jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200308 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CARRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 28 février 2022, le 7 juillet 2022 et le
13 octobre 2023, la SCI EDM, M. C A D et Mme G F, en leur qualité d'associés de la SCI EDM, représentés par Me Carré, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel la commune de Macouria a accordé à Mme E un permis de construire un funérarium avenue Justin Catayée ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Macouria et de Mme E la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- aucun avis n'a été émis sur la création d'un accès à la voie publique ;
- la demande de permis de construire a été faite par Mme E, personne physique, et non par la SAS Pompes Funèbres E, personne morale, pour contourner l'obligation de recours à un architecte et les informations concernant finalement un architecte intervenu pour le projet sont contradictoires, de sorte qu'est établie une manœuvre frauduleuse dans le but de tromper l'administration ; en outre Mme E ne justifie pas de sa qualité pour solliciter un permis de construire, en méconnaissance de l'article R*423-1 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le plan de prévention des risques d'inondation du
9 juillet 2002 ;
- il méconnaît l'article R.111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les articles UC 3, UC 4, UC 9, UC 11 et UC 12 du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les articles R.431-5, R.431-8, R.431-9 et R.431-26 du code de l'urbanisme ;
- la déclaration par le pétitionnaire de l'emprise au sol du projet est frauduleuse.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2022, la commune de Macouria conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la
SCI EDM, de M. A D et de Mme F, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable car elle est tardive et que les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir et, subsidiairement, que les moyens soulevés par la SCI EDM, M. A D et Mme F ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, Mme E, représentée par Me Bouboutou, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la SCI EDM, de M. A D et de Mme F, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir à titre principal, que la requête est irrecevable car les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir et, subsidiairement, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public ;
- les observations de Me Lobeau, représentant Mme E.
Une note en délibéré a été présentée pour la SCI EDM, M. H et Mme F le 6 septembre 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E a déposé le 20 avril 2021 une demande de permis de construire un funérarium sur la parcelle cadastrée AE 130 avenue Justin Catayée à Macouria. Par un arrêté du 1er octobre 2021, la commune de Macouria lui a délivré un permis de construire assorti de prescriptions en ce qui concerne le risque d'inondation et d'incendie. Par la présente requête, la SCI EDM, M. A D et Mme F, en leur qualité d'associés de la SCI EDM, demandent au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir des requérants :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation.". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Par ailleurs, le propriétaire d'un terrain non construit est recevable, quand bien même il ne l'occuperait ni ne l'exploiterait, à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager si, au vu des éléments versés au dossier, il apparait que la construction projetée est, eu égard à ses caractéristiques et à la configuration des lieux en cause, de nature à affecter directement les conditions de jouissance de son bien.
3. Il ressort des pièces du dossier que la SCI EDM est propriétaire de la parcelle cadastrée AE 282 avenue Justin Catayée, et que cette parcelle n'est pas bâtie et est séparée de la parcelle litigieuse AE 130 par la parcelle AE 131, laquelle en revanche est bâtie. La distance la plus courte entre la parcelle de la société requérante, d'une part, et celle de Mme E, d'autre part, est d'environ 30 mètres. Dans ces conditions, la société requérante n'a pas la qualité de voisin immédiat de la parcelle litigieuse. Il lui incombe donc de préciser l'atteinte qu'elle invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient à la commune de Macouria et à Mme E d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Pour soutenir que le projet litigieux est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien, la SCI EDM soutient que le projet aura pour effet d'accentuer le risque d'inondation des parcelles voisines, dont la sienne. Elle ajoute que de nombreux produits chimiques nécessaires au funérarium projeté seront stockés sur la parcelle, ce qui générera un risque de pollution supplémentaire. Elle indique également que la circulation de véhicules est actuellement inexistante et que le projet générera des nuisances sonores ainsi qu'une pollution supplémentaire. Elle soutient que l'accès à la parcelle AE 282 sera rendu plus compliqué par le projet litigieux. Enfin, elle indique que le projet d'établissement recevant du public pouvant recevoir 93 personnes occasionnera des nuisances sonores et visuelles. Cependant, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux n'aura aucune incidence sur l'accès à la parcelle AE 282. Par ailleurs, l'arrêté attaqué vise le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) et comporte des prescriptions spécifiques à cet égard, dans son article 2. Mme E fait valoir que 35% de la parcelle seront traités en espace végétalisé tandis que les trois places de parking seront construites en dalle éco-végétale de façon à favoriser la perméabilisation des sols et précise que plusieurs arbres pouvant constituer un barrage à une inondation se trouvent sur la parcelle intermédiaire entre la parcelle sur laquelle sera implanté le projet et la parcelle de la société requérante. Dans ces conditions, en se bornant à indiquer qu'elle ne comprend pas en quoi la réalisation d'un remblai implanté à cinquante centimètres au-dessus de la cote de référence atténuerait le risque d'inondation sur les parcelles voisines, la SCI EDM n'établit pas que le projet litigieux pourrait avoir pour effet d'augmenter le risque d'inondation de sa parcelle. En ce qui concerne la circulation de véhicules, les nuisances sonores et la pollution que le projet est susceptible de générer, tant la commune de Macouria que Mme E font valoir que l'avenue Justin Catayée, où sera implanté le projet, est déjà une artère très passante du bourg de Tonate, desservant notamment le théâtre municipal, la gare routière et la place des fêtes. Mme E précise en outre qu'au regard du nombre d'inhumations annuel, d'environ 40, le funérarium ne devrait pas accueillir plus d'un défunt par semaine, de sorte que les nuisances sonores et la pollution éventuellement générées par le projet seraient infimes. Quant aux autres nuisances sonores, Mme E fait valoir sans être contestée que le projet sera un lieu de recueillement de sorte que d'éventuelles nuisances sonores seraient très limitées. Si la SCI EDM évoque un stockage de produits chimiques, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En ce qui concerne d'éventuelles nuisances visuelles, il ressort des pièces du dossier d'une part que la parcelle de la société requérante n'est pas bâtie, de sorte qu'elle n'établit pas quelle serait la jouissance impactée par ces nuisances, d'autre part que la parcelle de la société requérante est séparée de la parcelle litigieuse par une parcelle qui elle est bâtie. Ainsi, alors même qu'une partie du projet litigieux serait visible depuis la parcelle de la société requérante, cette seule circonstance ne suffit pas à caractériser une éventuelle nuisance. Enfin, la société requérante n'établit pas que l'accès à la parcelle dont elle est propriétaire serait affecté par le projet litigieux, qui ne prévoit aucune modification de cet accès. Dès lors, la commune de Macouria et Mme E sont fondées à faire valoir que les requérants sont dépourvus d'intérêt pour agir et la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir des requérants doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre fin de non-recevoir opposée par la commune de Macouria, les conclusions à fin d'annulation de la requête de la SCI EDM, M. A D et Mme F doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Macouria et de Mme E, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la SCI EDM, M. A D et Mme F demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI EDM, M. A D et Mme F la somme que la commune de Macouria demande au même titre. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SCI EDM, M. A D et Mme F une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme E et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI EDM, M. A D et Mme F est rejetée.
Article 2 : La SCI EDM, M. A D et Mme F verseront une somme de 1 200 euros à Mme E au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Macouria au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCI EDM, M. C A D et Mme G F, à la commune de Macouria et à Mme B E.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère
Mme Schor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026