jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ACG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2022, M. B E, représenté par Me Thomas, a demandé au tribunal administratif de Paris :
1°) d'annuler la décision du 9 juin 2022 par laquelle le directeur général du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a rejeté sa demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin dans la spécialité " médecine d'urgence " et lui a prescrit l'accomplissement d'un parcours pratique et théorique de consolidation des compétences ;
2°) d'enjoindre au ministre chargé de la santé, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer l'autorisation sollicitée, subsidiairement, de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. D invoque l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, puis l'erreur manifeste d'appréciation.
Par une ordonnance n° 2217229/12-1 du 4 janvier 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de M. B F D au tribunal administratif de la Guyane.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2023, la ministre de la santé et de la prévention conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 29 avril 2024, M. D conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été fixée au 10 avril 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006 ;
- le décret n° 2007-704 du 4 mai 2007 ;
- le décret n° 2020-1017 du 7 août 2020 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Hégésippe ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le B du IV de l'article 83 de la loi de la loi du 21 décembre 2006 de financement de la sécurité sociale pour 2007, dans sa rédaction issue des lois du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé et du 17 juin 2020 relative à diverses dispositions liées à la crise sanitaire, à d'autres mesures urgentes ainsi qu'au retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, a prévu un dispositif spécifique d'accès à la profession de médecin dans les termes suivants : " () les médecins titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre obtenu dans un Etat non membre de l'Union européenne ou non partie à l'accord sur l'Espace économique européen et permettant l'exercice de la profession dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre () se voient délivrer une attestation permettant un exercice temporaire, sous réserve du dépôt d'un dossier de demande d'autorisation d'exercice avant le 30 juin 2021 () La commission nationale d'autorisation d'exercice mentionnée au I de l'article L.4111-2 du même code émet un avis sur la demande d'autorisation d'exercice du médecin.() La commission régionale mentionnée au deuxième alinéa du présent B () formule, après examen du dossier, une proposition à la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente. () La commission régionale de spécialité transmet le dossier de chaque candidat, accompagné de sa proposition, à la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente. La commission nationale émet, après examen de chaque dossier, un avis destiné au ministre chargé de la santé. () Le ministre chargé de la santé ou, sur délégation, le directeur général du Centre national de gestion peut, au vu de l'avis de la commission nationale : a) Soit délivrer une autorisation d'exercice ; b) Soit rejeter la demande du candidat ; c) Soit prendre une décision d'affectation du médecin dans un établissement de santé en vue de la réalisation du parcours de consolidation des compétences qui lui est prescrit, d'une durée maximale équivalente à celle du troisième cycle des études de médecine de la spécialité concernée. () ".
2. Aux termes de l'article 5 du décret du 7 août 2020 portant application du IV et du V de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 : " I. - L'instruction préalable des demandes d'autorisation d'exercer la profession de médecin est assurée par la commission régionale d'autorisation d'exercice mentionnée au IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée. () III. - La commission émet une proposition (). Cette proposition consiste soit à délivrer une autorisation d'exercice, soit à rejeter la demande du candidat, soit à prescrire un parcours de consolidation des compétences. () Le directeur général de l'agence régionale de santé transmet le dossier de demande d'autorisation du candidat ainsi que la proposition de la commission au directeur général du Centre national de gestion en vue de son examen par la commission nationale d'autorisation d'exercice compétente ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " A l'issue de l'instruction par la commission régionale, la demande d'autorisation est soumise pour avis à la commission nationale d'autorisation d'exercice (). Pour les candidats à l'autorisation d'exercer la profession de médecin, la commission examine le dossier du candidat et la proposition formulée par la commission régionale d'autorisation d'exercice mentionnée au IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée. Elle évalue les compétences de l'intéressé au regard des attendus de l'exercice de la spécialité. () La commission émet, après examen de chaque dossier, un avis sur la demande d'autorisation d'exercice destiné au ministre chargé de la santé. ( ) ". Aux termes de l'article 7 de ce décret : " Au vu de l'avis de la commission nationale d'autorisation d'exercice, () le directeur général du Centre national de gestion, au nom du ministre de la santé, se prononce sur les demandes d'autorisation d'exercice mentionnées au B du IV et au V de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 susvisée.() Le directeur général du Centre national de gestion, au nom du ministre chargé de la santé, prend, pour chaque candidat et au vu de l'avis de la commission nationale, une décision d'autorisation d'exercice ou de rejet de la demande ou une décision prescrivant l'accomplissement d'un parcours de consolidation des compétences. () En cas de rejet de la demande ou de prescription d'un parcours de consolidation des compétences, la décision est motivée () ".
3. M. D, de nationalité centrafricaine, autorisé à exercer la médecine en Guyane par un arrêté du directeur de l'ARS Guyane du 1er décembre 2014, exerce son activité de médecin généraliste non qualifié au centre hospitalier Franck Joly à Saint-Laurent de Maroni. Il conteste la décision du 9 juin 2022 par laquelle le directeur général du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a rejeté sa demande d'autorisation d'exercice de la profession de médecin dans la spécialité " médecine d'urgence " et lui a prescrit l'accomplissement d'un parcours pratique et théorique de consolidation des compétences, consistant, d'une part, à effectuer douze mois de fonctions hospitalières en qualité de praticien associé au sein de services agréés pour la formation du DES de la spécialité, attestant d'une pratique neurologique étendue et validée, d'autre part, à valider le diplôme universitaire (DU) d'Epileptologie et un autre DU de la spécialité.
4. En premier lieu, en vertu du 23° de l'article 2 du décret du 4 mai 2007 relatif à l'organisation et au fonctionnement du CNG, le directeur général de l'établissement assure en qualité d'autorité investie du pouvoir de nomination et au nom du ministre chargé de la santé la délivrance des autorisations d'exercice en application notamment du IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006. En vertu des dispositions citées au point 2 de l'article 7 du décret du 7 août 2020, le directeur général du CNG se prononce au nom du ministre de la santé sur les demandes d'autorisation d'exercice mentionnées au B du IV et au V de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006.
5. Le signataire de la décision en cause, M. C A, chef du département autorisation d'exercice-concours-coaching du CNG, disposait d'une délégation de signature prévue par l'article 2 de l'arrêté du 2 septembre 2019 portant délégation de signature au CNG, publié le 4 septembre 2019, à l'effet de signer tous les actes relevant des attributions de leur département, à l'exclusion de la passation des marchés. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait.
6. En deuxième lieu, la décision contestée se réfère aux dispositions du B du paragraphe IV de l'article 83 de la loi du 21 décembre 2006 et à l'avis émis le 29 avril 2022 par la commission d'autorisation d'exercice, puis relève, d'une part, l'insuffisance de la formation pratique et théorique de l'intéressé, dont la formation n'a pas été mise à jour depuis l'année 2013, date à laquelle il a obtenu son DU de neurologie, à l'exception d'un DU Neurologie d'urgence obtenu en 2021, d'autre part, que sa formation pratique, principalement axée sur les urgences et le neurovasculaire, ne couvre pas l'ensemble des champs de la discipline. Cette décision est suffisamment motivée, conformément aux prescriptions citées au point 2 de l'article 7 du décret du 7 août 2020.
7. En dernier lieu, M. D a obtenu le diplôme de docteur en médecine délivré par Université de Bangui en 2003, le diplôme d'Études Spécialisées en Neurologie délivré par l'Université Cheikh Anta Diop au Sénégal en 2011, le diplôme de Formation Médicale Spécialisée en Neurologie à la faculté de Médecine de l'Université Paris 12 Val De Marne, en 2012, le DU en explorations neurophysiologiques cliniques à la faculté de médecine Pierre et Marie Curie de l'Université Paris VI en 2013, le master 2 en neuroépidémiologie et parasitologie tropicales à l'Institut de neuroépidémiologie de l'Université de Limoges en 2014, puis le DU de neurologie d'urgence et télé AVC à l'Université Franche-Comté en 2021. Il a, en outre, participé du 6 au 8 décembre 2019 aux " Cours et Ateliers Pratiques en épileptologie " et a subi en 2018 les épreuves de vérification des connaissances dans la spécialité neurologie avec une moyenne de 11.60 sur 20 et des notes respectives de 11.80 en connaissances fondamentales et de 11.40 en connaissances pratiques, sans, toutefois, être retenu par le jury compte tenu de son classement. Il a exercé comme faisant fonction d'interne au service de neurologie du centre hospitalier de Kremlin-Bicêtre au sein des unités neurovasculaire et d'hospitalisation traditionnelle et à l'hôpital du jour du 1er novembre 2010 au 31 octobre 2011, comme faisant fonction d'interne dans le département de neurologie de l'hôpital Pitié-Salpêtrière du 1er novembre 2011 au 31 octobre 2012, comme praticien contractuel responsable de l'unité d'urgence neuro vasculaire et de télé AVC au centre hospitalier Franck Joly depuis l'année 2014, comme assistant au service des urgences cérébro-vasculaires des hôpitaux La Pitié Salpêtrière-Charles Foix dans le cadre d'un stage effectué du 1er août 2016 au 31 janvier 2017. Il invoque, enfin, son stage de six mois au service de neurologie du centre hospitalier de Cayenne en 2019 et produit notamment une lettre de recommandation rédigée le 13 novembre 2014 par le chef du département des maladies du système nerveux de l'établissement La Pitié Salpétrière, une attestation du 27 janvier 2017 par laquelle le chef du service des urgences cérébro-vasculaires du même établissement relève sa forte autonomie dans la prise en charge des victimes d'AVC aigu, une attestation du 9 février 2021 par laquelle le médecin chef du Pôle Activités cliniques Urgences du centre hospitalier Franck Joly le qualifie de médecin particulièrement autonome apte à exercer la neurologie en milieu hospitalier, une attestation du 22 février 2021 par laquelle le chef du service de neurologie du centre hospitalier de Cayenne souligne sa compétence de neurologue et soutient sans réserve sa demande d'autorisation, puis une lettre de recommandation rédigée par le directeur du centre hospitalier Franck Joly le 4 juillet 2021.
8. Alors que la commission nationale d'autorisation d'exercice a émis à l'unanimité un avis défavorable à la délivrance de l'autorisation sollicitée, puis a préconisé l'accomplissement d'un parcours de consolidation des compétences composé de douze mois de fonctions hospitalières au sein de services agréés pour la formation des internes du DES de la spécialité attestant d'une pratique neurologique étendue et validée et de la validation du DU d'épileptologie et d'un autre DU de la spécialité, aucun des éléments exposés au point précédent ne révèlent par eux-mêmes ou dans leur ensemble que l'administration se serait livrée à une appréciation manifestement erronée des compétences de M. D en rejetant sa demande et en lui prescrivant le parcours pratique et théorique de consolidation exposé au point 3.
9. Il résulte de tout ce qui précède, que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juin 2022. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Une copie en sera adressée au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière et au Centre hospitalier Franck Joly.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026