jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2101692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MATHIEU ET ASSOCIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Marciguey, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 21 janvier 2021 par laquelle le préfet de la Guyane lui a refusé le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2021 par lequel le préfet de la Guyane l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de 2 ans ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
6°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de procéder à la suppression de son signalement dans le système d'information Schengen, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision refusant le renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour :
- elle a été prise par une autorité ne justifiant pas de sa compétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen personnalisé ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et de droit ainsi que d'un défaut de base légale ;
- elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision refusant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- le signataire de la décision litigieuse ne justifie pas de sa compétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 29 août et 20 septembre 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Mathieu, conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un courrier du 21 septembre 2022, les parties ont été informées de ce que les conclusions de la requête de M. B étaient susceptibles de faire l'objet d'un non-lieu à statuer dès lors que le requérant a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour du 25 juillet 2022 au 24 janvier 2023.
M. B a produit un mémoire complémentaire, enregistré le 4 octobre 2022, qui n'a pas été communiqué.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du 10 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-637 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- M. B et le préfet de la Guyane n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant haïtien né en 1994, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement en France en 2019. Par une décision du 21 janvier 2021, le préfet de la Guyane a refusé de renouveler l'autorisation provisoire de séjour de M. B. A la suite d'un contrôle pour vérification de son droit au séjour le 30 octobre 2021, le préfet de la Guyane a pris le même jour un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de 2 ans. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 21 janvier 2021 et de l'arrêté du 30 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 21 janvier 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police [] ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. Pour justifier du refus de renouveler l'autorisation provisoire de séjour de
M. B, le préfet de la Guyane a considéré que la spécificité de son dossier ne lui permettait pas de l'obtenir. Il s'ensuit qu'une telle décision est dépourvue des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision du 21 janvier 2021, confirmée par le courrier électronique du 19 février 2021, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet lui a refusé le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour.
En ce qui concerne l'arrêté du 30 octobre 2021 :
4. Il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que celui-ci vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et notamment les articles L. 611-1, 1°, L. 611-3, L. 612-1 à L. 612-3, L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet précise que M. B ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Il indique aussi que l'arrêté litigieux n'a pas porté atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale au sens des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, l'arrêté litigieux ne mentionne pas que l'intéressé serait dénué de tout lien privé et familial en France et ne fait pas état de sa situation personnelle en Guyane alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a obtenu un diplôme universitaire de médiation en santé, a été employé, en période d'état d'urgence sanitaire, par l'association Médecins du Monde du 3 août 2020 au 26 octobre 2020, puis par l'association !DSanté du 9 décembre 2020 au 21 janvier 2021, en tant qu'animateur de prévention. Dans ces conditions, la lecture de l'arrêté litigieux fait apparaître que le préfet de la Guyane n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. B avant d'édicter la mesure d'éloignement litigieuse. Par suite, le moyen invoqué par M. B tiré de l'absence d'examen de sa situation personnelle est fondé.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu à l'encontre de l'arrêté du 30 octobre 2021, le présent jugement implique seulement, en vertu des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que Me Marciguey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme 900 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 janvier 2021 portant refus de renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour et l'arrêté du 30 octobre 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer la situation de M. B dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 900 euros à Me Marciguey, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Marciguey renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Guyane.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
S. C
Le président,
Signé
L. MARTIN Le greffier,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026