vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201056 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PEPIN JULIETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2022, M. B C D, représenté par Me Pépin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de l'exécution de l'arrêté du 26 juillet 2022 du préfet de la Guyane portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C D soutient que :
- l'urgence est caractérisée par son placement en rétention administrative et l'imminence de l'exécution de la mesure d'éloignement ;
- le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de mener une vie privée et familiale normale ;
- en cas de renvoi préalable à l'audience, le préfet porterait une atteinte grave et manifestement illégale au droit à un recours effectif.
La requête a été communiquée au préfet de la Guyane qui n'a pas présenté d'observations en défense.
Le président du tribunal a désigné Mme Chatal, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chatal, juge des référés ;
- les observations de Me Pépin, représentant M. C D, qui a rappelé le contenu des écritures du requérant, a notamment indiqué que M. C D était présent en France depuis plus de vingt ans, qu'il avait des enfants à charge sur le territoire français, que deux de ses enfants étaient français, que l'arrêté litigieux porte atteinte à leur intérêt ;
- et les observations de M. C D assisté par Mme A, interprète, qui a indiqué être présent en France depuis 1999 et avoir deux enfants de nationalité française.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique le 29 juillet 2022 à 10H28.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant brésilien né en 1983, placé en centre de rétention administrative par arrêté préfectoral, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 juillet 2022 par lequel le préfet de la Guyane a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans.
2. Il y a lieu, en l'espèce, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
4. Si le requérant soutient avoir vécu en France enfant, de sa première année à ses quatorze ans, puis de façon continue depuis l'année 1999, il ne produit pas de pièces permettant de l'établir. Il soutient être hébergé en France chez sa mère, de nationalité brésilienne, titulaire d'un récépissé de demande de délivrance d'un premier titre de séjour. Il justifie être le père de trois enfants mineurs de nationalité brésilienne scolarisés en France et soutient avoir en tout cinq enfants et vivre avec eux ainsi qu'avec sa compagne, de nationalité brésilienne. Toutefois, le requérant ne produit pas d'éléments de nature à démontrer que les membres de sa famille auraient une vocation particulière à se maintenir en France et ne pourraient l'accompagner dans le cadre d'un retour au Brésil, et ne démontre pas non plus que certains de ses enfants auraient la nationalité française. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale portée par l'arrêté litigieux au droit de M. C D au respect de sa vie privée et familiale et à son droit de mener une vie familiale normale, doit être écarté.
5. Par conséquent, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, M. C D n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 juillet 2022 prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français. Ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent donc être rejetées, de même que ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions relatives aux frais du litige.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C D est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C D et au préfet de la Guyane.
Une copie de l'ordonnance sera adressée au directeur départemental de la police aux frontières de la Guyane et à l'association " La Cimade ".
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 29 juillet 2022.
La juge des référés,
Signé
Anna Chatal
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. Metellus
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026