mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIALOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistré le 24 juin 2022, M. A B, représenté par Me Pialou, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision préfectorale du 24 mai 2022 refusant le renouvellement du titre de séjour à M. B ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer la demande de M. B dans un délai de 2 mois et, dans l'attente d'une nouvelle décision préfectorale, lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail sous 8 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2200847.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le préfet de la Guyane à qui la requête a été communiquée le 28 juin 2022, n'a pas produit d'observations.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 13 juillet 2022 en présence de Mme Castor, greffière, le rapport de M. Martin, juge des référés, et les observations de Me Pialou pour M. B qui complète ses conclusions en sollicitant l'aide juridictionnelle provisoire et en demandant que soit délivrée au requérant une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail jusqu'au rendu de la décision au fond, et par ailleurs reprend les moyens développés par écrit et ajoute que la décision est entachée de plusieurs erreurs de fait, que son parcours est caractérisé par ses liens de famille et des éléments nombreux d'intégration, que la supposée menace pour l'ordre public invoquée par le préfet n'a pourtant pas empêché celui-ci de délivrer trois titres de séjour successifs à M. B.
Le préfet de la Guyane n'étant pas représenté.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 juillet 2022 à 11 heures 43mn à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / (). ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la demande suspension :
4. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. M. B, ressortissant haïtien né en 1991, présent sur le territoire depuis 2000 selon ses déclarations, demande au juge des référés de suspendre l'exécution jusqu'à ce qu'il soit statué au fond de l'arrêté du 24 mai 2022, par lequel le préfet de la Guyane a refusé de renouveler son titre de séjour.
5. D'une part, la condition d'urgence est satisfaite lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation de la requérante ou aux intérêts qu'elle entend défendre, ce qui s'apprécie concrètement, compte tenu des justifications fournies et de l'ensemble des circonstances de l'espèce. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'étranger. Cette condition d'urgence est, en principe, constatée en cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour.
6. M. B a été titulaire de plusieurs cartes de séjour temporaire successives, la dernière ayant été valable jusqu'au 4 mai 2020 dont il a sollicité le renouvellement. Le refus de renouvellement du titre de séjour dont bénéficiait M. B place le requérant en situation irrégulière et le prive de la possibilité de poursuivre l'intégration entamée depuis son arrivée sur le territoire français. Ainsi, la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code précité doit être regardée comme remplie.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. B doit être regardé comme justifiant résider en France depuis l'année 2000. Il y a été scolarisé et y a travaillé. Ses parents résident régulièrement sur le territoire ainsi que cinq frères et sœurs, également en situation régulière. Il est en outre père d'un enfant français né en 2014 dont il démontre s'occuper. Si ainsi qu'il est relevé par l'arrêté attaqué le requérant a été condamné le 14 avril 2016 à une peine de sept ans d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée, cette circonstance, alors au demeurant que le préfet a délivré à M. B plusieurs titres de séjour après sa condamnation, doit être examinée au regard des éléments invoqués par le requérant, à savoir la durée continue de son séjour en France, son intégration par l'école et le travail, les liens de famille qu'il a sur le territoire et, s'agissant de la menace pour l'ordre public invoqué par le préfet, son comportement pendant la détention et depuis qu'il a recouvré la liberté. A ce dernier égard, il ressort des pièces produites et particulièrement du jugement du juge de l'application des peines du 26 janvier 2018 lui accordant la semi-liberté probatoire à la liberté conditionnelle que M. B " a fourni des efforts de réadaptation sociale en détention et s'est particulièrement investi dans sa réinsertion sociale et professionnelle " et que par ailleurs l'intéressé travaille depuis sa libération. Ainsi, pour prendre la décision litigieuse du 24 mai 2022, le préfet s'appuie sur une condamnation pénale jusque-là restée isolée, le préfet lui-même n'ayant d'ailleurs pas considéré la présence du requérant sur le territoire français durant les trois dernières années comme constituant une menace pour l'ordre public.
8. Par ailleurs, il est dans l'intérêt supérieur de l'enfant français vivant en France, dont M. B est le père, qu'il soit tenu compte de la présence de celui-ci sur le territoire français.
9. Dans ces conditions, ces éléments sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par suite, les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, M. B est fondé à demander la suspension de l'exécution, jusqu'à ce qu'il ait été statué au principal, du refus de renouvellement de titre de séjour, prononcée à son encontre le 24 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente ordonnance implique, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que le préfet de la Guyane procède à un nouvel examen de la situation administrative de M. B dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente décision, et qu'il le munisse sous huit jours, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à Me Pialou au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que Me Pialou renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2r : La décision portant refus de renouvellement de titre de séjour prise le 24 mai 2022 par le préfet de la Guyane à l'encontre de M. B est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la demande au principal.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente et sous huit jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : l'Etat versera à Me Pialou la somme de 900 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Pialou renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et au préfet de la Guyane.
Rendue publique part mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le juge des référés,
SIGNE
L. MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C.PAUILLAC
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026