jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201252 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP MARIEMA - BOUCHET & BOUCHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 septembre 2022 et le 10 octobre 2022, Mme D H, M. P J, M. F C, M. M B, Mme O K, M. L A, M. E N et Mme I Q, représentés par Me Bouchet, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Cayenne a délivré un permis de construire à la société civile de construction vente (SCCV) Villa Bourda en vue de la construction d'une résidence composée de 17 logements, ensemble la décision intervenue le 10 novembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Cayenne a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cayenne la somme de 3 000 euros à verser à chacun d'eux, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- eu égard au début des travaux de construction et au caractère irréversible de la construction à venir, ils sont contraints d'engager une procédure de référé afin de solliciter la suspension de l'exécution du permis de construire litigieux ;
- en leur qualité de copropriétaires au sein d'une résidence " La villa Bourda " située sur la parcelle cadastrée section BM n° 742, ils justifient tous de la qualité de voisin immédiat du projet de construction, laquelle leur donne un intérêt à agir ; le projet en litige est d'une dimension importante dans une zone quasi-essentiellement pavillonnaire ; l'un des arguments du promoteur immobilier, lors de la vente, consistait à leur assurer une certaine tranquillité de voisinage en spécifiant qu'aucun projet de construction n'était prévu sur les parcelles BM n° 743 et 744 ; alors qu'ils possèdent actuellement une vue sur des terrains arborés et vierges de construction leur assurant un ensoleillement matinal grâce à l'orientation Est et une ventilation nécessaire des logements de cette résidence bioclimatique, ils possèderont une vue directe sur les futurs bâtiments collectifs implantés en limite séparative de leur terrain, ce qui provoquera une perte de valeur vénale de leurs biens ; le projet litigieux, qui fixe l'implantation du bâtiment E en limite de l'actuelle station de traitement des eaux usées de la résidence Villa Bourda, en méconnaissance de toute règle de distance minimale, est susceptible de fragiliser ce dispositif de traitement des eaux ; le projet est de nature à constituer un empiètement illégal sur le terrain de la copropriété de la résidence Villa Bourda dès lors qu'il prévoit un accès depuis la route de Bourda via une voie de desserte implantée sur la parcelle BM n° 742 sur laquelle est située la Résidence Villa Bourda alors qu'aucune servitude de passage tendant à permettre un accès sur les parcelles BM n° 743 et 744 n'a été octroyée par les copropriétaires de cette résidence ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux ont débuté au cours de l'été 2022 par l'abattage des arbres sur le terrain d'assiette du projet, le piquetage du terrain et la réalisation de tranchées ; en septembre 2022, le terrain est en cours de terrassement bien qu'aucun panneau d'ouverture de chantier n'ait été apposé ;
- les moyens tirés des vices de procédure tirés, d'une part, du défaut d'avis de la communauté d'agglomération du centre littoral (CACL) sur le rejet des eaux usées et des eaux pluviales et, d'autre part, de l'irrégularité des avis des architectes des bâtiments de France (ABF) et du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), de la méconnaissance des articles R. 111-2, R. 431-5, R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme, de la méconnaissance de l'article A des dispositions générales applicables aux zones urbaines du PLU applicable à la commune de Cayenne, de la méconnaissance des dispositions des articles UD4, UD6 et UD7 du PLU applicable à la commune de Cayenne et de l'absence de vérification de l'existence d'un titre permettant de créer un accès via la parcelle BM 742 sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux ;
- le mémoire en défense de la commune de Cayenne est irrecevable pour avoir été signé par le responsable du service des affaires juridiques de la commune, qui ne justifie pas d'une délégation de signature ni d'un mandat de représentation de la commune en justice, laquelle ne peut être représentée que par son maire en exercice.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2022, la commune de Cayenne conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité du permis de construire contesté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 janvier 2022 sous le numéro 2200017 par laquelle Mme H et autres demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif, à l'exception des installations d'assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 ;
- le plan local d'urbanisme applicable à la commune de Cayenne ;
- le plan de prévention des risques de mouvements de terrain de l'Île de Cayenne approuvé par arrêté préfectoral du 15 novembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Metellus, greffière d'audience, M. G a lu son rapport et entendu :
- les observations orales de Me Moraga-Rojel, substituant Me Bouchet, représentant les requérants, qui souligne l'intérêt à agir de ceux-ci comme occupants de la parcelle BM 742, relève que l'urgence est acquise dès lors que des travaux de préparation du terrain ont commencé et revient sur les moyens propres, selon elle, à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire en cause.
La commune de Cayenne et la SCCV la Villa de Bourda n'étant ni présentes, ni représentées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, Mme H et autres demandent que soit suspendue l'exécution de l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Cayenne a délivré un permis de construire à la société civile de construction vente Villa Bourda en vue de la construction d'une résidence composée de 17 logements, ensemble la décision intervenue le 10 novembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Cayenne a rejeté leur recours gracieux.
En ce qui concerne l'urgence :
3. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible et, par suite, lorsque la suspension d'un permis de construire ou d'une décision de non-opposition à déclaration préalable est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
5. Il ressort des pièces du dossier que la préparation du chantier de la construction nouvelle envisagée a débuté. Ni la société civile La Villa de Bourda, ni la commune de Cayenne ne justifient ni même n'allèguent de circonstances particulières tenant, notamment, à l'intérêt s'attachant à ce que la construction soit édifiée sans délai, de nature à justifier la poursuite des travaux. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que les travaux seraient achevés. Dans ces conditions, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier côté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées (). / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder () ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. D'une part, les requérants soutiennent que la notice architecturale ne précise pas les plantations à conserver ou à créer sur la parcelle et que le dossier ne permet pas de savoir si les quelques arbres remarquables qui jalonnent le terrain (principalement des amandiers) seront maintenus ou supprimés, ni de savoir si des plantations nouvelles sont prévues et, le cas échéant, de quelle essence seraient les plantations créées, alors qu'aucune autre pièce du dossier de PC ne pallie cette carence, les arbres matérialisés aux abords des places de parking situés sur la parcelle BM n° 745, rue Jacob Le Maire, ne faisant pas partie du terrain d'assiette du projet litigieux. S'il ressort des pièces du dossier que figuraient dans le dossier de demande de permis de construire des documents graphiques, notamment un plan de masse et une présentation du projet en trois dimension faisant apparaître les constructions prévues, aucun des documents du dossier de demande de permis de construire ne faisait état, sur les parcelles assiette du projet, des plantations supprimées, à conserver ou à créer. Bien que la notice descriptive mentionne que " les espaces libres seront végétalisés et plantés ", d'une part, et que la commune de Cayenne indique que le traitement végétal est pris en compte dans le projet du pétitionnaire, lequel prévoit 940,26 m² d'espaces verts hors stationnement ainsi qu'un espace vert collectif d'un seul tenant de 126 m², d'autre part, les plantations à conserver ou à créer ne ressortent d'aucun plan figurant au dossier de demande de permis de construire.
9. D'autre part, les requérants soutiennent que si le plan de masse matérialise une voie d'accès sur l'emprise de la parcelle BM n° 742, celui-ci n'indique pas l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'accéder au projet via cet accès, laquelle servitude est inexistante. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse projeté que le projet prévoit une voie d'accès via la rue Jacob Le Maire, située sur la parcelle BM 745 ainsi qu'une voie d'accès via la parcelle BM 742, assiette de la copropriété des requérants. La notice architecturale du projet indique également que " l'accès au parking des logements collectifs se fait par la résidence voisine " La Villa Bourda " " et que " les villas jumelées auront leur propre accès individuel ". Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une servitude de passage aurait été demandée par le pétitionnaire et accordée par les propriétaires du fonds voisin cadastré BM 742.
10. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire contesté.
11. En deuxième lieu, aux termes du point 1 de l'article A du titre II du plan local d'urbanisme (PLU) applicable à la commune de Cayenne : " 1 -Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins. / 2 - Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à n'apporter aucune gêne à la circulation publique. / 3 - Les caractéristiques des accès et des voies publiques ou privées doivent répondre à l'importance et à la destination des immeubles à desservir. / 4 - Les accès doivent présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité. Ils ne doivent pas présenter de risques pour les usagers, être adaptés à l'opération. Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, stationnement. / 5 - Lorsque le terrain est riverain de deux voies publiques ou plus, l'accès présentant une gêne ou un risque pour la circulation peut être interdit sur certaines voies ". Aux termes du point 2 de ce même article : " 1 - La destination et l'importance des constructions ou installations doivent être compatibles avec la capacité de la voirie publique ou privée qui les dessert. / - 2 En cas d'accès existants desservant de nouvelles opérations, ces derniers ne doivent pas présenter une largeur inférieure à 4 mètres. () A partir de 10 logements, l'emprise minimale de la voie de desserte en double sens ne peut être inférieure à 10 mètres. / 3 - En cas de création d'un nouvel accès desservant une nouvelle opération, les voies disposeront d'une largeur de chaussée minimale de 6 mètres pour les voies à double sens et de 4 mètres pour les voies à sens unique. Elles intégreront une emprise nécessaire à la création de trottoir ou de passage sécurisé pour les piétons, accessibles aux personnes handicapées () ".
12. D'une part, il résulte des dispositions précitées que l'emprise minimale d'une voie de desserte en double sens des accès existants, qui dessert cette nouvelle opération comprenant au moins 10 logements, ne peut être inférieure à 10 mètres. Il est constant que le projet litigieux comprend 17 logements. L'accès prévu via la rue Jacob Le Maire est déjà existant. Le projet prévoit, une voie de desserte en double sens sur cet accès. La commune de Cayenne fait valoir que la voie existante présente une largeur de 5 mètres et que la voie créée fait une largeur totale de 15,50 mètres. Aucune des pièces de la demande de permis de construire ne précise toutefois la largeur de l'emprise de la voie de desserte en double sens prévue sur la rue Jacob Le Maire. Le dossier de demande de permis de construire ne contient, par ailleurs, aucune indication quant à la largeur de l'accès via la parcelle BM 742.
13. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article 7 du PLU applicable à la commune de Cayenne prévoit que " L'accès correspond à l'espace () par lequel les véhicules et les piétons pénètrent sur le terrain d'assiette du projet ". Le PLU prévoit que " en cas de création d'un nouvel accès desservant une nouvelle opération, les voies disposeront d'une largeur de chaussée minimale de 6 mètres pour les voies à double sens ". Il ressort du plan de masse projeté que les voies intérieures du projet sont à double sens. Toutefois, la notice architecturale indique que les voies intérieures auront pour largeur 5 mètres.
14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article A précité des dispositions générales applicables aux zones urbaines du PLU est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire contesté.
15. En troisième lieu, termes de l'article UD4 du PLU : " 1 / Implantation par rapport aux voies et emprises publiques : / 1 - Les constructions devront s'implanter en respectant un recul de 3 mètres minimum par rapport à l'alignement des voies publiques ou privées, ou de la limite d'emprise publique qui s'y substitue. Cette règle ne s'applique pas pour les annexes ou l'implantation est libre. / 2 - Les extensions dans la continuité de l'existant sont autorisées. / () 4 - Les constructions devront s'implanter en respectant un recul minimal de 5 mètres par rapport à la limite de l'emprise réservée aux canaux () / 2 / Implantation par rapport aux limites séparatives : / 1 - L'implantation des constructions se fera : / soit en limite séparative ; / soit en retrait de la limite séparative, de telle manière que la distance horizontale de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative soit au moins égale à la moitié de la hauteur de ce bâtiment mesurée à l'égout du toit sans jamais être inférieure à 3 mètres () ".
16. Eu égard aux plans des façades des bâtiments D et E figurant au sein du dossier de demande de permis de construire, et notamment le placement des façades nord et sud des bâtiments D et F figurant sur les lignes de démarcation des limites séparatives avec, au nord, la parcelle BM 745 et au sud, la parcelle BM 742, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD4 du PLU applicable à la commune de Cayenne est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD6 du PLU : " 1 - Au moins 30 % de la superficie de la parcelle ou de l'unité foncière devra être préservée en pleine terre sans surplomb (hors stationnement) et plantés d'essences végétales locales. / 2 - Pour les opérations d'ensemble de plus de 1 000 m² de surface de plancher destinée à l'habitation créée ou réalisable dans le cas des lotissements, il sera aménagé un espace collectif planté et équipé d'un seul tenant. Cet espace, affecté en aire de jeux, de sport ou de loisirs, devra être en adéquation avec l'importance du programme au sein duquel il s'inscrit. Sa superficie de ne sera pas inférieure à 10 % de celle du terrain aménagé ".
18. Le projet litigieux présente une surface de plancher de 1 282 m². Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le projet aurait prévu un espace collectif conforme aux prescriptions de l'article UD6 précité, en dépit d'une demande faite par la commune de Cayenne en ce sens, par courrier du 29 avril 2021. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD6 du PLU est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
19. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD7 du PLU : " 1 - Les parcs de stationnement non couverts sont autorisés sous condition qu'ils soient plantés à raison d'un arbre de haute tige pour 4 places () ". Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courrier du 29 avril 2021 adressé par la commune de Cayenne à la SCCV La villa de Bourda que la commune demandait au pétitionnaire de rendre son projet compatible notamment à l'article UD7 du PLU communal. Toutefois, les plans de masse produits dans le dossier de demande de permis de construire ne font apparaître aucune plantation d'arbres, et au surplus, d'arbres à haute tige, sur l'ensemble des parcs de stationnement non couverts situés sur les parcelles BM 743 et BM 744, assiettes du projet litigieux. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD7 du PLU est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
20. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au tribunal, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension de l'arrêté du 13 juillet 2021.
21. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêt du 13 juillet 2021 par laquelle le maire de Cayenne a accordé un permis de construire à la SCCV La Villa de Bourda, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
22. En tout état de cause, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme H et autres, qui ne sont pas les parties perdantes dans le cadre de la présente instance, la somme demandée par la commune de Cayenne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Cayenne la somme globale de 2 000 euros à verser aux requérants sur ce même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 13 juillet 2021 par laquelle le maire de Cayenne a accordé un permis de construire à la SCCV La Villa de Bourda est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 2 : La commune de Cayenne versera à Mme H et autres la somme globale de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Cayenne tendant au versement des frais d'instance sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D H, M. P J, M. F C, M. M B, Mme O K, M. L A, M. E N, Mme I Q, à la commune de Cayenne et à la société civile de construction-vente La villa Bourda.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le juge des référés
Signé
L. G
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026