lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101127 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BENAGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2021, Mme A B, représentée par Me Joliff, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2021 par laquelle la directrice des ressources humaines et médicales du Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais a rejeté sa demande de versement de prime de précarité ;
2°) d'enjoindre au Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui verser l'indemnité de précarité correspondant à son service sous contrat à durée déterminée, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 1er mai 2021 et de la capitalisation des intérêts,
3°) de mettre à la charge du Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle remplit les conditions légales d'obtention de la prime de précarité litigieuse et c'est six mois avant la proposition de contrat à durée indéterminée qu'elle a elle-même manifesté son souhait de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2021, le Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais, représentée par Me Bénagès, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat du 15 mai 2015, Mme B a été recrutée pour une durée d'un an par le Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais (CHOG) en qualité de praticien attaché associé au sein du service d'anesthésie réanimation. Le 14 janvier 2016, Mme B a conclu avec le CHOG un autre contrat annulant et remplaçant celui du 15 mai 2015, en qualité de praticien contractuel au sein du service d'anesthésie, pour une durée du 1er janvier 2016 au 14 mai 2016. Par un avenant du 2 mai 2016, ce contrat a été prolongé de deux ans, jusqu'au 14 mai 2018. Par deux avenants, des
10 avril 2017 et 27 février 2018, ce contrat a été prolongé de trois ans, jusqu'au 14 mai 2021. Par un courriel du 22 mars 2020, Mme B a informé le CHOG qu'elle n'entendait pas renouveler son contrat à durée déterminée dont la fin était prévue le 14 mai 2021 et souhaitait solder son compte-épargne temps (CET) à l'échéance de son contrat. Par un courrier du 5 juillet 2020, le CHOG a proposé à Mme B de conclure un contrat à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2020 en lui indiquant qu'un refus de contrat ne saurait ouvrir droit à l'indemnité de fin de contrat. Par un courrier du 1er mai 2021, Mme B a de nouveau indiqué au CHOG qu'elle ne souhaitait pas renouveler son contrat et a demandé que lui soient adressés divers documents, que son CET soit soldé et que lui soit versée la prime de précarité de 10% de sa rémunération depuis le 15 mai 2015. Par un courriel du 3 mai 2021, la directrice des ressources humaines et médicales du CHOG a rejeté sa demande de versement de prime de précarité au motif que l'établissement avait proposé à la requérante un contrat à durée indéterminée. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 6152-337 du code de la santé publique : " Le praticien contractuel est recruté par le directeur de l'établissement public de santé après avis du président de la commission médicale d'établissement et du chef de pôle, sur proposition du chef de service ou, à défaut, du responsable de toute autre structure interne dont relève le praticien. () ". Aux termes de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique : " Les dispositions du code du travail sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail et aux allocations d'assurance prévues à l'article L. 5424-1 du code du travail. ". Aux termes de cet article L. 1243-8 du code du travail : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. () ". Aux termes de l'article
L 1243-10 du code du travail : " L'indemnité de fin de contrat n'est pas due : / () / 3° Lorsque le salarié refuse d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B était praticienne contractuelle recrutée par un contrat à durée déterminée, ce qui aurait pu lui ouvrir droit à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation en vertu de l'article L. 1243-8 du code du travail. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que son employeur, le CHOG, lui a proposé plus de dix mois avant le terme de son contrat de travail à durée déterminée la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée. Mme B n'allègue ni n'établit que cette proposition portait sur un autre emploi ou n'était pas assortie d'une rémunération au moins équivalente, alors que la proposition faisait d'ailleurs état d'un avancement d'échelon dès le mois de septembre 2020. Il est constant que Mme B a refusé d'accepter la conclusion de tout contrat avec le CHOG, qu'il s'agisse du contrat à durée indéterminée qui lui avait été proposé ou même d'un autre contrat. Aucun texte n'exclut l'application de cette règle dans le cas où le salarié a préalablement pour sa part indiqué qu'il ne souhaitait pas poursuivre sa relation contractuelle. Dès lors, la circonstance que la requérante ait, préalablement à la décision attaquée, indiqué à son employeur qu'elle ne souhaitait pas poursuivre sa relation contractuelle ne peut la faire regarder comme remplissant les conditions légales de versement de la prime de précarité. Cette circonstance n'est ainsi pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée. Par ailleurs, le fait que le directeur du CHOG suggère qu'un autre centre hospitalier cesse de verser des primes de précarité est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à demander le versement d'une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 mai 2021 rejetant sa demande de versement d'une prime de précarité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent dès lors être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le CHOG au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
N°2101127
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026