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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2201246

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2201246

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2201246
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2022, M. D E, représenté par Me Balima, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2022 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valant autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de

50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté dans son ensemble est entaché d'incompétence ;

- les décisions rejetant sa demande de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;

- elles méconnaissant les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3, du paragraphe 1 de l'article 9 et de l'article 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les stipulations des paragraphes 2 et 3 de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît le droit à l'éducation tel que garanti par le préambule de la Constitution.

- la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une décision du 15 juillet 2022, M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution du 4 octobre 1958, notamment son préambule ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Marcisieux a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant péruvien né le 16 octobre 1975 à Piura (Pérou), est entré en France le 29 décembre 2014 s'y est maintenu depuis. L'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 11 octobre 2021. Par un arrêté du 10 mai 2022, dont M. E demande l'annulation, le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. L'arrêté contesté a été signé par Mme C, cheffe de section des étrangers en situation irrégulière, qui disposait, en vertu de l'article 2 de l'arrêté n° R03-2022-04-12-00001 du 12 avril 2022, régulièrement publié, d'une subdélégation de M. A, directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles en cas d'absence ou d'empêchement, de Mme B à l'effet de signer les décisions en matière de refus de séjour, d'éloignement et de contentieux. Il n'est pas établi que ces derniers n'étaient pas absents ou empêchés et M. A disposait d'une délégation du préfet de la Guyane prévue par l'article 1er de l'arrêté n° R03-2022-04-08-000008 du 6 avril 2022, régulièrement publié, dont l'article 4 vise notamment les arrêtés d'obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de destination et les interdictions de territoire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.

Sur les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".

4. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige, qui n'est pas stéréotypé, que celui-ci mentionne l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et notamment la référence au parcours de l'intéressé et à sa situation personnelle. Le préfet vise en particulier les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, cite les dispositions des articles L. 423-23 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. E est entré irrégulièrement sur le territoire le 29 décembre 2014, qu'il vit maritalement avec une compatriote également en situation irrégulière avec leurs deux enfants qui sont scolarisés sur le territoire français, que ces derniers peuvent poursuivre leur scolarité dans son pays d'origine où la cellule familiale peut perdurer. Le préfet fait également état du fait qu'il est sans emploi et de la présence de ses attaches familiales dans son pays d'origine où il a passé la majeure partie de sa vie. Par suite, et dès lors que le préfet n'était pas tenu de faire état de l'ensemble des circonstances propres à sa situation, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré le 29 décembre 2014 sur le territoire français à l'âge de trente-huit ans et déclare s'y être maintenu depuis. Il ressort des pièces du dossier que celui- ci est père de deux enfants nés en 2011 et 2016 dont la mère avec laquelle il vit en concubinage est une compatriote également en situation irrégulière. Ainsi, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer au Pérou, pays dont il possède la nationalité et dans lequel il a passé la majeure partie de sa vie et où il ne conteste pas posséder des attaches familiales. M. E justifie également avoir travaillé et suivi des formations de monteur échafaudage roulant, de travail en hauteur sur le territoire français, suivi une formation de base de 141 heures au centre des langues et être entraîneur bénévole de volley-ball. Il ressort toutefois des attestations ainsi que de ses avis d'imposition qu'il produit que celui-ci ne justifie pas travailler de manière continue depuis l'année 2015, ni d'une insertion sociale en dehors d'une activité bénévole débutée en 2021. M. E ne justifie dès lors d'une insertion économique et sociale suffisante sur le territoire français. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, il en va de même s'agissant du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du préfet dans son appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle de l'intéressé. Le préfet n'a pas non plus entaché sa décision d'une erreur de droit quant à la vie privée et familiale de M. E.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à

l'article L. 412-1. ".

8. Eu égard à ce qui a été dit au point 6 du présent jugement, et alors même qu'il justifie avoir exercé une activité professionnelle depuis son arrivée en 2014, M. E ne fait état d'aucun motif exceptionnel ni d'aucune considération humanitaire qui lui permettrait de bénéficier d'une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions et à supposer même que le préfet ai entendu examiner la situation de M. E au regard de ses dispositions, le moyen tiré de la méconnaissance de celles-ci doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article 16 de la même convention : " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation / 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ". Aux termes de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " () / 2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu'ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / 3. Tout enfant a le droit d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt ".

10. D'une part, l'arrêté en litige n'a ni pour effet, ni pour objet de séparer les membres de la famille. M. E ne démontre pas que la cellule familiale, composée de sa compagne et de leurs deux enfants, ne pourrait pas être reconstituée au Pérou, pays dont le requérant à la nationalité. Ses enfants, nés en 2011 et 2016, étaient scolarisés en école primaire et en école maternelle à la date de la décision contestée, et ont la possibilité d'accompagner leur père dans le cadre d'un retour dans leur pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 et de l'article 16 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.

11. D'autre part, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations des paragraphes 2 et 3 de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Enfin, la décision en litige portant refus de titre de séjour ne met pas en œuvre le droit de l'Union. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'elle méconnaîtrait l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne est inopérant. Ces moyens doivent donc être écartés.

12. En cinquième lieu, M. E ne saurait utilement invoquer les stipulations de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant qui sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers.

13. En sixième lieu, aux termes du 13ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : " La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture () ".

14. M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaîtrait le droit à l'éducation prévu par le Préambule de la Constitution dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ses enfants respectivement scolarisés en école primaire et en école maternelle à la date de la décision en litige, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. Par suite, ce moyen doit également être écarté.

15. Enfin en dernier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. E.

Sur la décision fixant le pays de destination :

16. La décision en litige vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 721-3 qui constitue le fondement en droit de la décision fixant le pays de destination, ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, l'arrêté en litige fait état de la nationalité péruvienne du requérant, permettant ainsi d'identifier le Pérou comme pays d'origine et, partant, pays de destination. La décision précise, en outre, que M. D E n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision fixant le pays de destination est suffisamment motivée, en droit et en fait, et le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Marcisieux, conseillère,

Mme Topsi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M.-R. MARCISIEUX

Le président,

Signé

O. GUISERIX La greffière,

Signé

S. PROSPER

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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