mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LATOUR ANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2022, Mme B A, représentée par Me Latour, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'arrêté du 24 mars 2022, par lequel le ministre du travail et le ministre des solidarités et de la santé ont mis fin à sa formation initiale d'inspecteur-élève de l'action sanitaire et sociale à compter du 1er avril 2022, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre du travail et au ministre des solidarités et de la santé, de prononcer sa titularisation en tant qu'inspecteur de l'action sanitaire et sociale, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au ministre du travail et au ministre des solidarités et de la santé, de la réintégrer au sein de la formation dans le cadre d'une prolongation de stage, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre le remboursement du droit de plaidoirie de 13 euros.
Mme A soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- le refus de titularisation attaqué n'est pas suffisamment motivé en fait ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire et qu'elle n'a pas été en mesure de présenter des observations ;
- l'arrêté est entaché d'inexactitude matérielle des faits dès lors qu'elle a obtenu de bonnes appréciation lors de ses stages en administration ; il y a des irrégularités
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
Le ministre de la santé et de la prévention a produit un mémoire enregistré le 12 juillet 2022 par lequel il conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 220818.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 relative à la fonction publique d'Etat ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics ;
- le décret n° 2002-1569 du 24 décembre 2002 modifié portant statut particulier du corps de l'inspection de l'action sanitaire et sociale ;
- l'arrêté du 20 avril 2016 relatif à la formation initiale et à la formation d'adaptation à l'emploi des inspecteurs de l'action sanitaire et sociale et de la formation d'adaptation à l'emploi des inspecteurs principaux de l'action sanitaire et sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 13 juillet 2022 en présence de Mme Castor, greffière :
- le rapport de M. Martin, juge des référés,
- les observations de Me Sémonin substituant Me Latour pour Mme A qui relève que la requérante a suivi une scolarité positive, aussi bien en cours théoriques qu'en stages, que le stage de spécialisation a fait l'objet d'une appréciation favorable de son tuteur, que le contradictoire n'a pas été observé, que la copie n° 6 notée 6/20 n'est pas la sienne,
- celles de M. C pour le ministre du travail qui fait valoir que l'urgence n'est pas établie, Mme A n'étant pas privée d'emploi puisque réintégrée dans son corps d'origine, qu'aucune obligation de motivation ne s'imposait, que le principe du contradictoire n'a pas été méconnu, que la note moyenne obtenue de 8,62/20 était insuffisante,
- et celles de M. De la Colombe de la Volpilière pour le ministre de la santé qui confirme les écritures en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée le 18 juillet 2022 à 12 h 00.
Une note en délibéré dans les intérêts de Mme A a été enregistrée le 18 juillet 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été admise au concours de recrutement d'inspecteur de l'action sanitaire et sociale et a été nommée dans le corps de l'inspection de l'action sanitaire et sociale à compter du 1er janvier 2021. A l'issue de la période de stage et sur avis du président du jury de fin de formation en date des 15 et 16 mars 2022, le ministre du travail et le ministre des solidarités et de la santé ont, par arrêté du 24 mars 2022, mis fin au stage de l'intéressée à compter de 1er avril 2022 et l'ont réintégrée dans son corps d'origine d'infirmière diplômée d'Etat - cadre de santé. Un recours administratif formé par Mme A a été rejeté le 20 juin 2022. Par la présente Mme A demande la suspension de l'arrêté du 24 mars 2022.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. En l'espèce, Mme A a bénéficié d'une période de stage de quinze mois du 1er janvier 2021 au 1er avril 2022 en vertu de l'arrêté du 25 novembre 2021 qui l'a nommée en qualité de stagiaire à l'issue du concours de recrutement d'inspecteur de l'action sanitaire et sociale externe à ce corps. Ainsi, l'arrêté du 25 mars 2022 est bien intervenu en fin de stage.
4. En premier lieu, si la nomination dans un corps ou cadre d'emploi en tant que fonctionnaire stagiaire confère à son bénéficiaire le droit d'effectuer un stage dans la limite de la durée maximale prévue par les règlements qui lui sont applicables, elle ne lui confère aucun droit à être titularisé. Ainsi le refus de titularisation d'un stagiaire ou la radiation d'un stagiaire en fin de stage n'entre dans aucune des catégories de mesures qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation en fait de l'arrêté du 24 mars 2022, s'agissant d'un refus de titularisation intervenu à l'issue du stage et celui tiré l'absence de procédure contradictoire dès lors que la mesure contestée ne revêt aucun caractère disciplinaire sont inopérants et ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
6. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'irrégularité matérielle de l'attribution de deux notes prises en compte par le jury n'est, compte tenu des éléments débattus, pas plus de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte en cause.
7. En troisième lieu, un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. Le jury académique se prononce à l'issue de périodes de formation et de stage. S'agissant non d'un concours ou d'un examen mais d'une procédure tendant à l'appréciation de la manière de servir qui doit être faite en fin de stage, cette appréciation peut être censurée par le juge de l'excès de pouvoir en cas d'erreur manifeste.
8. Les moyens tirés de l'inexactitude matérielle des faits et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être regardés comme dirigés contre la délibération du jury, délibération par laquelle ce jury a estimé que Mme A n'était pas apte à être titularisée dans le corps des inspecteurs de l'action sanitaire et sociale et ne justifiait pas plus des qualités lui permettant de bénéficier d'une prolongation de stage. En l'espèce, alors que la requérante ne justifie que d'une moyenne générale de 8,62/20, les notes et appréciations de 6/20 qui lui ont été attribuées dans le cadre de l'épreuve d'étude de cas intégrée à visée professionnelle et de 11/20 pour le stage d'exercice professionnel ne sont ni fondées sur des faits matériellement inexacts, ni entachées d'erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, ces moyens ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté, signé par une autorité compétente, portant refus de titularisation et refus de prolongation de la formation.
9. Par suite, et sans qu'il soit besoin pour le juge des référés de se prononcer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par Mme A à fin de suspension de l'arrêté du 24 mars 2022 ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D, au ministre du travail et au ministre des solidarités et de la santé.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 19 juillet 2022.
Le juge des référés,
Signé
L. MARTIN
La République mande et ordonne au ministre du travail et au ministre des solidarités et de la santé en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
N°2200859
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026