jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101079 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AARPI LEXSTEP AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I/ Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 mars 2021 et le 7 février 2023 sous le n°2100420, M. E B, représenté par Me Page, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la note de service du 19 février 2021 par laquelle le directeur général des services de la commune de Macouria l'a démis de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre à la commune de Macouria de le réintégrer dans ses fonctions de responsable de la police municipale, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la note du 19 février 2021 constitue une sanction déguisée à son égard du fait de la réunion des éléments objectif et subjectif, sans prise en considération de l'intérêt du service, sanction entachée d'un vice de procédure puisque :
- elle n'a été précédée d'aucune procédure disciplinaire, caractérisée en particulier par la réunion d'un conseil de discipline ;
- le comité technique compétent n'a pas été consulté
- il n'a pu être assisté d'un conseil ;
- il n'a pu accéder à son dossier ;
- la note du 19 février 2021 n'est pas motivée.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 31 mai 2021 et le 20 mars 2023, la commune de Macouria, représentée par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable car elle est dirigée contre une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours, et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire présenté pour M. B a été enregistré le 21 avril 2023 et n'a pas été communiqué.
II/ Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 juillet 2021 et le 7 février 2023 sous le n°2101079, M. E B, représenté par Me Page, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les notes de service du 19 février et du 1er juin 2021 par lesquelles le directeur général des services de la commune de Macouria l'a démis de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre à la commune de Macouria de le réintégrer dans ses fonctions de responsable de la police municipale, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le poste où il est affecté par cette note n'a pas été publié ;
- le changement d'affectation a été pris en considération de sa personne et devait donc être précédé de la communication de son dossier personnel ;
- ce changement constitue une sanction déguisée et est entaché de vices de procédure car :
- il n'a été précédé d'aucune procédure disciplinaire, caractérisée en particulier par la réunion d'un conseil de discipline ;
- le comité technique compétent n'a pas été consulté
- il n'a pu être assisté d'un conseil ;
- il n'a pu accéder à son dossier ;
- la note du 1er juin 2021 n'est pas motivée.
- elle révèle un détournement de pouvoir.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 29 octobre 2021 et le 20 mars 2023, la commune de Macouria, représentée par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire présenté pour M. B a été enregistré le 21 avril 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public,
- et les observations de Me Page, représentant M. B.
La commune de Macouria n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er mars 2008, M. B a été titularisé dans le grade de gardien de police municipale. Par arrêté du 27 décembre 2016, il a été promu brigadier-chef principal et a alors exercé les fonctions de responsable du service de la police municipale de Macouria. Par une note de service du 19 février 2021, le directeur général des services de la commune a informé les agents municipaux que M. F C assurerait l'intérim de M. B dans ses fonctions à compter du 22 février 2021, jusqu'à nouvel ordre. Le directeur général des services a parallèlement proposé à M. B d'occuper un poste de chargé de mission au sein du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) puis de correspondant de la sécurité des biens et des personnes de ce conseil. M. B a refusé ces deux propositions. Par une seconde note du même auteur du 1er juin 2021, M. B a été nommé responsable de la cellule coopération rattaché au responsable de service de la police municipale, M. D. Par les présentes requêtes, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux notes de service.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la requête n°2100420 :
2. Une mesure revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent. D'une part, le requérant n'évoque aucun fait qui selon lui serait à l'origine de la sanction qu'il allègue. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal de la séance du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du 18 février 2021 faisant état au sein de la police municipale dirigée par le requérant de sentiments d'injustice, de fatigue et de l'accumulation des congés de maladie dans un contexte d'horaires de travail ressentis comme excessifs, que le remplacement par intérim de M. B a été décidé en urgence pour pallier une situation non sérieusement contestée par le requérant de mal-être au travail voire de harcèlement moral imputable à ce dernier. Ce procès-verbal indique aussi : " le rapport a été présenté dans un premier temps à M. B, puis à l'ensemble de l'équipe. Il a été proposé à M. B d'occuper le poste de chargé de mission au Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) afin qu'il reste dans son périmètre d'action et de l'enlever de la sphère managériale. M. B a refusé cette proposition et a indiqué qu'il contestera sa mise à l'écart. M. A lui a alors indiqué que pour l'instant aucune sanction à son égard n'avait été prise mais qu'il s'agissait de décisions prises en fonction de l'intérêt du service et des agents. Les policiers ont été informés que M. F C assurera l'intérim, une non-réaction ne pouvait pas être envisageable au regard de ce qui se passe dans la brigade ". Pour contester cette situation de mal-être dans son service, M. B se prévaut d'attestations selon lesquelles il était présent certains jours où la commune indique qu'il était absent, un agent qui lui était subordonné exprimant ne pas comprendre la mesure, tout en reconnaissant les difficultés existantes, un autre exprimant son incompréhension, et une gendarme indiquant avoir travaillé ponctuellement en bonne entente avec lui lorsqu'elle se rendait au service de la police municipale de Macouria. Ces attestations ne suffisent toutefois pas à remettre en cause les constats faits par la commune de Macouria. Dans ces conditions, et alors que M. B n'établit pas non plus l'intention de l'administration de le sanctionner, son remplacement par intérim, en urgence, a été décidé dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire déguisée. Par suite, les moyens tirés des vices de procédure et du défaut de motivation entachant cette décision, qui n'entre pas dans les catégories de décisions listées par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, manquent en droit et ne peuvent qu'être écartés.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la note de service du 19 février 2021 doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
En ce qui concerne la requête n°2101079 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsqu'un emploi permanent est créé ou devient vacant, l'autorité territoriale en informe le centre de gestion compétent qui assure la publicité de cette création ou de cette vacance, à l'exception des emplois susceptibles d'être pourvus exclusivement par voie d'avancement de grade. / Les vacances d'emploi précisent le motif de la vacance et comportent une description du poste à pourvoir. () ".
5. Toutefois, ces dispositions ne s'imposent pas à l'administration dans le cas où elle prononce une mutation dans l'intérêt du service. Ainsi qu'il a déjà été dit, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport d'entretiens réalisés par le cabinet MS Consulting en janvier 2021, qu'un fort mal-être au travail a été constaté dans le service dirigé par M. B. Pour remédier à cette situation, le directeur général des services de la commune de Macouria a estimé qu'il était urgent de retirer M. B de la sphère managériale. Il lui a proposé, dès le mois de février 2021, d'occuper un poste de chargé de mission au sein du CLSPD puis de correspondant de la sécurité des biens et des personnes de ce conseil. M. B ayant refusé ces deux propositions, a finalement été nommé responsable de la cellule coopération rattachée au responsable de service de la police municipale. Dès lors, la mesure prise a été prise dans l'intérêt du service, de sorte que
M. B n'est pas fondé à soutenir qu'elle aurait dû être précédée d'une publicité au centre de gestion compétent et le moyen ne peut donc qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté. ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même d'obtenir communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.
8. Au regard de l'objet de la décision attaquée et des justifications apportées par l'administration, la mutation dont M. B a fait l'objet a été prise en considération de sa personne, plus précisément de sa façon personnelle d'encadrer l'équipe qu'il dirigeait. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, bien qu'il soutienne ne pas avoir reçu la proposition de mutation que lui aurait faite le directeur général des services en février,
M. B a, à tout le moins, décliné la proposition verbale d'un changement d'affectation que le directeur lui a faite le 18 février ainsi que celle qui lui a été faite par écrit, par courrier du 12 mars 2021 indiquant " je reste en attente de votre décision, et vous invite à prendre l'attache de la Directrice des Ressources humaines pour tout complément d'information sur cette proposition. En espérant recueillir votre accord () ". M. B a répondu à ce courrier le 14 avril 2021. Ainsi, il a disposé d'un délai d'au moins un mois et demi pour demander et obtenir la communication de son dossier. Ce délai a été suffisant pour que le requérant soit mis à même de demander la communication de son dossier. Par suite le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
9. En troisième lieu, pour les motifs exposés au point 2, la décision attaquée, qui a été prise pour remédier à une situation de grave tension entre les agents du service dirigé par M. B, tension dans laquelle M. B ne conteste pas avoir été impliqué, a été prise dans l'intérêt du service et ne constitue pas une sanction déguisée. Par suite, les moyens tirés des vices de procédure et de l'insuffisante motivation de cette décision sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
10. En dernier lieu, eu égard aux motifs de la décision attaquée, prise dans l'intérêt du service et ne constituant pas une sanction déguisée, aucun détournement de pouvoir n'est établi.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la note du 1er juin 2021 doivent être rejetées.
12. Il s'ensuit que les deux requêtes de M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Macouria, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, les sommes que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme globale de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune de Macouria et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : M. B versera à la commune de Macouria une somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et à la commune de Macouria.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHORLe président,
Signé
L. MARTINLa greffière
Signé
R. DELMESTRE-GALPE
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
Le greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. MERCIER
Nos 2100420, 2101019
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026