lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200435 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JURISCARIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le maire d'Apatou a décidé de retirer la décision du 4 novembre 2021 le recrutant pour une durée déterminée d'une année à compter du 1er décembre 2021 pour assurer les fonctions de directeur du pôle technique au grade d'ingénieur principal ;
2°) d'enjoindre au maire d'Apatou de le réintégrer dans son grade et dans sa fonction ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Apatou la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux, que la décision lui fait grief et qu'il dispose d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté en litige est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne comporte ni le numéro d'enregistrement ni le tampon du contrôle de légalité des actes de la préfecture ;
- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il a bénéficié d'un premier contrat entre le 20 septembre 2021 et le 30 novembre 2021 ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que l'administration ne peut pas retirer un arrêté ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, la décision retirée n'étant pas illégale dès lors que son expérience ainsi que ses qualifications justifiaient son recrutement et le montant de sa rémunération.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2023, la commune d'Apatou, représentée par Me Nicolas, conclut au rejet de la requête, à ce que M. A soit condamné aux dépens et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à sa charge sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
21 août 2023 à 12 heures 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deleplancque ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Jolly-Nicolas, représentant la commune d'Apatou.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté en qualité de directeur du pôle technique de la commune d'Apatou, au grade d'ingénieur principal, pour une durée de deux mois à compter du
20 septembre 2021 puis pour une durée d'un an à compter du 1er décembre 2021. Par un arrêté du 3 mars 2022, dont le requérant demande l'annulation, le maire de la commune d'Apatou a retiré la décision du 4 novembre 2021 portant engagement contractuel de M. A à compter du 1er décembre 2021 pour assurer les fonctions de directeur du pôle technique au grade d'ingénieur principal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, l'administration peut retirer une décision individuelle explicite créatrice de droits, tel l'acte d'engagement contractuel d'un agent, si elle est illégale, dès lors que le retrait de la décision intervient dans le délai de quatre mois suivant la date à laquelle elle a été prise.
3. Aux termes de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, alors en vigueur : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : () 2° Lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; () ". Aux termes de l'article 34 de la même loi : " Les emplois de chaque collectivité ou établissement sont créés par l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement. / La délibération précise le grade ou, le cas échéant, les grades correspondant à l'emploi créé. Elle indique, le cas échéant, si l'emploi peut également être pourvu par un agent contractuel sur le fondement de l'article 3-3. Dans ce cas, le motif invoqué, la nature des fonctions, les niveaux de recrutement et de rémunération de l'emploi créé sont précisés. () ". Aux termes de l'article 1-2 du décret du
15 février 1988, dans sa version applicable au litige : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité territoriale en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience. () ". Enfin, aux termes de l'article 2-5 de ce même décret : " L'autorité territoriale, ou son représentant, peut, le cas échéant, écarter toute candidature qui, de manière manifeste, ne correspond pas au profil recherché pour l'emploi permanent à pourvoir, au regard notamment de la formation suivie et de l'expérience professionnelle acquise. ".
4. En l'espèce, la décision de retrait en litige est fondée sur l'illégalité de l'acte d'engagement de M. A, en date du 4 novembre 2021, au motif que l'expérience et les qualifications de l'intéressé ne correspondent ni aux conditions d'accès au poste ni au montant de rémunération qui aurait dû lui être appliqué. Malgré une mesure d'instruction diligentée en ce sens, la commune d'Apatou n'a pas produit la délibération du 26 février 2015 créant l'emploi d'ingénieur principal pour lequel M. A a été recruté. Ainsi, en l'absence de précisions sur les conditions d'accès au poste, et en particulier, sur les niveaux de recrutement et les qualifications requises, le maire d'Apatou ne démontre pas que ce dernier a été recruté illégalement sur un poste qui ne correspondait pas à son profil. A cet égard, la circonstance qu'il ait été placé dans ses précédentes fonctions sur un poste de catégorie B n'est pas à elle seule de nature à établir qu'il ne présentait pas un niveau suffisant alors qu'il n'est pas contesté qu'il est titulaire d'une maîtrise et qu'il justifie ainsi de quatre années d'études supérieures. De même, si le contrat relatif à l'engagement de M. A précise qu'il assurera les fonctions de " directeur du pôle technique au grade d'ingénieur principal " il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'une telle fonction serait étrangère au poste créé par la délibération du 26 février 2015, visée dans le contrat avec la mention de la fonction de " conduite du pôle technique ". En outre, dès lors que le maire d'Apatou n'apporte aucun élément sur les montants de rémunération fixés par la délibération du 26 février 2015, ce dernier n'établit pas davantage que la rémunération fixée lors du recrutement de M. A, qui devait prendre en compte la rémunération accordée aux titulaires ainsi que d'autres éléments tels que le niveau de diplôme et l'expérience professionnelle, était manifestement excessive. Dans ces conditions, le motif opposé par le maire d'Apatou ne pouvait être retenu afin de procéder au retrait de l'acte d'engagement du
4 novembre 2021. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le maire d'Apatou a procédé au retrait illégal d'une décision créatrice de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le maire d'Apatou a décidé de retirer la décision du 4 novembre 2021 le recrutant pour une durée déterminée d'une année à compter du 1er décembre 2021 pour assurer les fonctions de directeur du pôle technique au grade d'ingénieur principal doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement, prononçant l'annulation de l'arrêté du
3 mars 2022, implique nécessairement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que le maire d'Apatou procède à la réintégration de M. A dans ses fonctions d'agent contractuel à compter de la date d'effet de cet arrêté, soit le
4 mars 2022, et jusqu'à la fin de la période prévue contractuellement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au maire d'Apatou d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les dépens ainsi que la somme que la commune d'Apatou demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, lequel ne justifie d'aucun frais spécifique dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 mars 2022 du maire d'Apatou est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Apatou de procéder à la réintégration de M. A dans ses fonctions d'agent contractuel à compter du 4 mars 2022 et jusqu'à la fin de la période prévue contractuellement, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au maire d'Apatou.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. DELEPLANCQUE
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026