jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MASCLAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2023, le préfet de la Guyane, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à Mme A F, à M. H G et à leurs enfants B et C G, occupants sans droit ni titre d'un hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile, de libérer ces locaux dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles à la Croix-Rouge française afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risque de Mme A F, à M. H G, à défaut pour ceux-ci de les avoir emportés.
Il soutient que :
- les dispositions de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile donnent compétence au juge des référés du tribunal administratif pour prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, et sur sa saisine, une injonction de quitter les lieux à l'encontre de l'occupant irrégulier d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile ;
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure demandée sont remplies dès lors que le maintien non autorisé des intéressés dans cet hébergement fait obstacle à l'accueil de nouveaux demandeurs d'asile ;
- les demandes d'asile des intéressés ont été définitivement rejetées ;
- ils se sont maintenus dans leur lieu d'hébergement à l'issue du délai qui leur était accordé, malgré la mise en demeure de quitter les lieux, prononcée à leur encontre ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que si la jeune C souffre d'un trouble permanent du développement neurologique, ses parents se refusent de déposer une demande d'hébergement d'urgence.
Communication de la requête par voie administrative a été faite à Mme A F et à M. H G le 23 mars 2023.
Mme F et M. G, représentés par Me Masclaux, ont produit un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023 à 8 h 48 mn.
Ils concluent au rejet de la requête, demande à bénéficier de l'aide
juridictionnelle provisoire et à ce que l'Etat verse à leur conseil la somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-
1 du code de justice administrative, à charge pour Me Masclaux de renoncer au bénéfice de l'indemnité d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mercier, greffière :
- le rapport de M. E,
- les observations de Mme D pour le préfet de la Guyane, qui expose que le taux de présence indue en habitat d'urgence atteint 6,7 % en Guyane, que si l'enfant C souffre de troubles de type TSA, la famille I n'a pas donné suite à l'offre d'accompagnement pour relogement, qu'elle n'oppose ainsi aucune contestation sérieuse à la demande du préfet ;
- les observations de Me Masclaux pour la famille I qui relève que la mise en demeure a été notifiée à l'adresse postale de la Croix-Rouge alors que leur adresse physique est bien connue de la préfecture, que M. G bénéficie d'une autorisation provisoire de séjour (APS) en qualité d'accompagnant de l'enfant malade C, qu'en revanche et de manière totalement paradoxale son épouse Mme F ne bénéficie pas d'une telle APS mais est sous le coup d'un refus de titre et OQTF, que M. G est par ailleurs lui-même gravement malade.
La clôture de l'instruction a été fixée le 29 mars 2023 à 10 h 55 mn, à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. () La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ". Enfin, aux termes de l'article R. 552-15 du même code : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 552-15, si une personne se maintient dans le lieu d'hébergement après la date mentionnée à l'article R. 552-12 ou, le cas échéant, après l'expiration du délai prévu à l'article R. 552-13, le préfet du département dans lequel se situe ce lieu d'hébergement ou le gestionnaire du lieu d'hébergement met en demeure cette personne de quitter les lieux dans les cas suivants : / 1° La personne ne dispose pas d'un titre de séjour et n'a pas sollicité d'aide au retour volontaire ou a refusé l'offre d'aide au retour volontaire qui lui a été présentée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration () / Si la mise en demeure est infructueuse, le préfet ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut, après une décision de rejet définitive et dans les conditions prévues à l'article L. 552-15, saisir le président du tribunal administratif afin d'enjoindre à cet occupant de quitter les lieux ".
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
3. Il résulte de ces dispositions que, saisi par un préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement d'un demandeur d'asile dont le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
4. Mme F et M. G, ressortissants syriens nés respectivement en 1986 et 1975, sont entrés en France le 29 juillet 2019. Ils sont parents de deux enfants mineures, B et C, nées en 2013 et 2019, également présentes sur le territoire. Mme F et M. G ont sollicité l'asile et ont bénéficié en cette qualité, à compter du 30 juillet 2019 d'un hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile situé Orishas 11 rue du Buisson Ardent Cité Bonhomme à Cayenne. Les demandes d'asile de Mme F et M. G ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 10 septembre 2019, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 25 janvier 2022. Leurs demandes de réexamen ont été rejetées comme irrecevables le 23 novembre 2022. Par un courrier de la Croix-Rouge remis en main propre le 16 février 2022, les intéressés ont été informés de la fin de leur prise en charge et ont été invités à quitter l'hébergement d'urgence qu'ils occupent. Faute de s'être conformés à cette invitation à plusieurs reprises, par une lettre du 19 janvier 2023, le préfet de la Guyane a mis en demeure Mme F et M. G de quitter le lieu d'hébergement d'urgence dans un délai de quinze jours. Les intéressés s'étant maintenus dans les locaux, le préfet de la Guyane demande leur expulsion sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Ainsi qu'il est soutenu en défense, il résulte de l'instruction que la mise en demeure prévue par les dispositions de l'article R. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers a été envoyée à une adresse postale gérée par la Croix-Rouge, place Schoelcher à Cayenne et non à l'adresse de résidence de Mme F et M. G, objet de la présente demande d'expulsion formée par le préfet. Dans ces conditions, la procédure suivie étant irrégulière, la requête et partant la demande d'expulsion présentée par le préfet ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
6. Les requérants ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement, au titre des dispositions précitées, d'une somme de 1 200 euros à Me Masclaux, qui renoncera à percevoir la part contributive de l'Etat.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet de la Guyane tendant à ce que soit autorisé le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux occupés par Mme F, M. G et leurs enfants est rejetée.
Article 2 : L'Etat versera à Me Masclaux une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Masclaux renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Guyane, à Mme A F et à M. H G.
Copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 30 mars 2023.
Le juge des référés,
Signé
L. E
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Le greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026