jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FERNANDEZ-BEGAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 1er octobre 2021 et 15 juin 2022, Mme C E, représentée par Me Semonin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 juin 2021 par laquelle la directrice des ressources humaines et des affaires médicales du centre hospitalier de l'Ouest Guyanais Franck Joly l'a affectée à la maison des adolescents à Saint Laurent du Maroni à compter du 12 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de la réintégrer au centre médico-psychologique de Maripasoula dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Mme E invoque l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, puis le caractère de sanction déguisée prise en considération de la personne et le détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 novembre 2021 et 31 août 2022, le Centre Hospitalier de l'Ouest Guyanais Franck Joly, représenté par Me Fernandez-Bergault, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme E la somme de 3.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il oppose la tardiveté de la requête et le défaut d'intérêt pour agir, puis l'absence de moyen fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public,
- les observations de Me Sémonin pour Mme E et celles de M. G pour le centre hospitalier de l'Ouest Guyanais.
Considérant ce qui suit :
1. Educatrice spécialisée de la fonction publique hospitalière, Mme E a été affectée le 17 septembre 2019 au centre médico-psychologique de Maripasoula, géré par le centre hospitalier de l'Ouest Guyanais Franck Joly. Elle conteste la décision du 17 juin 2021 par laquelle la directrice des ressources humaines et des affaires médicales de l'établissement l'a affectée à la maison des adolescents à Saint Laurent du Maroni à compter du 12 juillet suivant.
2. Compte tenu de la délégation accordée à Mme D, directrice des ressources humaines et des affaires médicales, par l'article 1er de la décision n° 21/2020 du 2 novembre 2020 en cas d'absence ou d'empêchement du directeur du centre hospitalier, alors qu'il n'est pas justifié que ce dernier n'était pas été absent ou empêché, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée manque en fait.
3. Mme E ne tenait d'aucun texte législatif ou réglementaire un droit au maintien dans son affectation. Il ressort des pièces du dossier, notamment du courriel adressé le 22 mars 2021 par le responsable du centre médico-psychologique de Maripasoula que, compte tenu des fortes tensions au sein de l'équipe et de l'isolement géographique des agents, l'administration, alertée à plusieurs reprises sur leur souffrance au travail, a décidé de réorganiser le service et de mettre en place un fonctionnement en équipes mobiles. Si, au cours de l'entretien du 26 avril 2021, la directrice des ressources humaines a fait part des forts clivages au sein de l'équipe affectée à Maripasoula, elle ne se référait pas spécifiquement au comportement de Mme E et, comme elle l'a d'ailleurs confirmé lors de l'entretien, la réorganisation du service, impliquant l'affectation de l'intéressée à Saint Laurent du Maroni, ne constitue pas une sanction disciplinaire. Contrairement à ce que soutient la requérante, qui s'est vu proposer deux postes d'éducatrice, ni la suppression du poste d'éducateur spécialisé en résidence à Maripasoula, ni le préavis de grève du 30 août 2021, ni le compte-rendu de l'entretien du 26 avril 2021, ni aucun autre élément du dossier ne révèlent que sa mutation n'aurait pas été décidée dans l'intérêt du service et qu'elle constituerait une sanction déguisée de rétrogradation.
4. Aux termes de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction ; () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Si la requérante invoque la perte de son logement de fonction, celle-ci découle nécessairement de la disparition, compte tenu de son changement d'affectation, des sujétions particulières qui en justifiaient l'attribution, laquelle n'a pu faire naître aucun droit acquis. La décision en cause n'est pas non plus au nombre de celles refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes remplissant les conditions légales pour l'obtenir et, ainsi qu'il a été dit au point précédent, elle ne constitue pas une sanction disciplinaire. Par suite, ni les dispositions précitées de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration, ni aucun autre texte ou principe général n'imposaient à l'administration de motiver sa décision et le moyen tiré du défaut de motivation est inopérant.
5. Dans les circonstances exposées au point 3, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir, que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 17 juin 2021.
7. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du centre hospitalier de l'Ouest Guyanais, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'affaire, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le centre hospitalier de l'Ouest Guyanais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de L'Ouest Guyanais présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et au centre hospitalier de L'Ouest Guyanais Franck Joly.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023
La rapporteure,
Signé
M.T. B Le président,
Signé
L. MARTIN
La greffière,
Signé
M. A F
La République mande et ordonne au ministre des Solidarités et de la Santé en
ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026