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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200692

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200692

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200692
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et une pièce complémentaires enregistrés les 1er juin 2022, 28 août 2022, 16 janvier 2024 et 24 février 2024, M. D B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 18 mai 2022 du silence gardé par le préfet de la Guyane sur sa demande de réexamen du montant notifié par un courrier du 4 février 2022 du directeur général des territoires et de la mer de Guyane au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et du complément indemnitaire annuel (CIA) pour l'année 2021 ainsi que du montant de l'indemnité spécifique de service (ISS) attribué pour l'année 2020 ;

2°) d'enjoindre au préfet d'annuler la décision notifiée le 18 mars 2022, de fixer le montant de l'ISS au titre de l'année 2020 à 19.379,75 euros, le montant de l'IFSE à 24.844,73 euros et le montant de CIA à 1.200 euros, puis de lui verser le montant restant dû dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

M. B soutient que :

- M. A C, directeur général des territoires et de la mer n'était pas compétent pour signer la notification du RIFSEEP au titre de l'année 2021, qui relevait de la direction générale de l'administration en vertu de l'article 4 C de l'arrêté R03-2020-05-14-004 du 14 mai 2020 portant organisation des services de l'État en Guyane ;

- alors que l'article 4 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 prévoit que le complément indemnitaire fait l'objet d'un versement annuel, le CIA attribué au titre de l'année 2021 n'a été notifié que le 4 février 2022 ; en vertu de la note de gestion NOR : TREK2100744N du 29 décembre 2020 relative à l'ISS publiée par le MTE, les coefficients de modulation individuelle (CMI) doivent être notifiés au plus tard à la fin de l'année N+1 des droits ISS ;

- ses fonctions d'adjoint au chef de service infrastructure et transports de la DGTM de Guyane entrent dans le groupe de fonction 2.1 " adjoint au chef d'une structure N-1 éligible à un emploi fonctionnel " ; pour un ingénieur divisionnaire exerçant ces fonctions, le montant d'IFSE doit être compris entre le montant socle de 20.300 euros et le montant plafond de 40.290 euros prévu par l'arrêté du 5 novembre 2021 ; or le montant notifié, de 19 470,75 euros est inférieur au montant socle ;

- le montant de référence d'ISS attribué au titre de 2020, fondé sur un CMI de 0,85 ou de 0,9, soit sur une valeur inférieure à la moyenne sans que sa manière de servir ne le justifie, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ; le montant d'ISS doit être porté à 16.340 euros et le socle d'ISS, pris en compte pour la bascule à 19.380 euros correspondant à un coefficient de grade de 51 et un coefficient individuel de 1,05 ; la DRH du MTE a retenu le principe d'une ISS de référence prenant en compte les promotions au titre de l'année 2021 avec un CMI de 1 ou plus si le niveau antérieur est plus favorable ; selon les consignes diffusées par la DRH du MTE pour les nouveaux entrants dans le groupe d'harmonisation des ingénieurs divisionnaires des TPE, le coefficient doit être fixé à 1,05 ;

- le principe d'égalité de traitement par rapport aux agents promus en 2021 a été méconnu ; par un courrier du 23 novembre 2021 la ministre a pris l'engagement d'examiner la situation des agents promus en 2020 par rapport à la règle dont ils auraient pu bénéficier si leur promotion était intervenue en 2021 ;

- compte tenu de l'inintelligibilité des règles applicables à chaque agent, le principe de sécurité juridique a été méconnu ;

- la notification du RIFSEEP au titre de l'année 2021 fait référence à des montants de PSR relatifs à l'année 2021, alors que l'article 3 du décret n° 2021-1681 du 16 décembre 2021 exclut les ITPE du champ d'application de la PSR à compter du 1er janvier 2021 ;

- compte tenu du compte rendu de son entretien professionnel, le montant de 420 euros versé au titre du CIA 2021 correspondant à la catégorie " insuffisant " au regard de la note de gestion du RIFSEP au MTE du 3 août 2021, doit être porté à 1.200 euros, correspondant à la catégorie " satisfaisant ".

Le préfet de la Guyane a présenté une pièce le 27 juin 2023.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, ensemble la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2003-799 du 25 août 2003 ;

- le décret n° 2009-1558 du 15 décembre 2009 ;

- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- le décret n° 2021-1681 du 16 décembre 2021 ;

- l'arrêté du 25 août 2003 fixant les modalités d'application du décret n° 2003-799 du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement ;

- l'arrêté du 15 décembre 2009 fixant les montants des primes de service et de rendement allouées à certains fonctionnaires relevant du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat ;

- l'arrêté du 5 novembre 2021 portant application au corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat et aux emplois d'ingénieur en chef des travaux publics de l'Etat du 1er groupe et du 2e groupe des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lacau,

- les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public ;

- et les observations de M. B, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires n'étant pas représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Ingénieur des travaux publics de l'Etat, promu au grade d'ingénieur divisionnaire à compter du 1er janvier 2020, M. B a été affecté à la direction générale des territoires et de la mer de Guyane en qualité d'adjoint au chef du service infrastructures et transports. Il conteste la décision implicite de rejet née le 18 mai 2022 du silence gardé par le préfet de la Guyane sur sa demande de réexamen du montant de 19.470,75 euros notifié par un courrier du 4 février 2022 du directeur général des territoires et de la mer de Guyane au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise pour l'année 2021, du montant de 420 euros au titre du complément indemnitaire pour l'année 2021 et du montant de 14.005,53 euros au titre de l'indemnité spécifique de service pour l'année 2020.

Sur le cadre juridique :

2. L'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat (RIFSEEP) prévoit la possibilité pour les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat de bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir. Par un arrêté interministériel du 5 novembre 2021, ces dispositions ont été rendues applicables de manière rétroactive à compter du 1er janvier 2021, notamment au corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat auxquels avait été jusqu'alors maintenu un régime indemnitaire propre composé de la prime de service et de rendement et de l'indemnité spécifique de service.

3. Les conditions de bascule technique d'un régime indemnitaire à l'autre ont été organisées par une décision ministérielle du 10 novembre 2021 et par le décret du 16 décembre 2021 modifiant divers décrets relatifs au régime indemnitaire des corps et emplois techniques relevant du ministère de la transition écologique. À cet effet, ce décret modifie, en son article 2, l'article 1er du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée notamment aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement en précisant que l'année 2020 constitue la dernière année d'acquisition du droit à cette indemnité et en définissant les modalités de versement de la part d'indemnité correspondante à compter de l'année 2022.

4. Dans chaque ministère, des " notes de gestion " comportant des dispositions impératives à caractère général destinées aux gestionnaires des ressources humaines précisent, chaque année, les modalités de mise en œuvre du RIFSEEP. La note interministérielle de gestion du 3 août 2021 applicable à compter du 1er janvier 2021, relative à la mise en œuvre du RIFSEEP concerne notamment les agents du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire et les ingénieurs des travaux publics de l'Etat en provenance du corps des inspecteurs des affaires maritimes.

5. La décision prise le 10 novembre 2021 par les ministres de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer précise que l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise " de bascule " est le cumul des droits individuels à la prime de service et de rendement et à l'indemnité spécifique de service prises chacune à 100 % pour les droits au titre de l'année 2020.

Sur l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise :

6. Pour déterminer l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise attribuée à M. B pour l'année 2021, d'un montant total de 19.470,75 euros, le directeur général des territoires et de la mer a fixé à 5.464,98 euros la prime de service et de rendement pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2021 et à 14.005,53 euros l'indemnité spécifique de service au 31 décembre 2020.

7. Aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. ". L'arrêté interministériel du 5 novembre 2021 pris pour l'application notamment au corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat des dispositions du décret du 20 mai 2014 a réparti en quatre groupes les fonctions occupées. Son article 2 applicable aux agents ne bénéficiant pas d'une concession de logement pour nécessité absolue de service fixe le plafond annuel de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à 40.290 euros pour le groupe 2.1 auquel appartient M. B en sa qualité d'adjoint à un chef de service déconcentré. Il résulte enfin du tableau " Gestion de l'IFSE " au nombre des documents produits sous l'intitulé " Grilles RIFSEEP ", publiés le 23 août 2022 sur le site intranet du Ministère de la transition écologique que les ingénieurs divisionnaires appartenant au sous-groupe 2.1, intégrant selon le document " groupe de fonctions ", les adjoints au chef d'un service éligible à un emploi fonctionnel ou à forte exposition bénéficient d'un montant " socle " de 20.300 euros.

En ce qui concerne l'indemnité spécifique de service attribuée pour l'année 2020 :

8. En vertu de l'article 7 du décret du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée notamment aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement, les montants de l'indemnité, dont les taux moyens annuels sont définis par un taux de base affecté d'un coefficient correspondant aux grades et emplois et d'un coefficient propre à chaque service, peuvent faire l'objet d'une modulation compte tenu des fonctions exercées et de la qualité des services rendus, dans des conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de l'équipement, du ministre chargé du budget et du ministre chargé de la fonction publique. L'article 3 de l'arrêté du 25 août 2003 fixant les modalités d'application du décret du 25 août 2003 encadre pour chacun des corps éligibles à l'indemnité spécifique de service les coefficients de modulation individuelle à la baisse ou à la hausse par rapport au taux moyen et organise les conditions dans lesquelles il peut être dérogé à ces minima et maxima. Il prévoit que le coefficient de modulation du taux de base de l'indemnité par rapport au taux moyen est fixé, en ce qui concerne notamment les ingénieurs divisionnaires des travaux publics de l'Etat, à des valeurs comprises entre 0,735 et 1,225.

9. Par un courrier du 23 novembre 2021 adressé aux organisations syndicales, la Ministre de la transition écologique s'est engagée, en vertu du principe d'égalité de traitement avec les ingénieurs promus en 2021, auxquels étaient attribué automatiquement un coefficient individuel supérieur ou égal à 1, à ce que l'administration examine la situation des ingénieurs promus en 2020 par rapport à la règle dont ils auraient pu bénéficier si leur promotion était intervenue en 2021. Par ailleurs, les documents publiés le 12 novembre 2021 sur le site intranet du Ministère de la transition écologique, sous l'intitulé " bascule des corps techniques au RIFSEEP ", font état d'un coefficient de modulation individuelle de 1,05 pour les ingénieurs divisionnaires.

10. Aux termes de l'article 16 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Lorsque des régimes indemnitaires prévoient une modulation en fonction des résultats individuels ou de la manière de servir, ces critères sont appréciés par le chef de service au vu du compte rendu de l'entretien professionnel. ".

11. Le courrier de notification du 4 février 2022 ne fait pas clairement apparaître le coefficient de modulation individuel au titre de l'année 2020 utilisé pour opérer la bascule entre l'indemnité spécifique de service et l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise. M. B fait valoir sans être sérieusement contredit par le ministre, en se fondant sur le simulateur de bascule diffusé sur le site intranet du ministère, que le montant de l'indemnité spécifique de service de 14.005,53 euros au 31 décembre 2020 a été fixé sur la base d'un coefficient de modulation compris entre 0,85 et 0,90. Compte tenu du compte-rendu de l'entretien professionnel de M. B établi au titre de l'année 2020 le 11 mai 2021, faisant état de son excellente connaissance de la Guyane et de sa solide expérience dans l'exploitation routière, puis le qualifiant de " chef de service adjoint de tout premier ordre ", compte tenu, en outre, du contexte dans lequel, ainsi qu'il a été dit au point 9, la Ministre de la transition écologique s'était engagée sur l'attribution d'un coefficient individuel supérieur ou égal à 1 et où les documents publiés sur le site du ministère faisaient état d'un taux moyen de 1,05, en attribuant un coefficient inférieur à 1, l'administration a porté une appréciation manifestement erronée sur " la qualité des services rendus " par M. B au sens des dispositions citées au point 8 de l'article 7 du décret du 25 août 2003.

En ce qui concerne la prime de service et de rendement pour l'année 2021 :

12. Le requérant, qui s'est vu attribuer le montant de 5.464,98 euros au titre de la prime de service et de rendement de l'année 2021, fait valoir que l'article 3 du décret du 16 décembre 2021 exclut les ingénieurs de travaux publics du champ d'application de la prime de service et de rendement à compter du 1er janvier 2021. Il ne présente, toutefois, aucune demande d'annulation de la décision, qui ne lui fait d'ailleurs pas grief, de lui attribuer cette prime, dont il se borne à remettre en cause le principe et ne conteste pas le montant, fixé en application des dispositions du décret du 15 décembre 2009 relatif à la prime de service et de rendement allouée à certains fonctionnaires relevant du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat et de l'arrêté du 15 décembre 2009 fixant les montants des primes de service et de rendement allouées à certains fonctionnaires relevant du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.

Sur le complément indemnitaire annuel :

13. L'article 4 du décret du 20 mai 2014 prévoit la possibilité de bénéficier d'un complément indemnitaire annuel compris entre 0 et 100 % d'un montant maximal par groupe de fonctions fixé par arrêté ministériel, tenant compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir, appréciés dans les conditions fixées en application de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 selon lequel l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel.

14. La note de gestion du 3 août 2021, qui comporte des dispositions impératives à caractère général applicables aux agents appartenant au même corps que le requérant, prévoit que le montant du complément indemnitaire annuel servi à un ingénieur des travaux publics de l'Etat de 2e niveau de grade affecté en services déconcentrés est compris entre 0 et 480 euros lorsque la manière de servir est insuffisante, entre 481 et 960 euros lorsqu'elle est à développer ou à consolider, entre 961 et 1.200 euros lorsqu'elle est satisfaisante, entre 1.201 et 1.800 euros lorsqu'elle est très satisfaisante, puis qu'il est supérieur à 1.800 euros lorsqu'elle est excellente. Cette note de gestion précise que la manière de servir est considérée comme insuffisante lorsque l'agent fait preuve d'une défaillance caractérisée en matière d'engagement et d'implication professionnelle dans les missions qui lui sont dévolues, comme à développer ou à consolider lorsque les connaissances sont élémentaires et nécessitent un accompagnement important, comme satisfaisante lorsque les connaissances sont générales et en conformité avec les attentes de la hiérarchie et que l'agent fait preuve d'autonomie dans la prise en charge de situations courantes, comme très satisfaisante lorsque les connaissances sont approfondies et que l'agent fait preuve d'une autonomie et/ou d'une très forte implication dans la prise en charge de situations complexes et excellente lorsque l'agent domine les sujets traités, est capable de les faire évoluer et fait preuve d'une implication au-delà des attentes. Cette note fixe, en son annexe 4.2, à 5.670 euros le plafond du complément indemnitaire annuel pour le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat au grade d'inspecteur divisionnaire relevant du groupe de fonction 2 et prévoit, en outre, que tout montant de complément indemnitaire annuel se situant dans la fourchette de modulation " insuffisante " fait l'objet d'un rapport justificatif transmis à l'agent et d'une motivation circonstanciée dans la notification individuelle du montant annuel.

15. L'appréciation générale du compte-rendu de l'entretien professionnel au titre de l'année 2021 remis le 14 mars 2022 à M. B fait notamment état de son adaptation très rapide à son poste, de son très fort investissement, de son excellente connaissance de la Guyane et de son environnement professionnel, de sa rigueur et de son expertise, puis le qualifie de cadre de grande valeur " particulièrement estimé par sa hiérarchie directe pour son implication et la qualité des réflexions qu'il apporte ". Dans ces conditions, le montant de 420 euros versé au titre du CIA 2021, correspondant à la catégorie " insuffisant ", visant les cas de défaillance caractérisée en matière d'engagement et d'implication professionnelle, résulte d'une appréciation manifestement erronée de l'engagement professionnel et de la manière de servir de M. B.

16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet née le 18 mai 2022 du silence gardé sur sa demande de réexamen des montants fixés le 4 février 2022 par le directeur général des territoires et de la mer de Guyane au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise pour l'année 2021, du complément indemnitaire annuel pour l'année 2021 et de l'indemnité spécifique de service pour l'année 2020.

Sur les conclusions accessoires :

17. L'exécution du présent jugement implique seulement le réexamen des montants attribués au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et du complément indemnitaire annuel pour l'année 2021, puis de l'indemnité spécifique de service pour l'année 2020. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Guyane d'y procéder dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite de rejet née le 18 mai 2022 du silence gardé par le préfet de la Guyane sur la demande de M. B tendant au réexamen des montants attribués au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise pour l'année 2021, du complément indemnitaire annuel pour l'année 2021 et de l'indemnité spécifique de service pour l'année 2020 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer les montants alloués à M. B au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, du complément indemnitaire annuel et de l'indemnité spécifique de service dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Une copie en sera adressée, au directeur général des territoires et de la mer et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 29 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

La rapporteure,

M.T. LACAULe président,

O. GUISERIX

La greffière,

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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