jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PAGE JULIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2022, Mme D B, représentée par Me Cacciapaglia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la collectivité territoriale de la Guyane a suspendu son agrément d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre à la collectivité territoriale de la Guyane de rétablir son agrément dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de
100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la collectivité territoriale de la Guyane la somme de
1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente pour ce faire, en l'absence de délégation régulièrement publiée ou affichée ;
- elle est entachée de trois vices de procédure car :
- elle a été prise en méconnaissance de l'article R. 421-24 du A, en l'absence d'information de la commission consultative paritaire départementale ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe général de respect des droits de la défense, de l'article 1er du décret n°886145 du 15 février 1988 et de l'article 65 de la loi du
22 avril 1905 puisqu'elle n'a pu accéder à son dossier administratif ;
- elle a été prise sans information du juge des enfants compétent, en méconnaissance de l'article L. 223-3 du A ;
- elle est dépourvue de motivation en fait, en l'absence d'énonciation d'aucun élément factuel et en l'absence de motivation de la condition d'urgence et d'indication de l'identité du mineur qui a dénoncé des faits ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L.421-6 du code de l'action sociale et des familles ;
- c'est au motif que la collectivité était elle-même dans l'illégalité pour lui avoir confié un nombre d'enfants excédant son agrément qu'elle a retiré les enfants qu'elle lui avait confiés ;
- la décision attaquée n'est fondée sur aucun élément de fait.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 23 octobre 2023 et le 1er octobre 2024, la collectivité territoriale de la Guyane, représentée par Me Page, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 ;
- le décret n°886145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- et les observations de Me Page, représentant la Collectivité territoriale de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été agréée le 3 novembre 2017 pour cinq ans par la Collectivité territoriale de la Guyane (CTG) pour accueillir à son domicile un mineur ou un majeur de moins de 21 ans, en qualité d'assistante familiale. Cet agrément a été étendu le 12 octobre 2018 au nombre de deux enfants accueillis. Mme B a parallèlement conclu en décembre 2017 un contrat à durée indéterminée avec la CTG pour accueillir à son domicile un mineur ou un majeur de moins de 21 ans. Le 21 septembre 2022, la CTG a convoqué Mme B à un entretien en vue de la suspension de son agrément d'assistante familiale. Par une décision du
21 octobre 2022, la CTG a suspendu à titre temporaire l'agrément d'assistante familiale de
Mme B pour une durée de 4 mois. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur le droit applicable :
2. Aux termes de l'article L. 421-2 du code de l'action sociale et des familles (A) :
" L'assistant familial est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon permanente des mineurs et des jeunes majeurs de moins de vingt et un ans à son domicile. Son activité s'insère dans un dispositif de protection de l'enfance, un dispositif médico-social ou un service d'accueil familial thérapeutique. Il exerce sa profession comme salarié de personnes morales de droit public ou de personnes morales de droit privé dans les conditions prévues par les dispositions du présent titre ainsi que par celles du chapitre III du présent livre, après avoir été agréé à cet effet. / L'assistant familial constitue, avec l'ensemble des personnes résidant à son domicile, une famille d'accueil ". En vertu de l'article L. 421-3 de ce code, l'agrément est accordé aux assistants familiaux si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne.
3. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président de la collectivité départementale de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis. Dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient, dans l'intérêt qui s'attache à la protection de l'enfance, de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux. Il peut procéder à la suspension de l'agrément lorsque ces éléments revêtent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et révèlent une situation d'urgence, ce dont il lui appartient le cas échéant de justifier en cas de contestation de cette mesure de suspension devant le juge administratif, sans que puisse y faire obstacle la circonstance qu'une procédure pénale serait engagée, à laquelle s'appliquent les dispositions de l'article 11 du code de procédure pénale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par
M. E C, directeur général des services de la collectivité territoriale de la Guyane, qui disposait d'une délégation pour ce faire en vertu d'un arrêté du président de la collectivité territoriale de Guyane du 14 février 2022. Ainsi qu'en justifie la collectivité territoriale de la Guyane, qui produit la preuve de sa publication, cet arrêté du 14 février 2022 a été régulièrement affiché. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du A : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. () ". Aux termes de l'article L. 421-8 du même code : " En cas de suspension de l'agrément, l'assistant maternel ou l'assistant familial relevant de la présente section est suspendu de ses fonctions par l'employeur pendant une période qui ne peut excéder quatre mois. Durant cette période, l'assistant maternel bénéficie d'une indemnité compensatrice qui ne peut être inférieure à un montant minimal fixé par décret. Durant la même période, l'assistant familial suspendu de ses fonctions bénéficie du maintien de sa rémunération, hors indemnités d'entretien et de fournitures. / En cas de retrait d'agrément, l'employeur est tenu de procéder au licenciement par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. () ". Il résulte des articles L. 421-6 et L. 423-8 du A que cette mesure de suspension, qui ne peut excéder quatre mois, constitue une mesure provisoire destinée à permettre de sauvegarder la santé, la sécurité et le bien-être des mineurs accueillis, durant les délais nécessaires notamment à la consultation de la commission consultative paritaire départementale et au respect du caractère contradictoire de la procédure, en vue, le cas échéant, d'une mesure de retrait ou de modification du contenu de l'agrément. Pendant la période de suspension de son agrément, l'assistant maternel ou familial employé par une personne morale de droit privé ou de droit public bénéficie d'une indemnité compensatrice. Le législateur a ainsi entendu, par ces dispositions, déterminer entièrement les règles de procédure auxquelles sont soumises ces mesures de suspension de l'agrément des assistants maternels ou familiaux, qui s'inscrivent dans le cadre de la modification ou du retrait éventuel de cet agrément, soumis à une procédure contradictoire préalable précisée à l'article R. 421-23 du même code.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-24 du A : " Le président du conseil départemental informe sans délai la commission consultative paritaire départementale de toute décision de suspension d'agrément prise en application de l'article L. 421-6. / La décision de suspension d'agrément fixe la durée pour laquelle elle est prise qui ne peut en aucun cas excéder une période de quatre mois ". A la supposer même établie, la méconnaissance de l'obligation d'information de la commission consultative paritaire départementale prévue par ces dispositions, qui ne peut intervenir que postérieurement à la décision de suspension d'agrément, est sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure tenant à l'absence d'information de cette commission est inopérant et ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905: " Tous les militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1-1 du décret du 15 février 1988 : " I. - Le dossier des agents mentionnés à l'article 1er doit comporter toutes les pièces intéressant leur situation administrative, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité. () ".
8. Cependant, il résulte des articles L. 421-6 et L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer entièrement les règles de procédure auxquelles sont soumises les mesures de suspension de l'agrément des assistants maternels, qui s'inscrivent dans le cadre de la modification ou du retrait éventuel de cet agrément, soumis à une procédure contradictoire préalable précisée à l'article R. 421-23 du même code. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure prévue par les articles 65 de la loi du 22 avril 1905 et 1-1 du décret du 15 février 1988 ne saurait utilement être invoqué à l'encontre d'une telle mesure. Ce moyen doit ainsi être écarté comme inopérant.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 223-3 du A : " () Lorsque le service départemental de l'aide sociale à l'enfance auquel est confié un enfant en application de l'article 375-3 du code civil envisage de modifier le lieu de placement de cet enfant, il en informe le juge compétent au moins un mois avant la mise en œuvre de sa décision. En cas d'urgence, le service informe le juge compétent dans un délai de quarante-huit heures à compter de la décision de modification du lieu de placement. Le service départemental de l'aide sociale à l'enfance justifie obligatoirement la décision de modification du lieu de placement. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que ce n'est pas le service départemental de l'aide sociale à l'enfance qui a décidé de modifier le lieu de placement des enfants placés chez
Mme B mais que c'est son agrément en tant qu'assistante familiale qui a été suspendu pour quatre mois, période durant laquelle, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 421-6 du A, aucun enfant ne pouvait plus lui être confié. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que le juge des enfants n'a pas été informé de la décision de modifier le lieu de placement des enfants placés et le moyen ne peut qu'être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° () constituent une mesure de police () ". En outre, selon l'article L. 421-6 du A : " () Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée () ". La décision par laquelle l'autorité administrative prononce la suspension de l'agrément d'un assistant maternel ou familial constitue une mesure de police administrative prise dans l'intérêt des enfants accueillis. Elle doit ainsi être motivée en vertu des dispositions spéciales de l'article L. 421-6 du A, et relève du champ d'application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
12. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée est fondée sur des signalements des 31 août, 16 et 19 septembre 2022 de faits graves, notamment de mauvais traitements, rapportés à la Direction de l'Enfance et de la Famille, suite à une dénonciation d'un jeune mineur confié. La décision indique que les enfants accueillis subiraient en cas de non-respect des règles des châtiments corporels et dormiraient par ailleurs à même le sol, sur le carrelage. La décision indique qu'" Il a aussi été constaté votre manque de collaboration avec l'équipe pluridisciplinaire. Vous n'informez pas les référents éducatifs des difficultés que vous rencontrez dans l'exercice du métier d'accueil. Vous adoptez des pratiques professionnelles inadaptées. De plus, il a été relevé () une absence d'information relative à votre situation familiale pourtant obligatoire. En effet, vous avez la charge d'un enfant en bas âge : votre fils de 2 ans, dont la garde nécessite beaucoup de temps et d'attention. De plus, vous avez omis de préciser que vous vivez maritalement. Ce qui aurait permis de solliciter des justificatifs complémentaires ". La motivation d'une décision administrative n'a pas à être exhaustive, de sorte que les circonstances d'une part que la condition d'urgence ne serait pas suffisamment motivée, alors que sont précisées les dates récentes des signalements et d'autre part que l'identité du mineur qui a dénoncé des faits ne serait pas dévoilée, cette identité n'ayant au demeurant pas à être révélée, ne sont pas de nature à entacher la décision attaquée, qui fait état de nombreux éléments factuels, d'insuffisance de motivation. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation manque en fait et doit être écarté.
13. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que plusieurs faits de maltraitance des enfants qu'elle accueillait imputables éventuellement à Mme B ont été signalés à la CTG par courrier du 19 septembre 2022 indiquant que deux plaintes pénales avaient été déposées par deux pères d'enfants placés, à l'encontre de Mme B. Outre les faits relatés avec précision et rappelés au point précédent du présent jugement, selon ce rapport du service de l'Aide Sociale à l'Enfance du 19 septembre 2022, un jeune accueilli par Mme B dénonçait une punition corporelle de la part de son assistante familiale, qui l'aurait battu sur les mains et l'épaule à l'aide d'un mètre ruban classique en métal avec une extrémité en crochet. Ce rapport indique également que les enfants dormiraient chez la requérante au sol et que des punitions inappropriées leur seraient infligées, de sorte que le père de l'un des enfants aurait déposé une plainte contre Mme B. Le rapport concluait : " Aujourd'hui nous constatons que deux familles se plaignent en justice pour des maltraitances portées à leur connaissance par leurs enfants eux-mêmes et mettant en cause Mme B. Ces éléments sont transmis au parquet par le service parallèlement pour signalement. Il conviendrait à ce stade de placer Mme B D en mesure conservatoire et de réfléchir à la suspension de son agrément. ". Dans ces conditions, ces faits présentaient, à la date de la suspension attaquée et sans que la décision ultérieure de leur classement sans suite judiciaire ait une incidence sur leur caractérisation, un caractère de vraisemblance et de gravité suffisant pour constituer une situation d'urgence au regard des dispositions de l'article L. 421-6 du A. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait ou d'erreur manifeste d'appréciation.
14. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède, et notamment des éléments de fait rappelés motivant la suspension conservatoire, que Mme B n'établit pas que ce serait en réalité au motif que la collectivité était elle-même dans l'illégalité pour lui avoir confié un nombre d'enfants excédant son agrément qu'elle aurait retiré les enfants qu'elle lui avait confiés. Par suite et à supposer que ce moyen soit soulevé, le détournement de procédure allégué n'est pas établi et le moyen doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CTG, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de Mme B au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la collectivité territoriale de la Guyane sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la collectivité territoriale de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Schor, première conseillère,
Mme Marcisieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 28 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026