jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LOBEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2021, Mme B D, représentée par Me Lobeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision refusant son redoublement de sa deuxième année de formation ;
2°) d'enjoindre à l'institut de formation en soins infirmiers de Guyane de prendre les dispositions nécessaires pour qu'elle reprenne sa formation, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'institut de formation en soins infirmiers de Cayenne le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est entachée de vice de procédure car elle a d'abord été convoquée devant la section disciplinaire mais a finalement comparu devant la section du traitement pédagogique des situations individuelles, devant laquelle elle n'a pas été convoquée ;
- la décision attaquée est entachée d'un second vice de procédure car ni elle ni les membres de la section pédagogique n'ont reçu communication de son dossier avant la réunion de la section compétente le 3 septembre 2021 ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, et la délibération à laquelle elle se réfère ne lui est pas jointe ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation car elle était à la fois en situation de handicap et de grossesse pathologique à la date de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, l'Institut de Formation de Soins Infirmiers de Guyane, représentée par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête, et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 ;
- l'arrêté du 31 juillet 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D a intégré l'Institut de Formation en Soins Infirmiers de Guyane (IFSI) en septembre 2015 et a validé sa première année de formation. En raison de divers problèmes de santé, elle n'a toutefois pas pu valider sa seconde année de formation dès l'année suivante, et a été autorisée à redoubler sa deuxième année à trois reprises jusqu'à l'année scolaire 2020-2021 et par une décision du 3 septembre 2021, le président de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants a refusé de l'autoriser à redoubler. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il est constant que Mme D a été convoquée par une lettre du 26 juillet 2021 signée par le directeur des soins de l'IFSI devant la commission disciplinaire. Toutefois, l'IFSI fait valoir sans être contesté que c'est par erreur que la requérante a été convoquée devant la section disciplinaire et non la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Il ressort en effet des pièces du dossier que Mme D a bien ensuite été convoquée devant la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, le même jour et à la même heure que sa convocation précédente devant la section disciplinaire, section pédagogique devant laquelle elle s'est présentée aux dates et heures indiquées. En outre, il ressort des pièces du dossier, contrairement à ce que soutient la requérante, qu'aucune faute n'a été reprochée par l'IFSI à la requérante, le rapport établi par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants à la suite de la réunion qu'a eue la requérante avec le directeur de l'IFSI le 23 juillet 2021, ne faisant état d'aucune faute imputable à Mme D. Par suite, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée doit être annulée en raison de l'erreur dans sa convocation.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux : " () Le dossier de l'étudiant, accompagné d'un rapport motivé du directeur, est transmis au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section. / L'étudiant reçoit communication de son dossier dans les mêmes conditions que les membres de la section. La section entend l'étudiant, qui peut être assisté d'une personne de son choix. () ".
4. Il est constant que l'IFSI n'a communiqué à Mme D le rapport établi à la suite de sa réunion avec le directeur de l'IFSI le 23 juillet 2021 que par un courrier du 30 août 2021, soit moins de sept jours calendaires avant la réunion de cette section. Par ailleurs, l'IFSI ne conteste pas n'avoir transmis ni à Mme D ni aux membres de la commission aucune autre pièce de son dossier. Par suite, Mme D est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure.
5. Toutefois, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il est constant que Mme D était présente lors de la réunion de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants du
3 septembre 2021 et qu'elle y a été assistée par un défenseur de son choix, comme il le lui avait été proposé dans la lettre du 26 juillet 2021. Elle n'établit pas, ni même n'allègue que la méconnaissance du délai de sept jours prévu par les dispositions ci-dessus rappelées de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 l'aurait privée de la faculté d'organiser et de présenter utilement sa défense devant cette section, alors, d'une part, que la procédure n'était pas disciplinaire et, d'autre part, que Mme D a, à cette occasion, présenté des observations afin de contester la mesure envisagée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le non-respect de cette obligation de communication aurait entraîné d'autres conséquences préjudiciables pour l'examen de sa situation, notamment en ce qui concerne l'information des membres de la section pédagogique. Par suite, la méconnaissance de l'obligation de communication du dossier prévue par les dispositions de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 n'a, dans les circonstances particulières de l'espèce, ni été susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'avis émis et de la décision prise au terme de la procédure, ni eu pour effet de priver effectivement l'intéressée d'une garantie. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ;/ 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; :4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".
8. La décision par laquelle le directeur d'un IFSI, après examen de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, refuse la demande de redoublement et donc exclut de la formation conduisant au diplôme d'État d'infirmier un étudiant, qui ne constitue pas une sanction, n'entre dans aucune des catégories de décisions individuelles défavorables dont l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ou un texte particulier impose la motivation. Par suite, Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté comme inopérant et
Mme D ne peut utilement se prévaloir à l'appui de ce moyen de la circonstance qu'une délibération de de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants n'était pas jointe à la décision attaquée.
9. Aux termes de l'article 4-1 de l'arrêté du 31 mars 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier : " Les étudiants peuvent solliciter un aménagement de leurs études auprès de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles de l'institut dès lors que leur situation le justifie au titre de l'un des cas de figure suivants :/ ()/ -situations personnelles particulières : femmes enceintes, étudiants chargés de famille ou en situation de proche aidant, étudiants en situation de handicap, étudiants à besoins éducatifs particuliers, étudiants en situation de longue maladie. /La section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles détermine les possibilités d'aménagement de déroulement des études pour tenir compte des différents cas de figure mentionnés aux deux alinéas précédents. Elle propose, pour chacun des dossiers qui lui sont soumis, des aménagements qui peuvent porter, en fonction des besoins, sur l'emploi du temps, la durée du cursus d'études ainsi que sur les modalités d'enseignement et de contrôle des connaissances et des compétences, par le biais notamment des technologies numériques dont dispose l'établissement. Ces aménagements font l'objet d'un contrat pédagogique annuel signé par l'étudiant et la direction de l'institut de formation. ".
10. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé a été reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées à Mme D, née C, pour la période du 26 juin 2019 au
25 juin 2024 et, d'autre part, que Mme D présentait, le 20 janvier 2021, un état de grossesse pathologique, dont le terme était prévu le 7 avril 2021, selon le certificat médical du Dr A du même jour. Contrairement à ce que soutient la requérante, la décision attaquée n'est pas fondée sur l'absence de handicap ou l'absence de grossesse de la requérante. Par suite, elle ne peut utilement soutenir que cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et le moyen doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'IFSI de Guyane, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D la somme demandée par l'IFSI de la Guyane au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Institut de Formation en Soins Infirmiers de Guyane présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à l'Institut de Formation en Soins Infirmiers de Guyane.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 30 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHORLe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026