lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201562 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ROZENBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Rozenberg, doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le préfet de la Guyane a décidé de sa reconduite à la frontière en fixant son pays d'origine pour destination de renvoi ou tout autre pays susceptible de l'accueillir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation et, à défaut, d'enjoindre à l'administration de prendre toutes les mesures nécessaires pour organiser, dans les meilleurs délais et aux frais de l'Etat, son retour dans son pays d'origine.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors, en premier lieu, qu'il fait actuellement l'objet d'une mesure de placement en rétention, en deuxième lieu, que la mesure prononcée à son encontre est susceptible d'être exécutée à tout moment et, en dernier lieu, qu'il ne dispose pas d'une autre voie de recours à caractère suspensif ;
- l'exécution de l'arrêté litigieux serait constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale, en premier lieu, à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants et, en second lieu, à son droit de mener une vie privée et familiale normale.
La requête a été communiquée au préfet de la Guyane qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 31 octobre 2022 à 09 heures 30, en présence de Mme Metellus, greffière d'audience, M. D, statuant en qualité de juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Rozenberg, représentant M. C ;
- et celles de M. C, assisté et interprété par M. A.
Le préfet de la Guyane n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ".
3. M. C, ressortissant guyanien né en 1983, est entré sur le territoire français en l'an 2000 d'après ses déclarations. L'intéressé a été condamné le 24 septembre 2021 à la peine correctionnelle de six mois d'emprisonnement pour des faits de détention, d'offre ou cession de stupéfiants et pour des faits de détention d'arme, de munition ou de leurs éléments. En complément, l'intéressé s'est vu infliger une interdiction de détenir ou de porter une arme pendant 5 ans ainsi qu'une interdiction de territoire français pendant 1 an. Par un arrêté du 9 février 2022, pris pour anticiper la libération de l'intéressé, le préfet de la Guyane a ordonné sa reconduite à la frontière tout en fixant le pays de destination. Par la présente instance, M. C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la procédure de reconduite à la frontière mise en œuvre à son encontre.
4. Pour obtenir qu'il soit fait droit à ses prétentions, M. C se prévaut des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Or, en premier lieu, il n'est nullement démontré que le renvoi de l'intéressé au Guyana l'exposerait à un risque de traitements inhumains ou dégradants. En effet, si l'intéressé se prévaut de son état de santé et justifie, pour les besoins de la cause, d'un certificat médical témoignant de sa pathologie, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ne serait pas en mesure de bénéficier d'un traitement dans son pays d'origine. Plus encore, l'intéressé, qui malgré ses allégations ne justifie pas à l'instance de l'obtention par le passé d'un titre de séjour sur le fondement de sa pathologie, admet à l'audience publique qu'elle a été découverte sur le territoire national de sorte que l'indisponibilité des soins comme le caractère inaccessible de ceux-ci au Guyana ne sauraient être retenus. En tout état de cause, le caractère inhumain ou dégradant de la décision litigieuse ne saurait être caractérisé par l'absence d'équivalence entre les soins offerts au Guyana et ceux offerts en France ou en Europe. En second lieu, l'ancienneté, l'intensité et la stabilité des liens de M. C avec le territoire français ne résultent pas de l'instruction. Dans ces conditions, l'exécution de l'arrêté litigieux, lequel a été pris pour tirer les conséquences de l'interdiction pénalement prononcée le 24 septembre 2021, ne peut être regardée comme constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de M. C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au préfet de la Guyane.
Copie pour information sera adressée à la Cimade et au service territorial de la police aux frontières.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 31 octobre 2022.
Le juge des référés,
Signé
D. HEGESIPPE
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026