LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200428

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200428

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200428
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCOUBRIS, COURTOIS ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er avril 2022, Mme C B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er février 2022 par laquelle le recteur de l'académie de la Guyane a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 6 mars 2020 ;

2°) de valider le bien-fondé de l'arrêté du 10 mai 2021 la plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 6 mars 2020 au 2 mai 2021 ;

3°) d'enjoindre au recteur de réexaminer sa demande compte tenu de ses conditions de travail de septembre 2019 à mai 2020 ;

4°) subsidiairement, d'ordonner une expertise ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

Mme B soutient que l'arrêté contesté est fondé sur des faits matériellement inexacts et entaché d'erreurs de droit.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 juillet 2022, le recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lacau

- les conclusions de M. Hegesippe,

- et les observations de M. A pour le recteur de la Guyane, Mme B n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née en 1984, a été affectée en qualité de secrétaire administrative stagiaire de l'éducation nationale, au lycée Léon Gontrand Damas à Cayenne à compter du 1er septembre 2019. Elle a été placée en arrêt de travail du 15 au 27 septembre, puis du 28 au 29 novembre 2019. Elle indique que le 6 mars 2020, à son domicile, elle est " restée bloquée sur son lit du fait d'un claquage au niveau des lombaires ". Elle a à nouveau été placée en arrêt de travail du 6 au 22 mars, du 29 au 30 septembre, du 6 au 25 octobre, du 9 novembre au 20 décembre 2020, puis du 4 janvier au 2 mai 2021, du 24 septembre 2021 au 18 février 2022, enfin, du 7 mars au 14 septembre 2022. Après avoir adressé une déclaration de maladie professionnelle le 27 novembre 2020, elle a été examinée par un expert, qui a conclu, dans son rapport du 21 janvier 2021 à une lombalgie simple sans lien direct avec l'exercice de ses fonctions. Par un arrêté du 10 mai 2021 pris à titre conservatoire, le recteur de la Guyane a néanmoins placé Mme B en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 6 mars 2020 au 2 mai 2021 dans l'attente de l'avis de la commission de réforme saisie en mars 2021. Mme B conteste la décision du 1er février 2022 par laquelle le recteur a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 6 mars 2020, suite à l'avis défavorable émis le 7 décembre 2021 par la commission de réforme.

2. Aux termes des dispositions alors applicables du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais reprises à l'article L822-20 du code général de la fonction publique en vigueur depuis le 1er mars 2022 : " est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L.461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles () lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Ce taux d'incapacité est fixé à 25 % par l'article R.461-8 du code de la sécurité sociale.

3. Le recteur s'est fondé, d'une part, sur le défaut d'inscription de la pathologie au nombre de celles inscrites dans les tableaux n°s 97 et 98 des maladies professionnelles figurant en annexe II au livre IV du code de la sécurité sociale, d'autre part, sur les conclusions de l'expert constatant une lombalgie simple, sans lien direct et certain avec les conditions de travail de l'intéressée. Il ne résulte ni de ces mentions, ni d'aucune autre pièce du dossier qu'il se serait estimé lié par ces conclusions sans rechercher si les lombalgies de Mme B étaient imputables à ses conditions de travail.

4. Mme B n'allègue pas que ses lombalgies aigües ou chroniques entraîneraient un taux d'incapacité permanente supérieur ou égal à 25 %. Elle fait valoir que la tomodensitométrie du rachis lombaire effectuée le 17 novembre 2020, révèle un discret débord discal isolé en L5-S1 et invoque les mentions du tableau n° 98 : " Sciatique par hernie discale L4-L5 ou L5-S1 avec atteinte radiculaire de topographie concordante. Radiculalgie crurale par hernie discale L2-L3 ou L3-L4 ou L4-L5, avec atteinte radiculaire de topographie concordante. ". A supposer même que les lombalgies de Mme B puissent être regardées comme au nombre des maladies professionnelles inscrites au tableau n° 98, ouvrant droit au bénéfice de la présomption d'imputabilité instituée par l'article L.461-1 du code de la sécurité sociale, l'intéressée ne remplit pas les conditions tenant notamment à la durée d'exposition de cinq ans ou à l'inscription de ses missions sur la liste limitative des travaux de manutention répertoriés comme susceptibles de provoquer ces maladies. II lui appartient, dès lors, d'établir que ses lombalgies sont directement causées par l'exercice de ses fonctions.

5. Mme B indique qu'elle n'a jamais souffert de lombalgies avant le 1er septembre 2020, que ses troubles sont assortis d'un stress post-traumatique, que dès sa prise de fonctions, en septembre 2019, elle a signalé à l'administration que son siège de bureau qui basculait vers l'avant, était inadapté à sa morphologie, l'obligeant à se maintenir assise dans une position inappropriée, puis qu'elle n'a pu disposer d'un siège ergonomique qu'en mai 2020. Elle produit notamment un certificat émis le 6 mars 2020 par un médecin généraliste, prescrivant impérativement l'acquisition d'un siège adapté au poste de travail et un certificat émis le 12 octobre suivant par le même médecin, postérieurement à l'acquisition de ce siège, prescrivant désormais un aménagement du poste de travail compte tenu de la pénibilité des stations debout et assise prolongées.

6. Il est constant que l'intéressée, qui a d'ailleurs subi une réduction mammaire en février 2021 pour tenter de remédier à ses lombalgies, présentait une fragilité particulière tenant à sa morphologie. Ainsi qu'il a été dit au point 1, elle a été placée en arrêt de travail quinze jours après sa prise de poste du 15 au 27 septembre 2019, puis du 28 au 29 novembre suivant. Certes, l'existence d'un état antérieur, même évolutif, ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état a déterminé, à lui seul, l'incapacité professionnelle de l'intéressé et il y a lieu en l'espèce de rechercher si l'incapacité professionnelle ayant affecté Mme B à compter du 6 mars 2020 trouvait son origine dans une évolution autonome de sa pathologie, indépendante des conditions d'exécution de son service. Toutefois, ni les résultats de la tomodensitométrie du 17 novembre 2020, ni aucune autre pièce du dossier ne permettent de remettre en cause les conclusions du rapport d'expertise établi le 21 janvier 2021 par un orthopédiste, faisant état d'une lombalgie simple, et celles du rapport médical du 15 mars 2022, relevant l'imputabilité des lombalgies à des discopathies étagées, ce qui est confirmé par le compte-rendu de la radiographie du 30 septembre 2020 mentionnant une discopathie dégénérative étagée avec pincement de l'espace discal, condensation sous-chondrale et ostéophytose des plateaux à l'étage lombo-sacré. Il ne ressort ainsi d'aucune pièce du dossier que les conditions de travail de Mme B du 1er septembre 2019 au 9 mai 2020, sur une période de quelques mois compte tenu des congés accordés, auraient directement occasionné la pathologie en cause. Enfin, si Mme B se prévaut de l'arrêté du 10 mai 2021 la plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable dans l'attente de l'avis de la commission de réforme, ni cet acte, pris à titre conservatoire et retiré par l'arrêté en cause, ni aucun autre élément du dossier n'établissent l'existence d'un lien de causalité direct entre ses lombalgies et l'exercice de ses fonctions. Dans ces conditions, le recteur de la Guyane, qui ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts, a pu légalement refuser de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail de Mme B à compter du 6 mars 2020.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er février 2022. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, et en tout état de cause, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'y statuer, ses conclusions tendant à la validation du bien-fondé de l'arrêté du 10 mai 2021 la plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable au service.

8. Mme B fait valoir que l'expert, qui se réfère d'ailleurs à un certificat médical initial de maladie professionnelle mentionnant, non des lombalgies aigues, mais des lombalgies chroniques, s'est abstenu de rechercher la cause de ces lombalgies, en particulier d'apprécier ses conditions de travail. Il ne ressort, toutefois, d'aucune pièce du dossier que l'expert, qui avait accès à l'ensemble des informations la concernant, n'aurait pas rempli sa mission. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'expert, qui avait écarté le lien direct et certain entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions, n'était pas tenu d'évaluer son taux d'incapacité permanente. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'ordonner l'expertise sollicitée à titre subsidiaire, qui, en l'absence d'éléments ou de motifs de nature à la justifier, aurait un caractère frustratoire.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au recteur de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

R. DELMESTRE GALPE

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions