lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BALIMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2022, Mme E D, représentée par Me Balima, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2022, par lequel le préfet de la Guyane lui a refusé le séjour, lui a fait obligation à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays d'origine pour destination de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler en Guyane, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer, durant ce réexamen et jusqu'à la prise d'une nouvelle décision, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Balima, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, charge pour l'avocat de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Mme D soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de fait car son enfant est scolarisé, contrairement à ce qu'indique la décision attaquée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L.423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les articles 3-1, 9-1 et 16 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant ;
- elle méconnaît les articles 24-2 et 24-3 de la Charte de l'Union Européenne ainsi que le préambule de la Constitution ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'insuffisance de motivation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Mathieu, conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Schor.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante haïtienne, née en 1991, est entrée en France, selon ses déclarations, le 27 mars 2017. Elle a sollicité le 17 septembre 2021 le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 février 2022, le préfet de la Guyane a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. La signataire de l'arrêté contesté, Mme C, chef du bureau de l'éloignement de du contentieux, disposait, en vertu de l'article 2 de l'arrêté n° R03-2021-12-06-00003 du 6 décembre 2021, régulièrement publié, d'une subdélégation de M. A, directeur général de la sécurité, de la règlementation et des contrôles, en cas d'absence ou d'empêchement de M. B, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions du bureau de l'éloignement et du contentieux, notamment les refus de séjour et les mesures d'éloignement. Il n'est pas établi que M. B n'était pas absent ou empêché et M. A disposait d'une délégation du préfet de la Guyane prévue par l'article 1er de l'arrêté n° R03-2021-12-03-00002 du 3 décembre 2021, régulièrement publié, dont l'article 4 vise notamment les refus de séjour et les mesures d'éloignement. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque en fait.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ; / 6° refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / (). " L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Il ressort de sa lecture que la décision attaquée d'une part vise les textes applicables à la situation de la requérante. Elle indique, d'autre part, que l'intéressée ne remplit plus les conditions prévues par l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé, dans son avis en date du 17 décembre 2021, que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut, le cas échéant, ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Selon cet avis, l'état de santé de l'intéressée peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. La décision attaquée ajoute que la requérante vit maritalement avec un ressortissant haïtien en situation irrégulière, père de leur enfant né en 2018, que leur cellule familiale " doit ", par conséquent, se reconstituer dans le pays d'origine d'autant que l'enfant du couple est en bas-âge, non scolarisé, et que dans ces conditions, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à la situation personnelle et à la vie familiale de la requérante. L'arrêté précise en outre que Mme D n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine et ne bénéficie pas des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, cette décision énonce les considérations de droit et de fait propres à sa situation personnelle sur lesquelles le préfet a entendu se fonder. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus de séjour serait insuffisamment motivée manque en fait.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée indique que l'enfant de la requérante n'est pas scolarisé. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, cet enfant était scolarisé en petite section, soit depuis environ cinq mois. La décision, qui indique que l'enfant n'était pas scolarisé, est donc entachée d'une erreur de fait. Cependant, eu égard notamment à la faible ancienneté de cette scolarisation, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet n'aurait pas pris la même décision sans cette erreur, qui n'est donc pas de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat / () ".
7. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité, le préfet de la Guyane s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins du 17 décembre 2021, qui a estimé que si l'état de santé de Mme D nécessitait une prise en charge médicale, son défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait en outre voyager sans risque vers son pays d'origine. Mme D soutient qu'elle justifie, depuis le 23 juillet 2020 et jusqu'au 22 juillet 2025, de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, d'une orientation professionnelle vers la plateforme d'accompagnement guyanaise : orientation, formation et insertion professionnelle (PAGOFIP) et d'une orientation vers le marché du travail avec appui d'un opérateur du service public de l'emploi. Si la requérante soutient que son état de santé est fragile dès lors qu'elle souffre de troubles de la colonne lombaire et de pathologies rhumatismales évolutives et handicapantes nécessitant des traitements réguliers ainsi qu'un suivi qu'elle n'est pas certaine de retrouver dans son pays d'origine, les certificats médicaux qu'elle produit, notamment celui du 21 mars 2022, postérieur à l'avis du collège des médecins de l'OFII et à l'arrêté litigieux, ne permettent de remettre en cause ni cet avis médical ni la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Guyane a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer un titre de séjour pour raisons de santé à Mme D doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est entrée sur le territoire français en 2017, à l'âge de 26 ans. Elle est pacsée depuis le 1er juillet 2021 avec un ressortissant haïtien, avec lequel elle a eu un enfant né en Guyane le 21 juin 2018, qui justifiait d'environ cinq mois de scolarité sur le territoire à la date de la décision attaquée. Ainsi, sa cellule familiale peut se reconstituer dans son pays d'origine, dont tant son partenaire que son enfant ont la nationalité. En outre, la requérante n'établit ni même n'allègue être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, l'intéressée ne démontre pas que son état de santé nécessite un suivi médical dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait pas bénéficier du traitement approprié dans son pays d'origine. Enfin, les pièces qu'elle produit, notamment une notification d'inscription à Pôle emploi, des conclusions d'entretiens réalisés les 25 mars et
15 avril 2021 et deux bilans individuels faisant suite à deux formations, dont l'une a été suivie postérieurement à la décision litigieuse, ne suffisent pas à établir son intégration dans le tissu économique et sociale français. Dans ces conditions, l'arrêté litigieux n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code précité : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".
11. La décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise notamment les dispositions des articles L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'ayant toutefois pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision portant refus de séjour, qui est suffisamment motivée, il s'ensuit que le moyen doit être écarté.
12. En deuxième lieu, les dispositions des articles L. 423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent être utilement invoquées ni à l'encontre du refus de séjour, dès lors que le préfet, qui n'y était pas tenu, ne s'est pas prononcé sur ce fondement, ni à l'encontre de la mesure d'éloignement, dès lors que ce texte ne prévoit pas l'attribution d'un titre de séjour de plein droit.
13. En troisième lieu, pour les motifs exposés au point 7, la décision attaquée ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen doit être écarté.
14. En quatrième lieu, pour les motifs exposés au point 9, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article 16 de la même convention : " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ". Par ailleurs, aux termes de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Les enfants ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être. Ils peuvent exprimer leur opinion librement. Celle-ci est prise en considération pour les sujets qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur maturité. 2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu'ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. 3. Tout enfant a le droit d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
16. Mme D est la mère d'un enfant né en 2018 en Guyane. L'arrêté litigieux n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme D de son enfant et rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Haïti, pays dont tant la requérante, son partenaire de pacte civil de solidarité (PACS) et père de son enfant, que son enfant ont la nationalité. Dans ces conditions, le préfet de la Guyane n'a ni méconnu les stipulations de l'article 3-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni celles de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, étant précisé que Mme D ne saurait utilement invoquer les stipulations de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers.
17. En dernier lieu, aux termes du 13ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : " La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture () ". Si Mme D soutient que la décision porte atteinte à ces dispositions, une telle décision administrative n'est pas susceptible, en elle-même, de révéler une atteinte portée au principe de l'égal accès à l'instruction et à la formation. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
18. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ". La décision fixant le pays de renvoi vise l'article L. 511-1 I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait état de la nationalité guyanienne du requérant, permettant ainsi d'identifier Haïti comme pays d'origine et, partant, pays de renvoi. En outre, l'arrêté précise que Mme D n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 2 février 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi
n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Deleplancque, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026