jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PIALOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2022, Mme F C D, représentée par Me Pialou, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre, avant dire droit, au préfet de la Guyane, ou à défaut, au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de produire à l'instance l'entier dossier de son rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'OFII ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 avril 2022 par lequel le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel elle pourra être éloignée ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Guyane de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Guyane, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence ;
- les décisions portant rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet de la Guyane n'établit pas que l'avis du collège de médecins, prévu par l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aurait été émis, que les médecins ayant siégé au sein de ce collège ont été régulièrement nommés par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que le médecin rapporteur n'ait pas siégé au sein de ce collège et que ledit avis est bien issu d'une délibération collégiale ;
- la décision portant rejet de sa demande de renouvellement de sa demande de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, par voie de conséquence, du fait de l'illégalité de la décision portant rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations, enregistrées le 19 mars 2024.
Mme C D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gillmann a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, ressortissante brésilienne née en 1982, est entrée irrégulièrement en France le 6 décembre 2014. L'intéressée a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 27 juin 2018 au 26 juin 2021. Par un arrêté du 6 avril 2022, le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel elle pourra être éloignée. Par la présente requête, Mme C D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. L'arrêté contesté a été signé par Mme E, cheffe de bureau de l'éloignement et du contentieux, qui disposait, en vertu de l'article 2 n° R03-2022-02-07-00007 du 7 février 2022, régulièrement publié, d'une subdélégation de M. A, directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles, en cas d'absence ou d'empêchement de M. B à l'effet de signer les décisions relevant des attributions du bureau de l'éloignement et du contentieux. Il n'est pas établi que M. B n'était pas absent ou empêché et M. A disposait d'une délégation du préfet de la Guyane prévue par l'article 1er de l'arrêté n° R03-2022-01-19-00011 du 19 janvier 2022, régulièrement publié, dont l'article 4 vise notamment, au sein du sous-titre " en matière d'éloignement et de contentieux ", les arrêtés portant obligation de quitter le territoire avec délai et les refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant rejet de la demande de renouvellement de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé () ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Selon l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Guyane a pris sa décision au regard de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) rendu le 24 janvier 2022. Il ressort également des pièces du dossier que les trois médecins composant ce collège ont été régulièrement désignés par une décision du 1er octobre 2021 du directeur général de l'OFII et que le médecin de l'Office, auteur du rapport au vu duquel l'avis a été rendu, n'a pas siégé au sein du collège. Par ailleurs, l'avis du collège de médecins porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, et est revêtu de la signature des trois médecins composant le collège. La requérante ne se prévaut d'aucun élément précis susceptible de renverser la présomption de caractère collégial de l'avis ainsi émis. Dans ces conditions, le moyen tiré l'irrégularité de la procédure suivie devant l'OFII doit être écarté en toutes ses branches.
6. En deuxième lieu, s'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège de médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
7. Le préfet de la Guyane s'est approprié le sens de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émis le 24 janvier 2022 qu'il a produit, selon lequel si l'état de santé de Mme C D nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, l'intéressée pourrait bénéficier effectivement d'un traitement appropriée et pourrait voyager sans risque.
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux confidentiels à destination du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration établis par le médecin généraliste de Mme C D, un endocrinologue et une dermatologue, que l'intéressée souffre d'un lupus avec fibrose pulmonaire évoluée, d'une hypothyroïdie laissant penser à une thyroïdite lymphocytaire de Hashimoto et des affectations pulmonaires interstitielles avec fibrose. Il ressort également du rapport médical du 14 décembre 2021 que Mme C D est oxygéno-dépendante et qu'elle suit un traitement basé notamment sur une oxygénothérapie en continue, sur la prise de Levothyrox 150 et de Cellcept. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée est suivie depuis au moins 2015 à Cayenne. Pour contester l'appréciation du préfet de la Guyane, qui a retenu qu'elle pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, la requérante soutient que le système de santé brésilien n'est pas en mesure d'assurer la continuité des soins pour les patients souffrant d'affections chroniques, qu'il est difficile d'accéder à des soins pour les porteurs du lupus, que l'oxygénothérapie n'est pas un traitement inclus dans le système unifié de santé, qu'elle sera contrainte de saisir la justice de son Etat, le Maranhão, afin de solliciter une aide d'urgence et que ses capacités financières ne lui permettront d'accéder aux bouteilles d'oxygène d'une capacité d'1m3. Toutefois, il ressort des observations produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, non contestées par la requérante, que, d'une part, selon les données de la base MedCOI, l'oxygénothérapie est disponible au Brésil, à l'hôpital et à domicile, que la L-thyroxine qu'elle prend sur le plan thyroïdien et le Mycophénolate mofétil, ainsi que le prednisone sont accessibles dans la région de Rio de Janeiro et, d'autre part, qu'elle peut être suivie en endocrinologie, médecine interne et en pneumologie dans cette même ville. En outre, les articles de presse à caractère général, études et rapports scientifiques qu'elle produit afin d'illustrer les inégalités dans le système d'accès aux soins au Brésil, notamment pour les maladies auto-immunes, décrivent les problèmes d'accessibilité aux traitements dans l'Etat du Maranhão mais ne contredisent pas le préfet sur la disponibilité des traitements dans le reste du pays. Dès lors, Mme C D n'établit pas que le Brésil ne comporterait pas d'infrastructures sanitaires susceptibles d'assurer sa prise en charge médicale. Enfin, l'intéressée n'établit pas non plus, par les pièces qu'elle produit, qu'elle ne disposerait pas des capacités financières suffisantes pour suivre son traitement dans son pays d'origine. Par suite, Mme C D, alors même qu'elle s'était vue précédemment délivrer une carte de séjour pluriannuelle en raison de son état de santé, n'établit pas que les décisions rejetant sa demande de renouvellement de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et seraient entachées d'une erreur d'appréciation au regard de son état de santé. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Mme C soutient qu'elle vit de manière continue en Guyane depuis 2014, qu'elle s'est mariée le 25 avril 2022 avec un compatriote en situation régulière avec lequel elle vit depuis plusieurs années, que le couple s'occupe de son fils, né en 2004 et entré en France en 2018, qu'elle a un taux d'incapacité de 80 % et qu'elle ne peut pas travailler. Si Mme C D justifie résider sur le territoire français depuis 2014 et de la circonstance qu'elle a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 27 juin 2018 au 26 juin 2021, la délivrance de ce titre ne lui confère aucun droit à se maintenir durablement en France et, ainsi qu'il a été dit au point 8, l'intéressée n'établit pas que le traitement médical approprié à son état de santé ne serait pas disponible, compte tenu des inégalités dans l'accès aux soins, au Brésil. Si elle indique vivre en concubinage depuis plusieurs années avec M. G, ouvrier orpailleur au sein de la SARL compagnie minière Jota et titulaire d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 28 septembre 2022, elle n'apporte aucun élément de nature à démontrer la réalité et l'intensité de sa relation sentimentale avec lui, ainsi qu'une vie commune, le mariage contracté le 25 avril 2022 étant postérieur à l'édiction de l'arrêté en litige. Par ailleurs, elle n'établit pas que son fils, né au Brésil en 2004, serait présent à ses côtés, ni que le couple s'occuperait de lui. Au demeurant, la requérante ne fait état d'aucune circonstance faisant obstacle à ce qu'elle poursuive sa vie privée et familiale dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie et où réside son deuxième enfant. Dans ces conditions, alors même qu'elle bénéficie, à la date de l'arrêté contesté, du bénéfice de l'allocation aux adultes handicapées pour la période du 1er mai 2018 au 30 avril 2023 en raison d'un taux d'incapacité supérieur à 80 %, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, il en va de même s'agissant du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du préfet dans son appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle de Mme C D.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant rejet de la demande de renouvellement de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme C D ne peut se prévaloir, par voie de conséquence, de l'illégalité de cette dernière décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
13. Compte tenu des circonstances exposées au point 8, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 10, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. De tels moyens doivent donc être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 avril 2022 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C D, au préfet de la Guyane et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. GILLMANN
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026