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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200527

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200527

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200527
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2022, Mme C A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour en qualité de parent d'enfants français.

Mme A B invoque sa qualité de parent d'un enfant né le 5 octobre 2020 de son union avec un Français avec lequel elle vit maritalement.

Le préfet de la Guyane, à qui la requête a été communiquée le 9 mai 2022, n'a pas produit d'observations.

En application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de ce que la requérante n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L.423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne sont applicables qu'aux demandes présentées à compter du 1er mars 2019.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R.732-1-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Lacau a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante dominicaine, conteste l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour en qualité de parent d'enfants français.

2. En vertu de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger parent d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1.

3. Mme A B a deux enfants nés respectivement les 17 mars 2018 et 5 octobre 2020, le premier reconnu par un Français le 30 juillet 2018, le second reconnu le 27 septembre 2021 par un autre Français, avec lequel elle vit maritalement. Pour refuser de l'admettre au séjour, le préfet lui a opposé les dispositions de l'article L.423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes desquelles : " lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. ". Toutefois, ces dispositions issues de l'article 55 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, applicables, en vertu du IV de l'article 71 de la même loi, aux seules demandes présentées à compter du 1er mars 2019, ne pouvaient légalement être opposées à l'intéressée, qui, selon les mentions de l'arrêté contesté, a présenté sa demande le 8 février 2019. Il en résulte que l'arrêté du 20 avril 2022 est entaché d'une erreur de droit. Dès lors, Mme A B est fondée à demander l'annulation de cet acte.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté pris le 20 avril 2022 par le préfet de la Guyane à l'encontre de Mme A B est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au préfet de la Guyane.

Une copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

Signé

M.T. LACAULe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

R. DELMESTRE GALPE

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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