jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101157 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 21 août et 29 octobre 2021, Mme C D A B, représentée par Me Cardet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet de la Guyane lui a refusé le séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de fait ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11, 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 20 septembre 2021, 31 mai et 5 juin 2023, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir, d'une part, qu'il a délivré à Mme A B une carte de séjour temporaire valable du 9 mars 2023 au 8 mars 2024 et, d'autre part, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 28 juin 2021, Mme A B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lacau, première conseillère, pour présider la chambre du tribunal administratif de la Guyane, en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bernabeu ;
- Mme A B et le préfet de la Guyane n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante dominicaine née en 1990, est, selon ses déclarations, entrée en France en 2014. Elle a sollicité le 31 juillet 2019 le renouvellement de sa carte temporaire de séjour, sur le fondement de l'article L. 313-11, 6° alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 avril 2021, le préfet de la Guyane lui a refusé le séjour. Par la présente requête, Mme A B demande l'annulation de cet arrêté.
2. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la fiche de Mme A B au Fichier National des Etrangers (FNE) que le 18 avril 2023, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de la Guyane a délivré à l'intéressée une carte de séjour temporaire, valable du 9 mars 2023 au 8 mars 2024. Il s'ensuit que le préfet a implicitement mais nécessairement abrogé l'arrêté du 30 avril 2021. Les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté, assorties de conclusions à fin d'injonction, ont perdu leur objet ainsi que leur intérêt. Il y a donc lieu d'accueillir l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A B.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D A B et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. BERNABEU
La première conseillère, présidente d'audience,
Signé
M.-T. LACAU La greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
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