vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL MDMH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2022, M. A B, représenté par Me Moumni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la commission de recours des militaires du 4 avril 2022 ainsi que la décision du 30 mai 2022 de la même commission rejetant le recours gracieux contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 4 avril 2022 est entachée d'erreur de droit et d'appréciation car son recours était dirigé contre la décision implicite de rejet de la demande de révision de la décision de placement en position de détachement auprès du ministère de l'intérieur et non contre la décision rejetant sa demande de révision d'un arrêté du 10 octobre 2012 ;
- elle est entachée d'une deuxième erreur de droit car sa demande n'était pas prescrite car le délai de prescription n'avait pas commencé à courir, sa situation administrative n'étant pas régularisée ;
- elle est entachée d'une troisième erreur de droit car sa demande était précédée d'une demande préalable de réparation de ses préjudices ;
- la décision rejetant le recours gracieux est entachée d'incompétence ;
- elle est dépourvue de motivation.
Par un courrier enregistré le 14 mars 2023, le ministre des armées a informé le tribunal que la requête devait être transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer, seul compétent depuis le 1er janvier 2016 pour examiner les requêtes relatives aux situations individuelles de militaires de la gendarmerie sauf en matière de discipline, de décoration et de pensions.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur et des outre-mer qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction.
Par une décision du 28 février 2023 reçue le 1er mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a été mis en demeure de présenter ses observations dans un délai de trente jours.
Par un courrier du 3 juin 2024, les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation au regard de leur tardiveté compte tenu du caractère définitif de la décision du 5 août 2013.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor ;
- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B était jusqu'en 2012 sous-officier du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie nationale. Il a sollicité le 4 octobre 2012 sur le fondement des dispositions de l'article L. 4139-3 du code de la défense son détachement au titre de recrutement spécifique d'emplois réservés de catégorie B auprès de la préfecture de la Guyane en qualité de secrétaire administratif chargé de la gestion budgétaire au sein du secrétariat général de la préfecture de la Guyane. Par un arrêté du 10 octobre 2012, le ministre de l'intérieur l'a placé en détachement. Par un arrêté du 22 août 2013, le préfet de la Guyane a titularisé M. B dans les fonctions de secrétaire administratif avec une ancienneté d'un an. Estimant qu'il aurait dû être détaché sur le fondement des dispositions de l'article non pas L 4139-3 mais L. 4139-2 du code de la défense, M. B a sollicité le 17 novembre 2021 auprès de la direction générale de la gendarmerie nationale la révision de la décision du 10 août 2012 portant détachement, en tant qu'elle était fondée sur l'article L. 4139-3 du code de la défense et l'indemnisation de son préjudice. Cette demande a été reçue le 24 novembre 2021. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Le 17 mars 2022, M. B a saisi la Commission de Recours des Militaires (CRM) pour obtenir l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande du 17 novembre 2021 ainsi que l'indemnisation de son préjudice. Par une première décision du 4 avril 2022, la CRM a rejeté son recours. Par une seconde décision du 30 mai 2022, la CRM a confirmé la décision du 4 avril 2022 en ce qui concerne la demande d'annulation de M. B et, estimant que le contentieux indemnitaire avait été lié par la demande du 17 mars 2022, a indiqué qu'elle allait réexaminer la demande indemnitaire. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
2. Aux termes l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Par ailleurs, il résulte du principe de sécurité juridique que le destinataire d'une décision administrative individuelle qui a reçu notification de cette décision ou en a eu connaissance dans des conditions telles que le délai de recours contentieux ne lui est pas opposable doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 5 août 2013 adressé à M. B à la préfecture de la Guyane, le sous-directeur de la gestion du personnel de la direction générale de la gendarmerie nationale, rappelait au requérant qu'il avait été placé en détachement depuis le 1er novembre 2012 auprès du ministère de l'intérieur au titre de l'article L. 4139-3 du code de la défense. Par un arrêté du 22 août 2013, le préfet de la Guyane prononçait la titularisation du requérant à compter du 1er novembre 2013. Le 10 septembre 2013, M. B déclarait avoir reçu le courrier du 5 août 2013 et sollicitait la cessation de son état de militaire. Ainsi, le
10 septembre 2013 au plus tard, M. B avait connaissance de son détachement et de son fondement, l'article L. 4139-3 du code de la défense. Dès lors, la demande de révision de ce détachement le 24 novembre 2021 était tardive, de même que le recours du 17 mars 2022 et celui du 30 mai 2022. Par suite, les conclusions à fin d'annulation des décisions nées à la suite de ces recours sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026