jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201015 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PAGE JULIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Page, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 en tant que le garde des sceaux, ministre de la justice lui a attribué la nouvelle bonification indiciaire (NBI) de 20 points à compter seulement du 1er janvier 2021, ensemble la décision implicite par laquelle son recours gracieux a été rejeté ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de lui attribuer la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er janvier 2017 et de lui verser, en conséquence, la somme de 8 659,72 euros au titre de la nouvelle bonification indiciaire à laquelle il aurait pu prétendre à compter de cette date ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- le garde des sceaux, ministre de la justice a commis une erreur de droit dès lors qu'il a droit à la nouvelle bonification indiciaire depuis au moins le 1er janvier 2017 puisqu'il pouvait utilement solliciter un rappel de traitement sur la période des quatre années qui ont précédé sa demande outre l'année en cours ;
- il a le droit à un rappel de traitement à hauteur de la somme de 8 659,72 euros correspondant à la nouvelle bonification indiciaire due du mois de janvier 2017 au mois de juin 2022 inclus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation en tant seulement qu'elles concernent les sommes demandées au titre de la période postérieure au 1er janvier 2018 et au rejet du surplus des conclusions.
Il fait valoir que :
- il a été fait droit à la demande de M. B, par un arrêté du 20 février 2024, qui lui a attribué une nouvelle bonification indiciaire de 20 points à compter du 1er janvier 2018 ;
- le requérant ne justifie pas avoir adressé à son administration une demande de paiement avant le 1er janvier 2021 et il y a lieu d'appliquer la prescription au profit de l'Etat pour toutes les créances antérieures au 1er janvier 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 93-522 du 26 mars 1993 ;
- le décret n° 2001-1061 du 14 novembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillmann, conseiller ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Me Page, représentant M. B.
Le garde des sceaux, ministre de la justice n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est éducateur de 2ème classe affecté au sein de l'unité éducative en milieu ouvert (UEMO) de Cayenne depuis le 1er septembre 2011. Par un courrier du 11 octobre 2021, l'intéressé a demandé au directeur interrégional de la protection judiciaire et de la jeunesse Île-de-France et Outre-mer à ce que lui soit attribué la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er septembre 2011. Par un arrêté du 14 mars 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice lui a attribué la nouvelle bonification indiciaire de 20 points à compter du 1er janvier 2021. Estimant que cette nouvelle bonification indiciaire devait lui être attribuée à compter du 1er janvier 2017, M. B a formé, le 28 avril 2022, un recours gracieux contre cet arrêté qui a été implicitement rejeté par le garde des sceaux, ministre de la justice. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 en tant que le garde des sceaux, ministre de la justice lui a attribué la nouvelle bonification indiciaire (NBI) de 20 points à compter du 1er janvier 2021, ensemble la décision implicite par laquelle son recours gracieux a été rejeté.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 20 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, a attribué à M. B la nouvelle bonification indiciaire de 20 points à compter du 1er janvier 2018. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué en tant que celui-ci n'attribue pas la nouvelle bonification indiciaire au titre de la période postérieure au 1er janvier 2018, ainsi que sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de lui attribuer la nouvelle bonification indiciaire sur la période concernée et de lui verser les sommes correspondantes. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le garde des sceaux, ministre de la justice doit être accueillie.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 14 novembre 2001 relatif à la nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville dans les services du ministère de la justice : " Une nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en oeuvre de la politique de la ville, prise en compte et soumise à cotisation pour le calcul de la pension de retraite, peut être versée mensuellement, dans la limite des crédits disponibles, aux fonctionnaires titulaires du ministère de la justice exerçant, dans le cadre de la politique de la ville, une des fonctions figurant en annexe au présent décret ". Figurent dans cette annexe, dans sa version applicable à partir du 1er janvier 2015, les fonctions de catégories A, B ou C de la protection judiciaire de la jeunesse exercées : " 1. En centre de placement immédiat, en centre éducatif renforcé ou en foyer accueillant principalement des jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville ; / 2. En centre d'action éducative situé dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ; / 3. Intervenant dans le ressort territorial d'un contrat local de sécurité () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été affecté en tant qu'éducateur, à compter du 1er septembre 2011, au sein de l'unité éducative en milieu ouvert de Cayenne dont il n'est pas contesté par le garde des sceaux, ministre de la justice qu'elle est implantée dans un quartier prioritaire de la politique de la ville de cette commune. Il n'est pas non plus contesté que l'appellation d'unité éducative en milieu ouvert est assimilable aux centres d'action éducative visés au 2. de l'annexe du décret du 14 novembre 2021. Par suite, l'intéressé remplit les conditions ouvrant droit au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire.
5. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Aux termes de l'article 2 de cette loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement./ Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; / Toute communication écrite d'une administration intéressée, même si cette communication n'a pas été faite directement au créancier qui s'en prévaut, dès lors que cette communication a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance ; / Toute émission de moyen de règlement, même si ce règlement ne couvre qu'une partie de la créance ou si le créancier n'a pas été exactement désigné. / Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée ".
6. Dans son mémoire en défense, le garde des sceaux, ministre de la justice, qui ne conteste pas le bien-fondé de la demande de M. B tendant à ce qui lui soit octroyé la nouvelle bonification indiciaire, a opposé la prescription quadriennale prévue par les dispositions combinées des articles 1er et 2 de la loi susvisée du 31 décembre 1968 au motif que l'intéressé réclame le versement de cette nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er janvier 2017 et ne justifie pas avoir adressé à son administration une demande en ce sens avant le 1er janvier 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B a adressé, le 11 octobre 2021, au directeur interrégional de la protection judiciaire et de la jeunesse Île-de-France et Outre-mer une demande de versement de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er septembre 2011, date de son affectation à l'UEMO de Cayenne. Le garde des sceaux, ministre de la justice ne conteste pas avoir reçu le courrier avant le 1er janvier 2022 de sorte, qu'en application de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968, les créances de l'intéressé étaient seulement prescrites en tant qu'elles portent sur la période antérieure au 1er janvier 2017 et non à compter de cette date. Dans ces conditions, M. B est fondé à demander à ce que lui soit attribué la nouvelle bonification indiciaire de 20 points à compter du 1er janvier 2017.
7. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 14 mars 2022 doit être annulé en tant seulement qu'il n'attribue pas la nouvelle bonification indiciaire à M. B pour la période comprise entre le 1er janvier 2017 et le 1er janvier 2018.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif de cette annulation, il y a lieu d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'attribuer à M. B la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er janvier 2017, et de lui verser, en conséquence, les sommes correspondantes dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022 en tant que celui-ci n'attribue pas la nouvelle bonification indiciaire au titre de la période postérieure au 1er janvier 2018, ainsi que sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de lui attribuer la nouvelle bonification indiciaire sur la période concernée et de lui verser les sommes correspondantes.
Article 2 : L'arrêté du 14 mars 2022 est annulé en tant que celui-ci n'attribue pas la nouvelle bonification indiciaire à M. B pour la période comprise entre le 1er janvier 2017 et le 1er janvier 2018.
Article 3 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice d'attribuer à M. B la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er janvier 2017, et de lui verser, en conséquence, les sommes correspondantes dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. GILLMANNLe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026