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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2300056

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2300056

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2300056
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2023, M. A D C, représenté par Me Balima, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022 par lequel le préfet de la Guyane l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination et, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Balima en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une incompétence de son auteur ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'un défaut d'examen réel de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il établit la date réelle de son entrée sur le territoire ainsi que la continuité de sa présence depuis 2015 et que le préfet n'a pas mentionné le recours devant le tribunal administratif contre l'arrêté portant refus d'admission au séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'étendue de sa compétence ;

- elle méconnaît le droit à l'éducation garanti par le préambule de la Constitution ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant de 1990, les stipulations des articles 9 et 16 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant de 1989 ainsi que l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Guyane qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une décision du 14 novembre 2022, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution et notamment son préambule ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Topsi.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D C, ressortissant haïtien, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 15 octobre 2015. Par un arrêté du 10 septembre 2020, le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, avec un délai de départ et, a fixé le pays de destination. M. C a fait l'objet d'une interpellation le 27 septembre 2022 dans le cadre d'un contrôle aux fins de vérification de son droit à circulation et de séjour. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ, à destination de son pays d'origine ou tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible et, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par sa requête, M. C demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2022.

Sur la légalité externe :

2. En premier lieu, le signataire de l'arrêté contesté, M. B, directeur général de la sécurité, de la réglementation et des contrôles, disposait d'une délégation du préfet de la Guyane prévue par les articles 1er et 4 de l'arrêté n° R03-2022-09-16-00004 du 16 septembre 2022, régulièrement publié, à l'effet de signer notamment les mesures d'éloignement, les interdictions de retour ainsi que les arrêtés fixant le pays de destination. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait, et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, en vertu des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire lorsque celui-ci ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".

4. Il ressort des termes de l'arrêté, d'une part, que le préfet a reproduit les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et, a visé les articles L. 613-1 à L. 613-4 du même code. D'autre part, le préfet a fait état d'éléments relatifs au parcours de M. C notamment son entrée irrégulière en France, selon ses déclarations, en 2015, le rejet définitif de sa demande d'asile le 7 février 2017, qu'il est dépourvu de titre de séjour, qu'il est marié avec une compatriote en situation irrégulière et père de trois enfants et qu'il est sans emploi sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

5. En troisième lieu, le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire s'il existe un risque que l'étranger se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet. En vertu de l'article L. 612-3 du même code, ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : " 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a reproduit les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'est référé sans autres précisions à l'article L. 612-3 du même code. Toutefois, en mentionnant notamment que M. C ne justifie pas être entré régulièrement en France, qu'il s'est soustrait à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, par l'arrêté du 10 septembre 2020 et qu'il refuse de repartir dans son pays d'origine, il l'a mis à même de connaître les éléments de droit et de fait fondant la décision de ne pas lui accorder de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de ne pas accorder à M. C de délai de départ volontaire, doit être écarté.

7. En quatrième lieu, la décision fixant le pays de destination est prise au visa des articles 3, 5 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que des articles L. 721-3 à L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, l'arrêté précise que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements inhumains contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, et que M. C ne démontre pas qu'il bénéficierait des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assurant une protection contre toute mesure d'éloignement. Dans ces conditions, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de destination ont été précisées. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision fixant le pays de renvoi doit, ainsi, être écarté.

8. En dernier lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que, sous réserve de circonstances humanitaires, l'obligation de quitter sans délai le territoire français est assortie d'une interdiction de retour, laquelle doit, en application de l'article L. 613-2 du même code, être motivée. En vertu du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code, la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-6 du même code, est fixée compte tenu de la durée de présence sur le territoire, de la nature et de l'ancienneté des liens avec la France, de l'existence d'une précédente mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public.

9. En l'espèce, le préfet a visé l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a mentionné, en outre, la présence de M. C sur le territoire à compter de janvier 2020, qu'il est marié avec une compatriote en situation irrégulière, qu'il est le père de trois enfants non français, présents et scolarisés sur le territoire, qu'il est sans emploi et qu'il s'oppose à un retour vers son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.

Sur la légalité interne :

10. En premier lieu, dès lors que le préfet de la Guyane a fait état des éléments relatifs au parcours de M. C et de sa situation personnelle, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige, non stéréotypé, est entaché d'un défaut examen réel de sa situation. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

11. En deuxième lieu, la circonstance que le préfet a considéré que M. C n'établissait pas la date réelle de son entrée sur le territoire ainsi que la continuité de sa présence depuis 2015, n'est pas de nature à caractériser une erreur de fait. Au demeurant, l'intéressé n'établit pas avoir mis le préfet en mesure d'apprécier la date de son entrée sur le territoire en l'absence d'un visa et ni la continuité de son séjour. Par ailleurs, le préfet qui n'était pas tenu de mentionner le recours introduit devant le tribunal administratif contre l'arrêté portant refus d'admission au séjour, ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique et au bien-être économique du pays () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

13. M. C déclare être entré sur irrégulièrement sur le territoire français, en 2015, alors âgé de trente-quatre ans. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est marié depuis 2005 à une ressortissante haïtienne dont l'irrégularité du séjour n'est pas contestée. Par ailleurs, il est le père de trois enfants, de nationalité haïtienne, nées en 2008, 2010 et 2015 et scolarisées sur le territoire français. M. C se prévaut de la présence sur le territoire français de sa sœur, naturalisée française en 2000, et de deux frères dont la régularité du séjour ne ressort pas des pièces du dossier. Toutefois, ces circonstances ne font pas obstacle à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer en dehors du territoire français. De plus, l'intéressé n'allègue ni n'établit être inséré dans le tissu économique français. Enfin, M. C n'a pas exécuté la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 10 septembre 2020 et n'allègue pas être dépourvu d'attaches familiales ou privées dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, il en va de même s'agissant du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

14. En quatrième lieu, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'admission exceptionnelle au séjour, qui ne prévoient pas l'attribution d'un titre de séjour de plein droit, ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre de la mesure d'éloignement. En outre, le préfet, qui n'a pas méconnu l'étendue de sa compétence, n'a pas entendu examiner sa situation au regard de ces dispositions. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme inopérant.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Aux termes de l'article 16 de la même convention : " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation / 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ". Aux termes de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " () / 2. Dans tous les actes relatifs aux enfants, qu'ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / 3. Tout enfant a le droit d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à son intérêt ".

16. D'une part, M. C ne saurait utilement invoquer les stipulations de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant qui sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers. D'autre part, l'arrêté n'a pas ni pour objet ni pour effet de séparer les membres de la famille, dans la mesure où M. C ne démontre pas que la cellule familiale ne pourrait pas être reconstituée à Haïti, pays dont les membres ont tous la nationalité. Ses filles nées en 2008, 2010 et 2015 et scolarisées en France, ont la possibilité de l'accompagner dans le cadre d'un retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que la fille aînée de M. C a bénéficié d'une allocation d'éducation de l'enfant handicapé pour une période allant de 2016 à 2019, en raison d'un taux d'incapacité compris entre 50% et 80%, et que, par une décision de 2016, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a accordé le bénéfice à cette enfant d'un projet d'accueil individualisé en milieu scolaire ordinaire, ces circonstances ne font pas obstacle à ce que la scolarité de sa fille aînée se poursuive à Haïti. En outre, le requérant n'apporte aucune précision sur la nature du handicap de sa fille et ne justifie pas suffisamment de la nécessité de son maintien sur le territoire eu égard à son état de santé. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 et de l'article 16 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations des paragraphes 2 et 3 de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

17. En dernier lieu, aux termes du 13ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 : " La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture () ".

18. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les trois enfants de M. C sont scolarisées en France, toutefois, l'intéressé ne démontre pas que ses enfants ne pourraient pas poursuivre leur scolarité à Haïti. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 13ème alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 doit également être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2022. Dès lors, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A D C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, Me Balima et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Topsi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M. TOPSILe président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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