jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200704 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 2 et 23 juin 2022, Mme D B demande au tribunal d'ordonner au préfet de la Guyane, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.
Elle soutient que, reconnue prioritaire pour un logement, aucune proposition de logement adapté à ses besoins ne lui a été faite, étant donné qu'elle ne peut vivre que jusqu'au deuxième étage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que Mme B a refusé une proposition de logement au motif qu'elle ne pouvait vivre au 4ème étage alors que l'intéressée ne fait état d'aucune incapacité physique de vivre à l'étage dans sa demande de logement.
Vu :
- la décision favorable du 28 octobre 2021 de la commission de médiation de la Guyane ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Mme A, représentant le préfet de la Guyane ;
- Mme B n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. [] / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'État et peut assortir son injonction d'une astreinte [] ".
2. Il résulte des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation précitées qu'un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé en urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Lorsque le demandeur a refusé un logement qui lui avait été proposé à la suite de la décision de la commission, la juridiction ne peut adresser une injonction à l'administration que si l'offre ainsi rejetée n'était pas adaptée aux besoins et capacités de l'intéressé tels que définis par la commission ou si, bien que cette offre fût adaptée, le demandeur a fait état d'un motif impérieux de nature à justifier son refus.
3. Il résulte de l'instruction que Mme B a été reconnue par la commission de médiation de la Guyane comme prioritaire et devant être relogée d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T3, par une décision du 28 octobre 2021. Il est constant que Mme B a refusé le 9 mai 2022 une proposition de logement au motif que, situé au 4ème étage, elle était dans l'incapacité physique d'y vivre. Si Mme B soutient que ses demandes de logement social précisaient qu'elle ne pouvait vivre au-dessus du 2ème étage, eu égard à son incapacité physique, elle ne l'établit toutefois pas. Dans ces conditions, Mme B, qui ne conteste pas que le logement proposé répondait à ses besoins et capacités, ne saurait être regardée comme faisant état d'un motif impérieux de nature à justifier le refus opposé à la proposition du 9 mai 2022.
4. Par suite, les conclusions de la requête de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Bernabeu, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
S. C
Le président,
Signé
L. MARTIN Le greffier,
Signé
J. LEBOURG
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
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