vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200728 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP MARIEMA - BOUCHET & BOUCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin et 16 juillet 2022, l'association des habitants de la Cotonnière nord AB 62 (ADHCN), M. H G, M. I G et M. F C, représentés par Me Bouchet, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé l'évacuation et la démolition des constructions situées dans une zone à risque de glissement de terrain sur le site du mont Fortuné à Matoury ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise avant dire droit et de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 mai 2022 dans l'attente du dépôt des conclusions du rapport d'expertise ;
3°) en tout état de cause, de condamner l'Etat à leur verser à chacun la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- chacun des requérants justifie d'un intérêt à agir ;
- l'urgence est caractérisée dès lors que l'évacuation prescrite par l'arrêté préjudicie de manière grave et immédiate aux intérêts des requérants dès lors que son exécution aura pour conséquence de mettre plusieurs familles à la rue ; l'imminence de l'exécution de l'arrêté contesté caractérise une situation d'urgence, d'autant qu'il prévoit le recours à la force publique et à des mesures de contrainte à défaut de départ volontaire des familles ; le caractère informel de la majorité des habitations concernées par la mesure de police est sans incidence sur la caractérisation de l'urgence ;
- les moyens tirés de l'incompétence du préfet de la Guyane, de la méconnaissance de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, de l'erreur d'appréciation dès lors que le préfet ne pouvait pas prescrire l'évacuation des habitations sans mettre en place, au préalable, d'autres mesures, du caractère disproportionné et inadéquat de la mesure sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;
- à titre subsidiaire, si l'objectif poursuivi est la protection des personnes face au risque de glissements de terrain, l'étude du BRGM d'août 2020 est insuffisante dès lors que le secteur concerné par l'étude n'est pas le seul situé en zone rouge du PPRMT à être habité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que :
- les parcelles appartiennent à la SEMSAMAR, qui est un opérateur immobilier privé ; les requérants sont des occupants sans droit ni titre de ces parcelles ;
- un des deux blocs de parcelles est classé en zone inconstructible en tant qu'elle est soumise au risque de mouvement de terrain, conformément aux prescriptions du PPRT, et ne peut faire l'objet d'aucune construction ; cette zone est également un espace bois classé et un corridor écologique ;
- une enquête sociale a été menée au titre du droit au logement opposable, toutefois la majorité des personnes à interroger ont refusé d'y répondre ;
- l'information des occupants sans droit ni titre a été assurée par l'affichage, au sein de la zone concernée, et par la notification individuelle de l'acte par huissier ;
- il justifie de sa compétence dès lors que son intervention s'inscrit dans le cadre de son pouvoir de substitution en cas de carence de l'autorité municipale, en application de l'article L. 2215-5 du code général des collectivités territoriales ;
- le risque de mouvement de terrain est caractérisé par divers facteurs d'instabilité, parmi lesquels notamment des pentes importantes, des activités de terrassement, une mauvaise gestion de la circulation des eaux de surface et des eaux souterraines entraînant des désordres dans les pentes et une ligne de source témoignant d'un niveau piézométrique affleurant au niveau des habitations ;
- si l'étude du BRGM de 2020 ne permet pas de caractériser précisément le niveau de risque de mouvement de grande ampleur, l'analyse des données Lidar témoigne de l'occurrence de 16 phénomènes recensés au sud du secteur ;
- le danger présente un caractère avéré et imminent ;
- aucun des moyens n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 juin 2022 sous le numéro 2200727 par laquelle Association des habitants de la Cotonnière nord AB 62 et autres demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 13 juillet 2022 en présence de Mme Castor, greffière d'audience,
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Bouchet pour l'Association des habitants de la Cotonnière nord AB 62 et autres, qui a repris la substance de ses conclusions écrites et a précisé, notamment, que trois arrêtés coexistent, ceux du maire de Matoury et celui du préfet, que le péril imminent n'est pas établi, que le rapport du BRGM est ancien de près de deux ans, que compte tenu d'éléments de collusion entre l'Etat et la SEMSAMAR le détournement de pouvoir est constitué, que l'arrêté procède à un tri entre habitat légal et habitat informel, que les habitations sont pour l'essentiel en dur et pas insalubres ;
- celles de Me Moraga-Rojel pour l'Association des habitants de la Cotonnière nord AB 62 et autres, qui affirme que l'urgence est caractérisée, que le préfet était incompétent pour prendre l'arrêté en cause faute de carence du maire de la commune et de mise en demeure restée infructueuse, que le préfet a exercé son pouvoir de police sur les mêmes points que le maire de la commune, que le danger immédiat n'est pas établi, que le rapport du BRGM préconisait une étude complémentaire qui n'a pas été menée, que l'arrêté est entaché d'erreur d'appréciation, qu'il est disproportionné en ce qu'il ne vise que l'habitat informel et épargne l'habitat formel situé en zone rouge du Plan de prévention des risques de mouvements de terrain (PPRMT), que l'évacuation du site impliquera une centaine de personnes sans solution de relogement ni indemnisation, qu'une expertise globale avant dire droit est nécessaire et devra concerner l'ensemble des pentes du mont Fortuné ;
- les observations de M. B, pour le préfet de la Guyane, qui a soutenu que l'arrêté du préfet avait été pris compétemment, qu'il vise des constructions illégales en péril, que le rapport du BRGM se suffit à lui-même, qu'ainsi alerté et compte tenu de l'action anthropique à l'œuvre et du phénomène pluviométrique intense de la première moitié de l'année le préfet devait agir, que l'arrêté touche uniquement la zone à risques ;
- et celles de Mme E pour la commune de Matoury.
La clôture de l'instruction a été différée au 19 juillet 2022 à 12 heures.
Postérieurement à la clôture d'instruction, le préfet de la Guyane a produit un mémoire enregistré le 19 juillet 2022 à 16 heures 10, qui n'a été ni communiqué ni analysé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées aux fins de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
3. Par un arrêté du 9 mars 2022 portant " mise en péril imminent sur le site du Mont Fortuné à Matoury ", le maire de la commune de Matoury a déterminé un périmètre de danger immédiat, ordonné l'évacuation des occupants de ce périmètre, fait interdiction à toute personne d'occuper les secteurs après évacuation et ordonné que tout refus de quitter les lieux pourrait faire l'objet de mesures de contraintes. Par un courrier du 12 avril 2022, le préfet de la Guyane a demandé au maire de la commune d'abroger et de remplacer l'arrêté municipal du 9 mars 2022 par un nouvel arrêté prévoyant un certain nombre de mentions. Par un arrêté du 25 avril 2022 prescrivant des mesures de police sur le site du Mont Fortuné à Matoury, le maire de la commune de Matoury a déterminé un périmètre de danger immédiat du Mont Fortuné, ordonné l'évacuation, dans les meilleurs délais, des occupants des constructions situées dans ce périmètre, a indiqué qu'il sera procédé à l'évacuation du périmètre à compter du 26 mai 2022 et que, compte tenu du danger permanent encouru, le refus de quitter les lieux entraînerait le recours à la force publique. Toutefois, par un courrier du 3 mai 2022, le préfet de la Guyane a mis en demeure le maire de la commune de Matoury, sur le fondement de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, de prendre un nouvel arrêté tendant également à la démolition des constructions évacuées dans un délai de huit jours à compter de la réception de la lettre. Le 10 mai 2022, l'association des habitants de la Cotonnière nord AB 62, M. A et M. G ont exercé un recours gracieux contre ces deux arrêtés municipaux, qui a été rejeté par la commune de Matoury par un courrier du 25 mai 2022. Par un arrêté du 13 mai 2022, le préfet de la Guyane a prescrit l'évacuation et la démolition des constructions situées dans une zone à risque de glissement de terrain sur le site du mont Fortuné à Matoury. Les requérants demandent au juge des référés de suspendre l'exécution, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, de l'arrêté préfectoral du 13 mai 2022.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure () ". Aux termes de l'article 2212-4 de ce code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. / Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites. ". L'article L. 2215-1 du même code dispose que : " La police municipale est assurée par le maire, toutefois : / 1° Le représentant de l'Etat dans le département peut prendre, pour toutes les communes du département ou plusieurs d'entre elles, et dans tous les cas où il n'y aurait pas été pourvu par les autorités municipales, toutes mesures relatives au maintien de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité publiques. / Ce droit ne peut être exercé par le représentant de l'Etat dans le département à l'égard d'une seule commune qu'après une mise en demeure au maire restée sans résultat () ".
5. En vertu de ces dispositions, il incombe au maire, en vertu de ses pouvoirs de police générale, de prendre les mesures appropriées pour prévenir, sur le territoire de la commune, les accidents naturels et les éboulements de terre et de rochers. Le préfet, amené à constater la carence du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police, peut se substituer à cette autorité après une mise en demeure restée sans résultat.
6. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, par un courrier du 3 mai 2022, le préfet de la Guyane a mis en demeure le maire de la commune de Matoury de prendre un nouvel arrêté, dans un délai de huit jours, précisant que suite à l'évacuation, les constructions situées dans la zone à risque seront démolies. Il ne résulte pas de l'instruction que le maire de la commune de Matoury ait déféré à cette mise en demeure. En revanche, le maire de la commune de Matoury avait, dans un courrier du 25 avril 2022, informé le préfet du nouvel arrêté du 25 avril 2022 en précisant l'absence de prescriptions de démolition des constructions. Dans ces conditions, la mise en demeure adressée au maire de Matoury doit être regardée comme étant restée vaine, justifiant ainsi la substitution du préfet au maire, en application des dispositions précitées de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du préfet de la Guyane n'est pas de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.
7. En deuxième lieu, une mesure de police n'est légale que si elle est nécessaire au regard de la situation de fait existant à la date à laquelle elle a été prise, éclairée au besoin par des éléments d'information connus ultérieurement. Toutefois, lorsqu'il ressort d'éléments sérieux portés à sa connaissance qu'il existe un danger à la fois grave et imminent exigeant une intervention urgente qui ne peut être différée, l'autorité de police ne commet pas d'illégalité en prenant les mesures qui paraissent nécessaires au vu des informations dont elle dispose à la date de sa décision.
8. D'une part, l'article 1er du règlement du plan de prévention des risques de mouvements de terrain de l'Île de Cayenne, approuvé le 15 novembre 2001 et complété par l'arrêté préfectoral approuvant la modification partielle du plan de prévention des risques de mouvements de terrain de l'île de Cayenne du 26 août 2016 prévoit que : " pour les constructions existantes, dans le cas où une étude de stabilité des terrains met en évidence l'existence de risques réels et sérieux de mouvements de terrain de grande ampleur et leur caractère imprévisible, le maire peut décider de la mise en sécurité des personnes et de la démolition des constructions existantes du secteur concerné ". Par ailleurs, le périmètre délimité par l'arrêté préfectoral contesté se trouve entièrement en zone rouge inconstructible de ce plan de prévention des risques de mouvements de terrain de l'Île de Cayenne, qui couvre notamment la commune de Matoury.
9. D'autre part, le rapport du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) réalisé en août 2020 indique notamment que le flanc est du mont Fortuné, au nord du Mont Grand Matoury, et notamment les habitations situées au pied du versant sur le secteur de la Cotonnière, constitue un secteur identifié comme étant à risques, que " dans certains talus situés en arrière des habitations, des glissements de terrain superficiels ont pu être observés ", que les glissements de terrain de moyenne ampleur ne sont pas à exclure dans l'ensemble du secteur étudié et que " la probabilité que de tels évènements se produisent sera d'autant plus importante que la gestion des eaux issues des sources sera mauvaise, comme c'est le cas actuellement ", que l'aléa de glissements de grande ampleur n'est pas non plus à exclure par analogie avec les phénomènes hydrogéologiques observés à Cabassou en 2000 et à Roura (piste d'Eskol), que " les habitations situées au pied du versant ouest et dans le versant est sont exposées " et que " parmi les secteurs étudiés, celui de la Cotonnière semble le plus préoccupant. (), des glissements de terrain d'ampleur variable, mais pouvant atteindre des volumes de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes ne sont pas exclus ". Le BRGM préconise également " dans le cas d'évènements pluviométriques exceptionnels, de mettre en place un système de surveillance et d'alerte permettant, le cas échéant, la mise en sécurité des personnes ; à ce titre, exemple pourra être pris sur le protocole qui avait été proposé pour le versant sud-est du mont Baduel (Bourbon, 2016) ".
10. Enfin, il ressort des bulletins mensuels climatiques établis par Météo France que le mois de février 2022 a été " exceptionnellement pluvieux ", que " la pluviométrie est largement excédentaire en Guyane et de nombreux records de pluie sont enregistrés sur le Nord-est et le littoral ", que " à Matoury, il est tombé 1031,3 mm de pluie. Ce cumul est le nouveau record de cette station depuis le début des mesures en 1946 et c'est également le cumul le plus important jamais mesuré en Guyane en février ", que " ces valeurs sont bien supérieures aux normales qui oscillent plutôt entre 180 et 370 mm au cours d'un mois de février ", que " Matoury se démarque clairement avec un cumul de 1031,3 mm qui devient le nouveau record de Guyane pour un mois de février ". S'agissant du mois de mars 2022, le bulletin mensuel climatique de Météo France relève que " à Matoury, le cumul mensuel atteint 1057,8 mm et devient le record absolu de cette station, tous mois confondus depuis le début des mesures en 1946 ", que " ces valeurs sont bien supérieures aux normales, qui sont plutôt comprises entre 140 et 360 mm au cours du mois de mars ".
11. Pour ordonner la mesure d'évacuation et de démolition des constructions, le préfet de la Guyane a relevé " l'urgence à agir au regard des conclusions du rapport du BRGM en date d'août 2020, confirmées et aggravées par les fortes pluviométries constatées depuis janvier 2022 et les modification anthropiques ", " que les parcelles cadastrées AB1348, AB1349, AB1350, AB1439 et AB1874 à Matoury sont situées en zones rouges R1 et R2 du plan de prévention des risques (PPR) mouvements de terrain de l'Île de Cayenne " et que " la seule mesure pour éviter la réinstallation de la population sur la zone de danger est de procéder à la démolition des constructions existantes ". Par ailleurs, pour justifier son arrêté, le préfet fait valoir, sans être utilement contredit, qu'entre la date d'approbation du plan de prévention des risques mouvements de terrain en 2001 et la date de la décision litigieuse, les cinq parcelles explicitement énumérées et incluses dans le périmètre délimité par l'arrêté contesté ont connu une occupation des sols et une urbanisation importantes, en dépit du caractère inconstructible de la zone. De fait, il y a lieu de relever que cette circonstance d'une activité anthropique significative a notamment pour conséquence d'aggraver le niveau d'aléa de mouvements de terrain relevé par le rapport du BRGM, le risque étant amplifié par la pluviométrie exceptionnelle des mois de février et mars 2022, le phénomène de pluies abondantes s'étant au demeurant poursuivi jusqu'en juillet 2022.
12. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et du caractère disproportionné de la mesure de police ne sont pas de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.
13. En dernier lieu, le moyen tiré du détournement de pouvoir n'est pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions des requérants aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 mai 2022 ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction.
Sur les conclusions aux fins d'expertise :
15. Les requérants soutiennent que l'étude du BRGM du mois d'août 2020 s'est focalisée sur un secteur du mont Fortuné occupé par de l'habitat informel alors qu'il ne s'agit pas du seul secteur habité situé en zone rouge du plan de prévention des risques mouvements de terrain. Toutefois, l'expertise sollicitée par les requérants, qui vise à élargir le périmètre d'analyse des risques d'aléa mouvements de terrain à des secteurs du mont Fortuné situés en zone rouge du plan de prévention des risques mouvements de terrain différents de celui sur lequel sont situées les parcelles visées dans le périmètre délimité par l'arrêté, ne présente pas un caractère d'utilité dans le cadre du présent litige. Par suite, les conclusions tendant à ce que soit ordonnée une expertise avant dire droit ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, sur ce fondement, à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de l'association des habitants de la Cotonnière nord AB 62 et autres est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association des habitants de la Cotonnière nord AB 62, à M. H G, à M. I G, à M. F C, à la commune de Matoury et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le juge des référés
Signé
L. D
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
J. LEBOURG
N°2200728
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026