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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200109

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200109

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200109
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Marciguey, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 28 octobre 2021 par lesquelles les services de la préfecture de la Guyane ont refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane d'enregistrer sa demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, valant autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour et le refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour sont entachés d'incompétence dès lors qu'il s'est vu opposer un refus oral par un agent au guichet non identifiable ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit dès lors que l'agent de la préfecture s'est fondé sur la circonstance qu'il ne serait pas un membre de famille de français ;

- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 431-3, R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2024, le préfet de la Guyane, représenté par Me Rannou, conclut au non-lieu à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir qu'il a pris une décision explicite de rejet de la demande de titre de séjour de M. B le 3 juillet 2023.

Par un courrier du 21 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête étaient susceptibles de faire l'objet d'un non-lieu à statuer.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Gillmann a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant haïtien né en 1999, est, selon ses déclarations, entré en France en 2016. L'intéressé a pris rendez-vous le 28 octobre 2021 à la préfecture de la Guyane afin de déposer une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-12 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un courrier du 13 janvier 2022, M. B a demandé au préfet de la Guyane de lui communiquer les motifs de la décision par laquelle les services de la préfecture ont refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Ce courrier est resté sans réponse. Par la présente requête, M. B demande l'annulation des décisions du 28 octobre 2021 par lesquelles les services de la préfecture de la Guyane ont refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

2. Il ressort de la fiche de M. B au Fichier National des Etrangers (FNE), produite le 21 février 2024 par le préfet de la Guyane, que ce dernier lui a remis, le 18 avril 2023, postérieurement à la date de l'introduction de la requête, une carte de séjour temporaire valable du 24 mars 2023 au 23 mars 2024. Ainsi, la demande de titre de séjour de l'intéressé a nécessairement été enregistrée au guichet de la préfecture et M. B ne conteste pas qu'il a été détenteur d'un récépissé de demande de titre de séjour durant l'examen de sa demande. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et à la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 700 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 29 février 2024 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. GILLMANN

Le président,

Signé

O. GUISERIX La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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