lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrées le 19 juillet 2022, le 8 août 2022 et le 11 septembre 2024, Mme C A, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mars 2022 par lequel le préfet de la Guyane l'a obligée à quitter le territoire français, sans délai, à destination de son pays d'origine ou tout pays où elle serait légalement admissible.
Elle doit être regardée comme soutenant que l'arrêté méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Guyane qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Topsi.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissant haïtienne, a déclaré être entrée irrégulièrement sur le territoire français, le 26 juillet 2016. Elle a demandé le bénéfice de l'asile qui lui a été refusé par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 21 décembre 2017. Par un arrêté du 26 mars 2018, le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français, avec un délai de départ et, a désigné le pays de destination à Haïti. Par un arrêté du 3 mars 2022, le préfet de la Guyane l'a obligée à quitter le territoire français, sans délai, et a désigné comme pays de destination, Haïti ou tout autre pays dans lequel elle établit être légalement admissible. Mme A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2022.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée irrégulièrement sur le territoire français, et qu'elle ne conteste pas être célibataire et sans charge de famille. Si la requérante se prévaut de six années de présence sur le territoire, d'une inscription en troisième année de licence administration économique et sociale à l'université de la Guyane ainsi de la présence de sa mère, laquelle dispose d'un titre de séjour valide, toutefois, l'intéressée ne démontre, ni même n'allègue qu'elle ne dispose d'aucune attache privée et familiale dans son pays d'origine où elle a vécu environ vingt-deux ans, soit la majeure partie de sa vie et, alors même qu'elle précise que sa sœur y est restée. Dans ces conditions, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts recherchés par l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination
4. Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
5. En l'espèce, Mme A invoque la situation d'insécurité ainsi que des conséquences dramatiques sur sa situation en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, elle n'établit pas être personnellement exposé à un risque réel, direct, actuel et sérieux en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, alors, être écarté.
6. S'il est vrai que la légalité d'un acte s'apprécie à la date de son édiction, il appartiendrait à l'administration de s'abstenir d'exécuter la mesure d'éloignement à destination d'Haïti si un changement dans les circonstances de fait aurait pour conséquence de faire obstacle à cette mesure.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigée contre l'arrêté du 3 mars 2022, Mme A n'est pas fondée à contester la légalité de cet arrêté. Les conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Marcisieux, conseillère,
Mme Topsi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. TOPSI
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
S. PROSPER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026