mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200714 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 janvier 2021 par laquelle le président de la Collectivité Territoriale de Guyane a rejeté sa demande de prise en charge de ses frais de changement de résidence ainsi que la décision implicite de rejet de la même autorité du 7 avril 2022 ;
2°) d'enjoindre à la Collectivité Territoriale de Guyane de lui rembourser ces frais ;
3°) de mettre à la charge de la Collectivité Territoriale de Guyane les entiers dépens.
Il soutient qu'il a droit à la prise en charge, par la Collectivité Territoriale de Guyane, de ses frais de changement de résidence suite à son placement en retraite, dès lors que le centre de ses intérêts moraux et matériels se trouve en Martinique, compte tenu des dispositions de l'article 5 du décret du 12 avril 1989 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais de changements de résidence des personnels civils à l'intérieur des départements d'outre-mer, entre la métropole et ces départements, et pour se rendre d'un département d'outre-mer à un autre.
Par un courrier du 12 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête en raison de leur tardiveté, au regard du caractère définitif de la décision implicite de rejet du 6 avril 2019.
M. B a présenté le 22 avril 2024 des observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mai 2024, la Collectivité Territoriale de Guyane conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive car une décision de rejet est née le 6 avril 2019 et est devenue définitive et, à titre subsidiaire, que le moyen soulevé est inopérant, en l'absence de délibération prévoyant l'avantage indemnitaire sollicité par
M. B et demande à ce que ce motif soit substitué au motif indiqué dans la décision expresse qu'elle a opposée à M. B le 8 janvier 2021.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n°89-271 du 12 avril 1989 ;
-le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B était agent de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Il a été placé en retraite à compter du 10 mars 2018. Par un courrier du 4 février 2019, reçu le 6 février 2019 par la CTG, il a sollicité la prise en charge de ses frais de changement de résidence vers la Martinique. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande par la CTG a fait naître une première décision implicite de rejet le 6 avril 2019. Puis, par un courrier du
8 janvier 2021, le président de la CTG a expressément rejeté cette demande. M. B a exercé un recours gracieux contre cette dernière décision le 17 décembre 2021, reçu le 7 février 2022 par la CTG. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande par la CTG a fait naître une seconde décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 8 janvier 2021 ainsi que de la décision née du silence gardé sur le recours qu'il a exercé contre cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ".
3. Aux termes de l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation./ Le défaut de délivrance d'un accusé de réception n'emporte pas l'inopposabilité des délais de recours à l'encontre de l'auteur de la demande lorsqu'une décision expresse lui a été régulièrement notifiée avant l'expiration du délai au terme duquel est susceptible de naître une décision implicite. ". Cependant, aux termes de l'article L. 112-2 du même code : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours () ".
4. M. B était agent de la CTG en activité jusqu'au 10 mars 2018 et il en est retraité depuis cette date. Dans ces conditions, il ne peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration. Le silence gardé par la CTG sur sa demande de prise en charge de ses frais de résidence suite à son départ en retraite a fait naître une décision implicite de rejet le 6 avril 2019. M. B, étant agent de la CTG, disposait d'un délai de deux mois pour contester cette décision, alors même qu'il n'en avait pas été accusé réception et que les voies et délais de recours contre cette décision ne lui avaient pas été indiqués. Ce délai a expiré le 7 juin 2019 et à cette date, en l'absence de recours, la décision implicite née le 6 février 2019 est devenue définitive. La décision expresse du 8 janvier 2021, intervenue postérieurement au délai de recours contentieux contre la décision implicite du 6 avril 2019, n'est que confirmative de cette décision et n'a pas eu pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux à son encontre. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la décision confirmative du 8 janvier 2021 et de la décision rejetant le recours contre cette décision, enregistrées le 7 juin 2022, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, sont tardives, de sorte que la requête est irrecevable et ne saurait être régularisée. Par suite, elle doit être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste.
Sur les frais d'instance :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".
6. D'une part, M. B ne justifie pas avoir exposé de dépens dans la présente instance. D'autre part, les dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mises à la charge de la CTG, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le requérant. Par suite, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Collectivité Territoriale de Guyane.
Rendue publique par mise à disposition du greffe le 12 juin 2024.
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026