'est pas démontrée, n'est pas créatrice d'un droit au séjour à son profit. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.

5. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " III. ' L'autorité administrative, par une décision motivée, assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger. /Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour [] La durée de l'interdiction de retour mentionnée aux premier, sixième et septième alinéas du présent III ainsi que le prononcé et la durée de l'interdiction de retour mentionnée au quatrième alinéa sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

6. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 511-1, III et L. 514-1. En outre, le préfet relève que Mme D serait entrée sur le territoire français en décembre 2016 et fait état de ses liens avec la France en exposant qu'elle est célibataire, sans enfant et sans famille proche sur le territoire. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

7. Enfin, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Une atteinte à ce droit garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

8. Mme D soutient qu'elle n'a pu être mise à même d'expliquer sa situation et notamment de produire ses fiches de paie et les certificats médicaux justifiant de son état de santé alors que de tels éléments auraient pu influer sur le contenu de la décision. Si de tels éléments étaient susceptibles d'influer sur le contenu de la décision, Mme D n'établit toutefois pas en quoi elle aurait été privée de la possibilité de présenter de tels éléments lors du contrôle de son droit au séjour alors qu'elle a pu formuler un certain nombre d'observations à l'occasion de ce contrôle sur sa situation personnelle, observations sur lesquelles s'est fondé le préfet pour prendre l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu, tel que garanti par le droit de l'Union européenne, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. Aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : [] 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

10. Mme D soutient qu'elle souffre d'un glaucome chronique bilatéral à angle ouvert qui nécessite des soins réguliers et un suivi permanent à vie, comme l'atteste un certificat d'ophtalmologiste, de sorte que son défaut de prise en charge pourrait conduire éventuellement à la cécité. Pour grave que puisse avoir l'absence de prise en charge d'une telle pathologie oculaire chronique, Mme D n'établit toutefois pas, par les pièces qu'elle produit, à savoir deux ordonnances médicales de février 2018, un document médical du 15 novembre 2018 relatif à un examen d'imagerie médical et un certificat médical du 17 mars 2021, qu'elle suivrait un traitement approprié à sa pathologie en France. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait demandé un titre de séjour " étranger malade " à raison de sa pathologie, Mme D ne saurait soutenir que le défaut de prise en charge médicale de son glaucome aurait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

11. Si Mme D justifie de sa présence sur le territoire français depuis 2016, notamment par la production de documents administratifs et médicaux, il est toutefois constant que l'intéressée est célibataire et sans enfant. La circonstance que son père serait décédé en 1998 et sa mère en 2003 n'est pas de nature, à elle seule, à lui conférer un droit au séjour. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait de la famille sur le territoire français. Enfin, si Mme D soutient travailler depuis 2019, il ressort toutefois des pièces du dossier que les rémunérations qu'elle a perçues pour son travail ne dépassent pas la centaine d'euros mensuelle et ne sauraient être regardées comme lui permettant de subvenir à ses besoins. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

12. Il ne résulte pas de ce qui a été dit précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité. Par suite, Mme D ne peut se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire.

13. Aux termes de l'article L. 511-1, II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " II. ' L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. [] Toutefois, l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : [] 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : [] h) Si l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ".

14. Pour justifier le refus de délai de départ volontaire à Mme D, le préfet de la Guyane s'est fondé sur le fait que l'intéressée s'est opposée à un retour vers son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Guyane, dont il ne ressort pas de la lecture de l'arrêté litigieux qu'il se serait cru en situation de compétence liée, n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 511-1, II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant le délai de départ volontaire à la requérante. Il n'a pas non plus entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

15. Mme D ne peut se prévaloir de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi dès lors que, comme il a été dit au point 12, il ne résulte pas de ce qui a été retenu précédemment que cette première décision serait entachée d'illégalité.

16. Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " L'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est éloigné : 1° A destination du pays dont il a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu le statut de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile [] Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

17. Mme D, qui se borne à soutenir qu'elle serait exposée à des risques graves pour sa santé en cas de retour dans son pays d'origine, eu égard à sa pathologie oculaire, n'établit pas être exposée personnellement à des peines ou à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

18. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. Il ne résulte pas de ce qui a été dit précédemment que la décision refusant le délai de départ volontaire est entachée d'illégalité. Par suite, Mme D ne peut se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

20. Eu égard à ce qui a été dit aux points 10 et 11, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D bénéficierait de circonstances humanitaires particulières pouvant justifier que le préfet ne prononce pas d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le préfet de la Guyane n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 511-1, III du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Les conclusions à fin d'annulation et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Bernabeu, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

S. BERNABEU

Le président,

Signé

L. MARTIN Le greffier,

Signé

S. MERCIER

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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