jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DESPAX |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, des pièces et un mémoire complémentaires enregistrés les 4 novembre 2021, 18 février 2022 et 21 septembre 2022, sous le n° 2101444, M. C A E, représenté par Me Despax, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2021 par laquelle le directeur général des douanes et des droits indirects a mis fin à la prolongation de son activité à compter du 3 août 2019, ensemble la décision implicite de rejet née le 12 septembre 2021 du silence gardé sur son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre la reconstitution de sa carrière à compter du mois d'avril 2019 et le versement des traitements correspondants ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A E soutient que la décision en cause est entachée d'incompétence, d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation et de rétroactivité illégale.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 janvier 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 janvier 2022 à 12 heures.
II. Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 12 avril, 21 avril et 2 septembre 2022, sous le n° 2200456, M. C A E, représenté par Me Despax, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 24 février 2022 du silence gardé par le ministre de l'action et des comptes publics sur sa demande indemnitaire ;
2°) de condamner l'Etat à lui payer une indemnité de 471.034 euros en réparation des préjudices subis et la somme de 1.200 euros en exécution du jugement n° 1901612 du 11 mars 2021, assortie des intérêts légaux à compter du 11 mai 2021, eux-mêmes capitalisés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A E soutient que les fautes commises par l'administration, qui a illégalement mis fin à la prolongation de son activité, sont de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
Par courrier du 15 avril 2022, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'exécution du jugement du 11 mars 2021, qui présentent à juger un litige distinct.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;
- le décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public,
- et les observations de M. A E, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique n'étant ni présent ni représenté.
Vu la note en délibéré, enregistrée le 13 mars 2023, présentée par M. A E ;
Considérant ce qui suit :
1. Agent de constatation principal de première classe des douanes, affecté à la direction régionale de Saint-Laurent du Maroni, M. A E, né le 18 novembre 1957, a atteint la limite d'âge de soixante-cinq ans le 18 novembre 2019. Par une décision du 25 juin 2018, il a bénéficié, de la prolongation d'activité prévue par l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et dans le secteur public, jusqu'au 18 juin 2021. Suite à un incident avec son supérieur hiérarchique le 14 septembre 2018, il a fait l'objet, le 14 octobre suivant, d'une mesure de désarmement. Par un avis du 11 avril 2019, le comité médical départemental a émis un avis défavorable à l'exercice des fonctions de surveillance avec port d'arme. Par une décision du 17 avril 2019, le directeur général des douanes et des droits indirects a informé M. A E de son placement à la retraite par limite d'âge dans un délai de trois mois. Par un arrêté du 13 juin 2019, devenu définitif, il a placé M. A E à la retraite par limite d'âge à compter du 3 août 2019. Par un jugement n° 1901612 du 11 mars 2021, ce tribunal a annulé, comme entachée d'incompétence, la décision du 17 avril 2019, puis a enjoint le réexamen de la situation de M. A E.
2. Par la requête enregistrée sous le n° 2101444, M. A E, qui bénéficie d'un titre de pension depuis le 1er juillet 2021, demande l'annulation de la décision du 25 mai 2021 par laquelle, au vu du même avis défavorable du 11 avril 2019, le directeur général des douanes et des droits indirects a mis fin à la prolongation de son activité à compter du 3 août 2019, puis de la décision implicite de rejet née le 12 septembre 2021 du silence gardé sur son recours gracieux. Par la requête enregistrée sous le n° 2200456, M. A E demande l'annulation de la décision implicite de rejet née le 24 février 2022 du silence gardé par le ministre de l'action et des comptes publics sur sa demande indemnitaire, puis la condamnation de l'Etat à lui payer, d'une part, une indemnité de 471.034 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, d'autre part, la somme de 1.200 euros due en exécution du jugement du 11 mars 2021. Il y a lieu de joindre ces requêtes pour y statuer par un seul jugement.
3. En formulant des conclusions indemnitaires, le requérant a donné à l'ensemble de sa requête enregistrée sous le n° 2200456 le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit à percevoir les sommes réclamées, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la réclamation préalable ne peuvent être accueillies.
4. Les conclusions tendant à la condamnation de l'Etat au paiement de la somme de 1.200 euros due en exécution du jugement du 11 mars 2021 tendent à l'entière exécution de ce jugement, qui doit être recherchée devant le juge de l'exécution sur le fondement des dispositions de l'article L.911-4 du code de justice administrative. Compte tenu de l'existence de cette voie de droit, qui permet au requérant d'obtenir une satisfaction équivalente, la demande de condamnation de l'Etat au paiement d'une indemnité de 1.200 euros n'est pas recevable.
5. M. D, chef du bureau de la réglementation et du dialogue social, bénéficiait d'une délégation de la directrice générale des douanes et droits indirects en vertu de l'article 2 de l'arrêté du 23 avril 2021 régulièrement publié, à l'effet de signer tous actes relatifs notamment aux agents de constatation des douanes. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en cause manque donc en fait. Si M. A E invoque l'article 2 de la convention de délégation de gestion administrative des carrières des personnels de la direction générale des douanes et droits indirects du 30 juin 2016, conclue entre la directrice générale des douanes et droits indirects et le directeur interrégional de Bordeaux, selon lequel : " le délégataire signe () l'ensemble des actes qui lui sont confiés () à l'exception des () actes pris en cas de cessation d'activité pris à l'initiative de l'administration (licenciement, mise à la retraite d'office) ", la décision mettant fin à la prolongation de l'activité d'un fonctionnaire et le plaçant le fonctionnaire à la retraite par limite d'âge ne constitue ni un licenciement, ni un placement à la retraite d'office au sens des dispositions précitées de l'article 2 de la convention, qui énumèrent limitativement les actes concernés.
6. En vertu de l'article 68 alors en vigueur de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, les fonctionnaires ne peuvent être maintenus en fonctions au-delà de la limite d'âge de leur emploi sous réserve des exceptions prévues par les textes en vigueur. Aux termes de l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984 : " Sous réserve des droits au recul des limites d'âge prévus par l'article 4 de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, les fonctionnaires régis par la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires appartenant à des corps ou des cadres d'emplois dont la limite d'âge est inférieure à la limite d'âge prévue au premier alinéa de l'article 1er de la présente loi sont, sur leur demande, lorsqu'ils atteignent cette limite d'âge, maintenus en activité jusqu'à un âge égal à la limite d'âge prévue au même premier alinéa, dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, sous réserve de leur aptitude physique () ". Aux termes de l'article 5 du décret du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 : " I.- Si le fonctionnaire devient physiquement inapte à ses fonctions au cours de la période de prolongation, celle-ci prend fin ()". Aux termes de l'article 6 du même décret : " L'admission du fonctionnaire à la retraite par limite d'âge est prononcée () 2° Lorsqu'il est mis fin à la prolongation d'activité sur décision de l'employeur public () ".
7. Le maintien en activité d'un fonctionnaire est subordonné tant à l'intérêt du service qu'à son aptitude à exercer son emploi. Le requérant soutient que l'avis défavorable émis le 11 avril 2019 par le comité médical départemental de Guyane constitue une nouvelle manifestation du harcèlement moral qu'il subit et produit une fiche de visite du 25 octobre 2018, un certificat du 19 janvier 2019, l'attestation d'un psychiatre du 8 février 2019, puis un certificat d'aptitude physique au service du 11 mars 2019. Même si certaines de ces pièces, au demeurant peu circonstanciées, font état de l'aptitude physique à l'exercice des fonctions de surveillance, elles ne permettent pas de remettre en cause l'avis défavorable à l'exercice des fonctions de surveillance avec port d'arme émis postérieurement par le comité médical départemental. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la décision de mettre fin à la prolongation d'activité accordée à M. A E serait fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur d'appréciation.
8. Si les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir, l'administration peut, en dérogation à cette règle générale, leur conférer une portée rétroactive dans la mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière d'un agent ou procéder à la régularisation de sa situation. En l'espèce, à la date de l'arrêté attaqué, M. A E, atteint par la limite d'âge le 18 novembre 2019, ne remplissait plus les conditions prévues pour le bénéfice d'une prolongation d'activité et se trouvait en situation irrégulière. La décision en cause, qui procède à la régularisation de la situation de l'intéressé à compter du 3 août 2019, n'est pas entachée de rétroactivité illégale.
9. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 5 à 8 que M. A E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 25 mai 2021, confirmée sur recours gracieux le 12 septembre suivant. Ses conclusions à fin d'injonction présentées sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées. Enfin, en l'absence d'illégalité fautive, le requérant n'est pas fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui payer une indemnité de 471.034 euros.
10. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, les sommes que M. A E demande sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A E et au ministre de l'économie et des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Une copie en sera adressée pour information au directeur général des douanes et des droits indirects et au directeur régionale des douanes de la Guyane
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023
La rapporteure,
Signé
M.T. B Le président,
Signé
L. MARTINLa greffière,
Signé
M.Y. METELLUS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
N°s 2101444, 2200456
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026