jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 21 et 25 octobre 2022 et 6 février 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, révélée par les courriels des 27 octobre et 8 novembre 2021, par laquelle le directeur du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a rejeté comme irrecevable sa demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin présentée sur le fondement du B du paragraphe IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007, ensemble la décision implicite de rejet née le 3 août 2022 du silence gardé sur son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au CNG de réexaminer sa demande et de prendre une nouvelle décision, après avis de la commission prévue à l'article L.411-2 du code de la santé publique, dans un délai de trois mois ;
3°) de mettre à la charge du CNG la somme de 2.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative
M. B soutient que les dispositions de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 dans leur rédaction postérieure à la décision n° 2020-890 du 19 mars 2021 du conseil constitutionnel ont été méconnues dès lorsqu'il peut être regardé comme ayant travaillé au moins une journée dans un établissement de santé pour la période du 1er octobre 2018 au 30 juin 2019.
La requête a été communiquée le 26 octobre 2022 au Centre National de Gestion des Praticiens Hospitaliers, qui n'a pas produit d'observations.
La clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 ;
- le décret n° 2020-1017 du 7 août 2020 ;
- le décret n° 2007-704 du 4 mai 2007 ;
- l'arrêté du 1er juin 2021 du ministre des solidarités et de la santé prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire :
- la décision n° 2020-890 QPC du 19 mars 2021 du Conseil constitutionnel ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau,
- les conclusions de M. Hegesippe,
- et les observations de M. B, le Centre National de Gestion des Praticiens Hospitaliers et l'Agence Régionale de Santé n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire d'un doctorat en médecine générale délivré le 18 mai 2015 en Côte d'Ivoire et d'un master en santé au travail délivré en décembre 2019 par l'université de Paris XIII, M. B, alors affecté depuis le 1er mai 2021en qualité de praticien attaché associé au service de médecine du travail du centre hospitalier de l'Ouest Guyanais, a déposé, le 30 mai suivant une demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin sur le fondement du B du paragraphe IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007. Il conteste, d'une part, la décision, révélée par les courriels des 27 octobre et 8 novembre 2021, par laquelle le directeur du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a rejeté sa demande comme irrecevable, d'autre part, la décision implicite de rejet née le 3 août 2022 du silence gardé sur son recours gracieux.
2. En vertu du 23° de l'article 2 du décret du 4 mai 2007 relatif à l'organisation et au fonctionnement du CNG, le directeur général du CNG est chargé, en qualité d'autorité investie du pouvoir de nomination et au nom du ministre chargé de la santé, de la délivrance des autorisations d'exercice en application notamment du IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006.
3. Le B du IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006, dans sa rédaction issue des lois du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé et du 17 juin 2020 relative à diverses dispositions liées à la crise sanitaire, à d'autres mesures urgentes ainsi qu'au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, a prévu un dispositif spécifique d'accès à la profession de médecin dans les termes suivants : " () les médecins titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un Etat non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen (), présents dans un établissement de santé mentionné à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique entre le 1er octobre 2018 et le 30 juin 2019 et ayant exercé des fonctions rémunérées, en tant que professionnel de santé, pendant au moins deux ans en équivalent temps plein depuis le 1er janvier 2015 se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'un dossier de demande d'autorisation d'exercice avant le 30 juin 2021 () ". . Par sa décision n° 2020-890 QPC du 19 mars 2021, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les mots " de santé mentionné à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique " figurant dans ces dispositions pour méconnaissance du principe d'égalité devant la loi, au motif que, au regard de la diversité des professions de santé dont l'exercice est requis pour bénéficier du dispositif prévu par la loi, la circonstance que l'une de ces professions soit exercée au sein d'un établissement de santé ou au sein d'un établissement social ou médico-social ne permet pas de rendre compte d'une différence de situation pertinente au regard de l'objet de la loi. La déclaration d'inconstitutionnalité ainsi prononcée, qui a pris effet à la date de sa publication, le 19 mars 2021, est applicable aux affaires non jugées définitivement à cette date.
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 7 août 2020 pris pour l'application du IV et du V de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006, dans sa rédaction issue de ce décret : " Peuvent déposer un dossier de demande d'autorisation d'exercice au titre des dispositions du B du IV () de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée, les candidats à l'autorisation d'exercer la profession de médecin () qui remplissent les conditions suivantes : 1° Etre titulaire d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un Etat non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen () ; 2° Avoir exercé sur le territoire national pendant au moins deux ans en équivalent temps plein entre le 1er janvier 2015 et le 30 juin 2021 des fonctions rémunérées au titre des professions de santé mentionnées à la quatrième partie du code de la santé publique. () Ces fonctions doivent avoir été exercées dans un établissement de santé public, privé d'intérêt collectif ou privé ". Par une décision n° 445041 du 12 mai 2021, le Conseil d'Etat a annulé les dispositions selon lesquelles : " Ces fonctions doivent avoir été exercées dans un établissement de santé public, privé d'intérêt collectif ou privé ", prises pour l'application de dispositions législatives contraires à la Constitution.
5. Aux termes de l'article 17 de l'arrêté du 1er juin 2021 du ministre des solidarités et de la santé prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire : " Les médecins, () titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un Etat non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen () présents dans un établissement de santé, un établissement social ou un établissement médico-social entre le 1er octobre 2018 et le 30 juin 2019 et ayant exercé des fonctions rémunérées, en tant que professionnel de santé, pendant au moins deux ans en équivalent temps plein depuis le 1er janvier 2015 se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'une demande d'autorisation d'exercice avant le 30 octobre 2021 ". Par une décision n° 461396 du 31 mars 2023, le Conseil d'Etat a annulé la décision implicite par laquelle le ministre des solidarités et de la santé a refusé d'abroger les dispositions précitées en tant qu'elles conditionnent la possibilité de délivrance d'une attestation permettant un exercice temporaire à la présence dans un établissement de santé, un établissement social ou un établissement médico-social, à l'exclusion d'autres environnements professionnels, puis a enjoint au ministre d'abroger ces dispositions dans un délai d'un mois.
6. Du 1er mars au 31 juillet 2019, M. B a participé à la mise en place d'une banque de données et à la permanence mensuelle médico-légale au sein de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante. Pour rejeter sa demande comme irrecevable, l'administration a estimé que la condition d'exercice de son activité pendant au moins une journée dans un établissement de santé durant la période du 1er octobre 2018 au 30 juin 2019 n'était pas remplie, dès lors que l'association ne pouvait être regardée ni comme un établissement de santé, ni comme un établissement social. Elle a ainsi entendu opposer les dispositions précitées des articles 83 de la loi du 21 décembre 2006, 1er du décret du 7 août 2020 et 17 de l'arrêté du 1er juin 2021 subordonnant la possibilité de délivrance d'une attestation permettant un exercice temporaire à la présence dans un établissement de santé, un établissement social ou un établissement médico-social, à l'exclusion d'autres environnements professionnels. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 5, que les décisions contestées sont privées de base légale. Dès lors, M. B est fondé à en demander l'annulation.
7. Ainsi que le mentionne l'ordonnance n° 472944 rendue le 26 avril 2023 par le juge des référés du Conseil d'Etat, la situation de l'ensemble des praticiens relevant de ce dispositif dérogatoire ad hoc pourra, en cas d'annulation contentieuse des décisions de refus d'autorisation d'exercice opposées au regard de la condition tenant à la nature de l'établissement, être réexaminée après la date du 30 avril 2023, la commission nationale d'autorisation chargée d'instruire les demandes d'autorisation d'exercice de droit commun étant en mesure de se réunir postérieurement à cette date pour statuer sur ces demandes, en dépit de la dissolution au 31 décembre 2022 des commissions régionales qui en assuraient l'instruction préalable. Il y a lieu, en l'espèce, sur le fondement des dispositions de l'article L.911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de la santé et de la prévention de faire procéder à l'examen de la demande de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
8. En l'absence de recours au ministère d'un avocat et de justification des frais exposés pour la présente instance, les conclusions du requérant tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : La décision, révélée par les courriels des 27 octobre et 8 novembre 2021, par laquelle le directeur du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a rejeté comme irrecevable la demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin présentée par M. B sur le fondement du B du IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007 ainsi que la décision implicite de rejet née le 3 août 2022 du silence gardé sur son recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de la santé et de la prévention de faire procéder à l'examen de la demande de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière et au ministre de la santé et de la prévention.
Une copie en sera adressée à l'Agence Régionale de Santé de Guyane.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. PAUILLAC
La République mande et ordonne au ministre de de la santé et de la prévention
en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026