LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2200916

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2200916

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2200916
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantGAY JÉROME

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif le

5 juillet 2022 sous le n°2200916, M. D C, représenté par

Me Gay, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, à titre principal de prononcer l'imputabilité au service de sa maladie depuis le 9 octobre 2019 et de lui rembourser les frais et honoraires médicaux qu'il a engagés de ce fait depuis cette date ou, à titre subsidiaire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de réexaminer sa déclaration de maladie professionnelle et en tout état de cause, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui rembourser les frais et honoraires médicaux qu'il a engagés dans le cadre de la médecine du travail depuis le 9 octobre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

-l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnaît la procédure prévue par le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

II/ Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif le

6 juillet 2022 sous le n°2200922, M. D C, représenté par

Me Gay, demande au tribunal :

1°) d'annuler les six arrêtés du 10 mai 2022 par lesquels le préfet de la Guyane l'a placé en congé de longue maladie à compter du 9 octobre 2019 et a prolongé ce congé ;

2°) à titre principal, en requalifiant son congé de longue maladie en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 9 octobre 2019, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui verser son plein traitement depuis le 9 octobre 2019 jusqu'à sa reprise effective au sein du service ou, à titre subsidiaire, en requalifiant son congé de longue maladie en congé de longue durée à compter du 9 octobre 2019, d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui verser un plein traitement du 9 octobre 2019 au 8 octobre 2022 puis un demi traitement pendant deux ans jusqu'au 8 octobre 2024 ou à sa reprise effective de ses fonctions au sein du service si cette date est antérieure au 8 octobre 2024 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnaît la procédure prévue par le décret n°86-442 du 14 mars 1986 et l'avis du comité médical du 1 er avril 2022 ne lui a pas été communiqué ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique et M. C aurait dû bénéficier d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service ou d'un congé de longue durée ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2024, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre les arrêtés du 10 mai 2022, retirés et remplacés par six arrêtés du 1er février 2023, et au rejet de la requête.

Il fait valoir que les arrêtés attaqués du 10 mai 2022 ont été retirés et remplacés par six arrêtés du 1er février 2023 de sorte que les conclusions de la requête doivent être regardées comme dirigées contre les arrêtés du 1er février 2023 mais qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Schor,

- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,

- et les observations de M. I, représentant le préfet de la Guyane

Considérant ce qui suit :

1. M. C est gardien de la paix ; il a été affecté dans différents services dépendants du Secrétariat Général pour l'Administration de la Police (SGAP) en Guyane. Il a sollicité notamment le 9 octobre 2019 la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie, caractérisée par des troubles de l'audition et des troubles psychiatriques et a sollicité le

29 novembre 2021 son placement en congé de longue maladie (CLM) à compter du

1er décembre 2021. Par un arrêté du 25 avril 2022, le directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles de la préfecture de la Guyane a rejeté la demande de reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie. Par six arrêtés du 10 mai 2022, la directrice générale de la sécurité, de la réglementation et des contrôles de la préfecture de la Guyane a placé M. C en CLM à compter du 9 octobre 2019 avec plein traitement pendant un an et a renouvelé ce congé jusqu'au 8 juillet 2022 à mi- traitement pendant deux ans. Par six arrêtés du 1er février 2023, le directeur territorial de la police nationale en Guyane a retiré les arrêtés du 10 mai 2022 mais a de nouveau placé M. C en CLM à compter du 9 octobre 2019 avec plein traitement pendant un an et a renouvelé ce congé jusqu'au 8 juillet 2022 à mi- traitement pendant deux ans. Par les présentes requêtes, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 et les arrêtés du 10 mai 2022.

Sur la jonction :

2. Les requêtes nos 2200916 et 2200922 concernent la situation d'un même agent et les mêmes faits. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 avril 2022 :

3. Aux termes de l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / (). / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale : " () Peut être également reconnue d'origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles lorsqu'il est établi qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu'elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d'un taux évalué dans les conditions mentionnées à l'article L. 434-2 et au moins égal à un pourcentage déterminé. () ". Aux termes de l'article R.461-8 du même code : " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 %. ".

4. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

5. Il est constant que M. C a été victime d'un accident de service le

27 novembre 2007, à la suite duquel il a conservé des séquelles auditives et psychologiques qui ont motivé plusieurs arrêts de travail, notamment à compter de 2016. Ces troubles ont été diagnostiqués par au moins sept médecins, le Docteur J le 19 mai 2016, le Docteur K en septembre 2016, janvier 2017, juin 2018, le Docteur H, médecin du travail, le 24 novembre 2016, le Docteur B le 25 janvier 2020, le Docteur F le

3 février 2020, le Docteur E, médecin agréé, le 1er février 2022 et le Docteur G le

29 novembre 2021 et le 14 juin 2022. Par ailleurs, il n'est pas contesté que c'est en raison de ces troubles que la qualité de travailleur handicapé a été reconnue à M. C pour la période du

11 octobre 2017 au 10 octobre 2022. Ces constats sont confirmés par l'expertise médicale diligentée par le Docteur A, mandaté par le SGAP de Cayenne, le 23 novembre 2021 qui a aussi déclaré le requérant inapte à reprendre son poste le 12 janvier 2021. Dans l'expertise du

23 novembre 2021, le Dr A indique que " il persiste des séquelles fonctionnelles imputables tant à l'accident du 27/7/2007 qu'à l'exposition répétée et prolongée à des bruits forts et à répétition tels que les alarmes incendie et autres sirènes dans le cadre de son poste de travail au CRA entre 2013 et 2018, ayant donné lieu à l'ouverture d'un nouveau dossier au 13/09/2016 pour accident du travail et d'évidence devant être considéré au titre de rechute. ". En outre, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 15 mars 2018, le préfet de la Guyane a reconnu imputable au service l'accident subi par le requérant le 10 septembre 2016, manifesté par des acouphènes, des céphalées et des vertiges liés aux bruits déclenchés par les alarmes du service. Ainsi, M. C établit qu'il souffre de troubles auditifs et psychologiques et il est constant que ces troubles résultent directement et exclusivement de l'accident de service dont il a été victime le 27 novembre 2007 et présentent un lien direct avec l'exercice de ses fonctions et ses conditions de travail. L'administration en défense ne fait valoir aucun élément de nature à établir un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisant à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Par ailleurs, dans l'expertise médicale du 24 novembre 2021, si le Dr A indique, de façon contradictoire, que le taux d'incapacité permanente partielle dont est atteint M. C est de " dix pour cent (27%) ", d'une part le taux de 27% correspond à la somme des % d'incapacités évaluées par le médecin expert, d'autre part ce taux de 27% est repris par l'administration en défense. Dans ces conditions, M. C établit qu'il souffre d'une maladie essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et que cette maladie entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. En se bornant à faire valoir, d'une part que seuls deux certificats médicaux évoquent un lien entre la maladie et le service et d'autre part, à tort, qu'elle dispose d'un pouvoir discrétionnaire de reconnaissance du caractère professionnel d'une maladie non listée au tableau de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale, le préfet de la Guyane ne conteste pas que la maladie dont souffre M. C remplit les conditions posées par l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique et doit donc être reconnue comme ayant un caractère professionnel. Ainsi,

M. C est fondé à soutenir que l'arrêté du 25 avril 2022 méconnaît les dispositions de l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 10 mai 2022 :

6. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

7. Il ressort des pièces du dossier n°2200922 que les arrêtés du 10 mai 2022 portant placement puis prolongation en congé de longue maladie à compter du 9 octobre 2019 ont été retirés et remplacés par six arrêtés du 1er février 2023 ayant la même portée. A défaut d'avoir été contestés, les arrêtés du 1er février 2023 remplaçant les arrêtés du 10 mai 2022 sont devenus définitifs au plus tard le 1er juin 2023, ainsi que les parties en conviennent, et le recours formé par M. C contre les arrêtés du 10 mai 2022 du préfet de la Guyane doit donc être regardé comme étant dirigé contre les arrêtés de la même autorité du 1er février 2023, en ce qu'ils ont la même portée et il n'y a plus lieu de statuer sur les arrêtés du 10 mai 2022.

8. Aux termes de l'article L.822-6 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de longue maladie, dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. ". Aux termes de l'article L. 822-7 du même code : " La durée maximale des congés de longue maladie dont peut bénéficier le fonctionnaire est de trois ans. " et aux termes de l'article

L. 822-8 du même code : " Le fonctionnaire en congé de longue maladie perçoit : / 1° Pendant un an, la totalité de son traitement ; / 2° Pendant les deux années suivantes, la moitié de celui-ci. Cette part du traitement peut être portée à 60 % par décret en Conseil d'Etat si un accord conclu en application de l'article L. 221-2 le prévoit. () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été placé en congé de longue maladie à compter du 9 octobre 2019 par un arrêté du 1er février 2023. Le préfet de la Guyane a donc considéré que la maladie dont souffre M. C le mettait dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rendait nécessaire un traitement et des soins prolongés et présentait un caractère invalidant et de gravité confirmée. En vertu des cinq autres arrêtés du 1er février 2023 du préfet de la Guyane, M. C a perçu un plein traitement du 9 octobre 2019 au 8 octobre 2020 puis un demi-traitement du 9 octobre 2020 au 8 juillet 2022.

10. Cependant, aux termes de l'article L.822-21 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : () 3° Une maladie contractée en service telle qu'elle est définie à l'article L. 822-20. (). ". Aux termes de l'article L. 822-22 du même code : " Le fonctionnaire bénéficiaire d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. ".

11. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que l'incapacité temporaire de travail de

M. C est consécutive à une maladie contractée en service telle qu'elle est définie à l'article

L. 822-20 du code général de la fonction publique. Il est donc fondé à soutenir qu'il avait droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service et à conserver l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Par suite, M. C est fondé à soutenir que les arrêtés du 1er février 2023, le plaçant en CLM et prolongeant ce congé, méconnaissent les dispositions de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique.

12. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des deux requêtes, les arrêtés du 25 avril 2022 et du 1er février 2023 du préfet de la Guyane doivent être annulés.

Sur les conclusions à fin d'injonction des deux requêtes :

13. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

14. D'autre part, aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique : " le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : () 2° Un accident de trajet tel qu'il est défini à l'article L. 822-19 () " et aux termes des articles L. 822-22 et L. 822-24 du même code : " Le fonctionnaire bénéficiaire d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. / Le fonctionnaire qui bénéficie d'une reconnaissance d'imputabilité au service d'un accident ou d'une maladie a droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par sa maladie ou son accident ".

15. Les annulations des arrêtés des 25 avril 2022 et 1er février 2023, qui refusent de reconnaître à compter du 9 octobre 2019 le caractère professionnel de la maladie dont souffre le requérant, impliquent nécessairement mais uniquement qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de reconnaitre l'imputabilité au service de cette maladie dont M. C et donc de placer l'intéressé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 9 octobre 2019 et ce, jusqu'à la reprise de ce dernier à temps complet, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés aux litiges :

16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".

17. D'une part, M. C ne justifie avoir exposé des dépens dans les présentes instances. Par suite, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.

18. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les arrêtés du 10 mai 2022.

Article 2 : La décision du 25 avril 2022 et les arrêtés du 1er février 2023 du préfet de la Guyane sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de reconnaitre l'imputabilité au service de la maladie dont souffre M. C et de placer l'intéressé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 9 octobre 2019, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à M. C une somme globale de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Schor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 26 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

E. SCHOR

Le président,

Signé

O. GUISERIX

La greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

Nos 2200916,220092

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions