lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2200985 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 15 juillet 2022, le 19 septembre 2022, le 28 juillet 2024 et le 2 août 2024, Mme A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2016 par lequel le préfet de la Guyane lui a refusé un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et, fixé le pays de destination à la République dominicaine ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet de la Guyane l'a obligée à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, a désigné la République dominicaine comme pays de destination et, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros pour jour de retard.
Elle doit être regardée comme soutenant que l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Topsi et les observations de Mme A B.
Le préfet de la Guyane n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante dominicaine, a déclaré être entrée en France le 2 juin 2014 sous couvert d'un passeport délivré par les autorités dominicaines, dépourvue de tout visa d'entrée en France. Elle a demandé le bénéfice de l'asile qui lui a été refusé par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 27 novembre 2014, laquelle a été confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 2 novembre 2015. Par un arrêté du 1er mars 2016, le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 et du 1° de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et, a fixé le pays de destination à la République dominicaine. Par un arrêté du 17 mai 2022, le préfet de la Guyane l'a obligée à quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par sa requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés ainsi que d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 1er mars 2016
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B ne bénéficiait, à la date de l'arrêté du 1er mars 2016 que d'un an et neuf mois de présence sur le territoire national, où elle était célibataire et mère de deux enfants, de nationalité dominicaine, restés dans son pays d'origine et, où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans. En outre, si elle se prévaut de la circonstance qu'elle a exercé plusieurs activités professionnelles, et qu'un extrait incomplet d'un contrat de travail non daté et non signé est versé au dossier, ces circonstances sont insuffisantes pour caractériser une insertion professionnelle significative sur le territoire. Par ailleurs, les pièces versées par Mme C qui témoignent de sa participation à la vie associative, sont toutes postérieures à la décision contestée. Dès lors, Mme B n'établit pas disposer d'attaches suffisamment stables et anciennes sur le territoire national à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, eu égard aux buts recherchés par l'administration, ni qu'il serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
4. Sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigée contre l'arrêté du 1er mars 2016, Mme B n'est pas fondée à contester la légalité de l'arrêté par lequel le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et, a désigné la République dominicaine comme pays de renvoi. Les conclusions tendant à leur annulation doivent être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 17 mai 2025. La requérante fait valoir être établie en France depuis 2014 et que ses enfants, ressortissants dominicains, résident désormais sur le territoire national. À cet égard, il ressort des pièces du dossier et notamment de plusieurs certificats de scolarité que son fils a été scolarisé de 2018 à 2022. La requérante fait, en outre, valoir que sa fille, majeure, dispose d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et que sa petite-fille est de nationalité française, sont également présentes sur le territoire français. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ne dispose d'aucune attache privée et familiale dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie, ni que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer hors de France. Par ailleurs, si Mme B se prévaut de la circonstance qu'elle a exercé plusieurs activités professionnelles, et qu'un extrait incomplet d'un contrat de travail non daté et non signé est versé au dossier, ces circonstances sont insuffisantes pour caractériser une insertion professionnelle significative sur le territoire. Les avis d'imposition versés au dossier au titre des années 2020 et 2021 notamment indiquent un revenu fiscal de référence nul. Enfin, les pièces versées par Mme C qui témoignent de sa participation à la vie associative, sont toutes postérieures à la décision contestée. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts recherchés par l'administration ni qu'il serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
6. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 17 mai 2022 doivent, également, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Marcisieux, conseillère,
Mme Topsi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. TOPSIi
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
S. PROSPER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026