LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2201896

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2201896

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2201896
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLAMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Lama, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2022 par laquelle la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires de l'Outre-mer a suspendu à titre conservatoire son agrément en tant qu'aumônier pour le culte catholique au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly à compter du 21 juillet 2022 avec interdiction d'accès à l'établissement pénitentiaire à compter du 28 juin 2022 ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 500 euros au titre de la rémunération qu'il n'a pas perçue entre les mois de juillet 2022 et décembre 2022, ainsi que les intérêts de droit à compter du 21 juillet 2022 ;

3°) d'enjoindre à la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires de l'Outre-mer de prononcer sa réintégration, sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision en litige a été prise en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire ;

- la matérialité des griefs retenus n'est pas établie ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a été prise, d'une part, sur la base d'un rapport dont l'auteur et la date exacte ne sont pas identifiés et, d'autre part, sur la base de faits rapportés de manière imprécise et contestables ;

- la sanction en litige est disproportionnée, méconnaissant ainsi les dispositions de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- il a droit à la rémunération qui ne lui a pas été versée du mois de juillet 2022 au mois de décembre 2022 avec les intérêts de droit à compter du 21 juillet 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors que le contentieux n'est pas lié ;

- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, et notamment son Préambule ;

- le code pénitentiaire ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gillmann, conseiller ;

- et les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été agréé le 24 janvier 2020 en tant qu'aumônier du culte catholique exerçant au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly. Par une décision 21 juillet 2022, la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires de l'Outre-mer a suspendu à titre conservatoire son agrément à compter du 21 juillet 2022 avec interdiction d'accès à l'établissement pénitentiaire à compter du 28 juin 2022. Par la présente requête M. B demande l'annulation de cette décision et à ce que l'Etat lui verse la somme de 10 500 euros au titre de la rémunération qu'il n'a pas perçue entre les mois de juillet 2022 et décembre 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. Il ne résulte pas de l'instruction, et n'est pas contesté par le requérant, qu'aucune demande préalable faisant naître une décision de rejet au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'a été présentée devant le ministre préalablement à l'intervention du présent jugement. Il s'ensuit que les conclusions de M. B tendant à l'indemnisation de la rémunération qu'il n'a pas perçue entre les mois de juillet 2022 et décembre 2022 doivent être rejetées comme irrecevables, de sorte que la fin de non-recevoir opposée par le garde des sceaux, ministre de la justice doit être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article R. 351-3 du code pénitentiaire : " Les offices religieux, les réunions cultuelles et l'assistance spirituelle aux personnes détenues sont assurés, pour les différents cultes, par des aumôniers agréés ".

5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Selon l'article L. 121-1 de ce code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 du même code dispose que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ".

6. La décision suspendant à titre conservatoire l'agrément d'un aumônier dans les établissements pénitentiaires peut être prise, afin de préserver la sécurité et le bon ordre, dans l'attente d'une décision définitive retirant ou non cet agrément et constitue une mesure de police devant être motivée qui ne peut être prise qu'après la mise en place d'une procédure contradictoire, sauf urgence.

7. En l'espèce, par un courrier du 21 juillet 2022, la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires de l'Outre-mer, a communiqué à M. B la décision en litige ainsi que le document relatif à la procédure contradictoire en vue du retrait de son agrément. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'avant de prendre la décision de suspension au motif de " la nature des faits et à leur impact sur la détention ", elle aurait permis à M. B de présenter ses observations écrites et orales sur les faits reprochés. En défense, le garde des sceaux, ministre de la justice ne fait état d'aucune situation d'urgence permettant de se dispenser des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Au demeurant, la décision attaquée a été prise vingt-trois jours après la demande de retrait de l'agrément émise par la cheffe d'établissement du centre pénitentiaire le 28 juin 2022 et ne peut être regardée comme prise dans une situation d'urgence. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision suspendant à titre conservatoire son agrément est entachée d'un vice de procédure qui l'a privé d'une garantie.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision suspendant à titre conservatoire son agrément en tant qu'aumônier pour le culte catholique au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly à compter du 21 juillet 2022 avec interdiction d'accès à l'établissement pénitentiaire à compter du 28 juin 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Le présent jugement n'implique pas qu'il soit procédé à la réintégration de M. B en tant qu'aumônier au sein du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la directrice interrégionale a mis fin à son agrément, à compter du 21 juillet 2022, le 12 septembre 2022. Dans ces conditions il n'y a pas lieu d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de procéder à la réintégration de l'intéressé jusqu'à la décision retirant définitivement son agrément. Les conclusions ainsi présentées doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 21 juillet 2022 est annulée.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Copie en sera adressé pour information à la directrice interrégionale des services pénitentiaires d'Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

M. Gillmann, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. GILLMANN

Le président,

Signé

O. GUISERIX La greffière,

Signé

S. MERCIER

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions