LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2300289

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2300289

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2300289
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMORAGA ROJEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2023, M. A E B, représenté par Me Moraga Rojel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet de la Guyane prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français, sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une incompétence de son auteur ;

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait tenant à la nationalité de sa concubine et à la possibilité de reconstituer sa famille dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a méconnu son droit à être entendu ;

- elle est entachée d'une erreur de fait tenant à la nationalité de sa concubine et à la possibilité de reconstituer sa famille dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa vie personnelle ;

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a méconnu son droit à être entendu ;

- la décision refusant d'accorder un délai de départ étant illégale, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est, par voie de conséquence, illégale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait tenant à la nationalité de sa concubine et à la possibilité de reconstituer sa famille dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne lui a pas notifié la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, le préfet de la Guyane, représenté par Me Tomasi et Me Dumoulin, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Le tribunal a informé les parties, par un courrier du 29 novembre 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible de se fonder sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation d'un refus de titre de séjour qui serait daté du 4 février 2023 et qui n'existe pas, l'arrêté attaqué portant uniquement obligation de quitter le territoire français sans délai, désignation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français durant un an.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Topsi,

- les observations de Me Moraga Rojel, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans la requête.

Le préfet de la Guyane n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E B, ressortissante haïtien, déclare être entréirrégulièrement sur le territoire français, en 2017. Il a fait l'objet d'une interpellation le 3 janvier 2023 dans le cadre d'un contrôle aux fins de vérification de son droit à circulation et de séjour. Par un arrêté du 4 janvier 2023, le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ, à destination de son pays d'origine ou tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible et, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Par sa requête, M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2023.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre une décision portant refus de titre de séjour :

2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 4 janvier 2023 n'a pas eu pour objet de refuser la délivrance d'un titre de séjour au requérant, mais lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de destination, lui a interdit de retourner sur le territoire pour une durée d'un an. Par suite, les conclusions de la requête, en ce qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante de refus de délivrance de titre de séjour, ne sont pas recevables. Les conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision ne peuvent qu'être rejetées.

Sur la légalité des autres décisions contestées :

En ce qui concerne la légalité externe :

3. En premier lieu, la signataire de l'arrêté contesté, Mme D, sous-préfète chargée de mission auprès du préfet de la Guyane, disposait d'une délégation de ce dernier prévue par l'article 3 de l'arrêté n° R03-2022-09-16-00004 du 16 septembre 2022, régulièrement publié, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C, à l'effet de signer, notamment, les décisions en matière d'immigration. L'article 4 du même arrêté précise que les mesures d'éloignement et les interdictions du territoire sont au nombre de ces décisions. En outre, il n'est pas établi que

M. C n'était pas absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque en fait. Il doit donc être écarté.

4. En deuxième lieu, en vertu des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire lorsque celui-ci ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".

5. Il ressort des termes de l'arrêté, d'une part, que le préfet a reproduit les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et, a visé les articles L. 613-1 à L. 613-4 du même code. D'autre part, le préfet a fait état, par une motivation non stéréotypée, d'éléments relatifs au parcours de M. B notamment son entrée irrégulière en France, selon ses déclarations, en 2017, qu'il est dépourvu de titre de séjour, qu'il se déclare pacsé, qu'il est sans emploi fixe et stable sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

6. En troisième lieu, le 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire s'il existe un risque que l'étranger se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet. En vertu de l'article L. 612-3 du même code, ce risque peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : " 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a reproduit les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'est référé sans autres précisions à l'article L. 612-3 du même code. Toutefois, en mentionnant notamment que M. B ne justifie pas être entré régulièrement en France, qu'il s'est soustrait à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, par l'arrêté du 5 mai 2019 et qu'il refuse de repartir dans son pays d'origine, il l'a mis à même de connaître les éléments de droit et de fait fondant la décision de ne pas lui accorder de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de ne pas accorder à M. B de délai de départ volontaire, doit être écarté.

8. En quatrième lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que, sous réserve de circonstances humanitaires, l'obligation de quitter sans délai le territoire français est assortie d'une interdiction de retour, laquelle doit, en application de l'article L. 613-2 du même code, être motivée. En vertu du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code, la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-6 du même code, est fixée compte tenu de la durée de présence sur le territoire, de la nature et de l'ancienneté des liens avec la France, de l'existence d'une précédente mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public.

9. En l'espèce, le préfet a visé l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a mentionné, en outre, par une motivation non stéréotypée, la présence de M. B sur le territoire à compter de 2017, qu'il est pacsé avec une femme inconnue des services de la préfecture, laquelle a deux enfants, qu'il n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement et qu'il s'oppose à un retour vers son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.

10. En cinquième et dernier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

11. En l'espèce, M. B fait valoir qu'il n'a pas été en mesure de présenter des observations concernant les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ressort du procès-verbal d'audition du 3 janvier 2023, versé au dossier par le préfet de la Guyane que l'intéressé a été mis en mesure de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue avant l'édiction des mesures envisagées. Au demeurant, M. B ne se prévaut d'aucune circonstance qui aurait pu influer sur le contenu de ces décisions. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu le droit à être entendu, en prononçant à l'encontre de M. B, une obligation de quitter le territoire français ainsi qu'une interdiction de retour du territoire français, doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

12. En premier lieu, à l'appui du moyen tiré de l'erreur de fait, M. B soutient que c'est à tort que le préfet de la Guyane a considéré qu'il n'établissait pas la date réelle de son entrée en France ni de la continuité de son séjour et que la famille pouvait se reconstituer à Haïti. Toutefois, ces appréciations du préfet de la Guyane ne sont pas de nature à caractériser des erreurs de fait. Par ailleurs, le préfet a indiqué que sa concubine était inconnue des services de la préfecture et que M. B ne justifiait pas par des pièces probantes de la présence des enfants de sa concubine sur le territoire. Toutefois, il résulte de l'instruction que le préfet de la Guyane aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur ce motif. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet de la Guyane, en prononçant une obligation de quitter le territoire français ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B, se serait fondé sur des faits matériellement inexacts, doit être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique et au bien-être économique du pays () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et

L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

14. M. B déclare être entré régulièrement sur le territoire français en 2010 et 2012, puis, irrégulièrement, en juillet 2017, alors âgé de dix-huit ans. Il ressort d'une attestation que l'intéressé vit en concubinage, depuis le 1er avril 2022, avec une ressortissante française. Par ailleurs, M. B se prévaut de la présence sur le territoire de sa mère, en situation régulière, ainsi que deux frères et une sœur, dont deux sont mineurs et scolarisés. Toutefois, il n'allègue pas être dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine où réside son père et, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. B est sans emploi fixe et stable. S'il fait valoir qu'il effectue une formation en vue de devenir enseignant de judo, qu'il dispense des cours de judo au sein d'une association, et qu'il est également bénévole, toutefois ces circonstances sont insuffisantes à caractériser une insertion socioprofessionnelle sur le territoire français. De plus, M. B n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement prononcée, par un arrêté du 3 mai 2019. Enfin, si le conseil de M. B fait valoir à la barre qu'il est devenu parent d'un enfant français et qu'il a obtenu un contrat à durée indéterminée postérieurement à la date de l'arrêté contesté, ces éléments sont sans incidence sur légalité de l'acte contesté. Dans ces conditions, et notamment au regard du caractère récent de sa relation avec sa concubine, à la date de l'arrêté attaqué, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés.

15. Pour les mêmes motifs qui ont été exposés au point précédent, le moyen tiré de ce que le préfet de la Guyane aurait commis, une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa vie personnelle, en prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français et une interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.

16. En troisième lieu, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'admission exceptionnelle au séjour, qui ne prévoient pas l'attribution d'un titre de séjour de plein droit, ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre de la mesure d'éloignement.

17. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir que le préfet, qui n'établit pas lui avoir notifié l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 5 mai 2019, s'est fondé à tort sur le défaut d'exécution de cette mesure pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé qui a déclaré lors de son audition s'opposer à son retour en Haïti. Dès lors, il résulte de l'instruction que le préfet de la Guyane aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ce seul motif pour prononcer la décision refusant à M. B, un délai de départ. Par suite, le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions citées au point 6 des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, dès lors, être écarté.

18. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 3, 6, 7 et 17, l'exception d'illégalité de la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire invoquée à l'encontre de l'interdiction de retour doit être écartée.

19. En dernier lieu, pour l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelées au point 8, il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

20. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B sur le fondement de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'aucun délai de départ volontaire ne lui a été accordé pour quitter le territoire français. Pour fixer la durée d'un an, le préfet a tenu compte de la situation personnelle de l'intéressé, ainsi exposée au point 14 du présent jugement. Par ailleurs, si M. B argue qu'il n'a pas reçu notification de la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre, il résulte de l'instruction que le préfet de la Guyane aurait pris la même décision s'il ne s'était pas fondé sur l'inexécution de la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant à son encontre une interdiction de retour en France d'une durée d'un an, le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Un tel moyen doit alors être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède l'ensemble des conclusions de la requête doit être rejeté y compris les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A E B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B et au préfet de la Guyane.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Lacau, première conseillère,

Mme Topsi, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M. TOPSI

Le président,

Signé

O. GUISERIXLa greffière,

Signé

C. PAUILLAC

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions