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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200123

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200123

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200123
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2022, Mme A D C B, représentée par Me Tshefu, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 avril 2021 par laquelle les services de la préfecture de la Guyane ont refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, ensemble la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de fixer un rendez-vous, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte, afin qu'elle puisse introduire sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation de travail, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de la rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision lui refusant l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour est entachée d'incompétence ;

- le dossier qu'elle a présenté aux services de la préfecture était complet ;

- la décision en litige a des conséquences particulièrement graves dès lors qu'elle ne peut exercer ses droits fondamentaux et la mesure demandée remplit les conditions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative ;

- elle porte atteinte aux droits élémentaires des étrangers en situation irrégulière ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 311-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 février 2024, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que le recours de Mme C B est devenu sans objet dès lors qu'elle s'est vue remettre un récépissé de demande de carte de séjour valable du 25 octobre 2023 au 24 avril 2024.

Par un courrier du 5 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle les services de la préfecture de la Guyane ont refusé d'enregistrer la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme C B étaient susceptibles d'être fondées sur un moyen d'ordre public tiré de leur irrecevabilité du fait de l'inexistence d'une telle décision.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gillmann a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante brésilienne née en 1955, est, selon ses déclarations, entrée en France en 2004. L'intéressée, qui a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 20 janvier 2021 a pris rendez-vous le 28 avril 2021 à la préfecture de la Guyane afin de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour. Mme C B a formé, le 25 novembre 2021, un recours gracieux à l'encontre de la décision du 28 avril 2021 lui refusant oralement l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour qui a été implicitement rejeté par le préfet de la Guyane. Par la présente requête, Mme C B demande l'annulation de ces décisions.

2. En premier lieu, il ressort de la fiche de Mme C B au Fichier National des Etrangers (FNE), produite par le préfet de la Guyane, que ce dernier lui a remis le

25 octobre 2023, postérieurement à la date de l'introduction de la requête, un récépissé de demande de carte de séjour valable du 25 octobre 2023 au 24 avril 2024. Ainsi, la demande de renouvellement de titre de séjour de l'intéressée a nécessairement été enregistrée au guichet de la préfecture. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction à la fixation d'un rendez-vous et à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. En deuxième lieu, Mme C B demande au tribunal d'enjoindre au préfet de la Guyane de la rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil. Toutefois, ces conclusions ne sont pas assorties des précisions suffisantes permettant d'en apprécier leur bien-fondé et doivent, par conséquent, être rejetées.

4. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme C B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme C B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D C B et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 29 février 2024 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. GILLMANN

Le président,

Signé

O. GUISERIX La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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