jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrés sous le n° 2201155, le 22 août 2022, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande du 29 avril 2022 tendant à son placement dans une position administrative régulière à compter du mois de février 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation en le plaçant rétroactivement dans une situation administrative régulière à compter du 14 novembre 2021, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de reconstituer sa carrière et ses droits à la date de la décision litigieuse dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code général de la fonction publique ;
- à la suite de l'avis défavorable rendu par le conseil médical départemental le 23 juin 2022, le préfet de la Guyane aurait dû le placer en disponibilité d'office pour raison de santé dès lors que le médecin agréé et conventionnée de la police a délivré un certificat d'inaptitude d'un an à compter du 21 février 2022 ;
- l'attestation le plaçant à demi-traitement sans position statutaire délivrée le 21 janvier 2022 n'a qu'une valeur informative et ne respecte pas le formalisme d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de la Guyane, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- par une décision du 23 janvier 2023, M. C a été placé rétroactivement, pour la période allant du 17 novembre 2021 au 16 septembre 2022, en disponibilité d'office pour raison de santé ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2201188, le 2 septembre 2022, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande tendant à ce qu'il soit placé en congé de longue maladie ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation en le plaçant rétroactivement dans une situation administrative régulière ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de reconstituer sa carrière et ses droits à la date de la décision attaquée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le conseil médical départemental n'a pas procédé à une contre-visite par un médecin expert de l'affection en cause avec la séance du 23 juin 2022 en méconnaissance des dispositions de l'article 35 du décret du 14 mars 1986 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code général de la fonction publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, le préfet de la Guyane, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- par une décision du 23 janvier 2023, M. C a été placé rétroactivement, pour la période allant du 17 novembre 2021 au 16 septembre 2022, en disponibilité d'office pour raison de santé ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
III. Par une requête, enregistrée sous le n° 2300451, le 22 mars 2023, et un mémoire, enregistré le 9 février 2024, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet de la Guyane l'a placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 17 novembre 2021 pour une durée de dix mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de le placer dans une situation administrative régulière et de faire droit à sa demande tendant à ce qu'il soit placé en congé de longue maladie sur la période allant du 17 novembre 2021 au 15 septembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de régulariser sa situation financière et de lui rembourser toutes les sommes retranchées sur son traitement ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de régulariser sa situation administrative et de reconstituer sa carrière rétroactivement à la date de la décision attaquée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé ;
- le préfet de la Guyane s'est estimé en situation de compétence liée pour rejeter sa demande tendant à son placement en congé de longue maladie ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles 43 du décret du 16 septembre 1985, des articles 34 et 63 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'article 2 du décret du 30 novembre 1984 ;
- le préfet de la Guyane a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dans l'aptitude à reprendre le service dès lors qu'il n'y a eu aucune proposition de reclassement ;
- l'arrêté litigieux méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
- il a été pris en l'absence d'un certificat d'inaptitude sur toute la période concernée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, le préfet de la Guyane, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gillmann, conseiller ;
- les conclusions de M. Hégésippe, rapporteur public ;
- et les observations de Mme A, représentant le préfet de la Guyane.
M. C n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est gardien de la paix à la police aux frontières de Saint-Laurent du Maroni. L'intéressé a été placé en congé de maladie ordinaire jusqu'au 14 novembre 2021. Par une lettre du 7 mars 2022, M. C a demandé au préfet de la Guyane de le placer en congé de longue maladie. Il a également demandé dans un courrier en date du 29 avril 2022 son placement dans une position administrative régulière. À la suite de l'avis défavorable rendu par le conseil médical départemental le 23 juin 2022, sa demande du 7 mars 2022 a été rejetée le 29 juillet 2022. Dans sa séance du 6 octobre 2022, le conseil médical départemental a rendu un avis favorable au placement de M. C en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 17 novembre 2021 avec une réintégration à temps complet à compter du 16 septembre 2022. Par un arrêté du 23 janvier 2023, le préfet de la Guyane l'a placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 17 novembre 2021 pour une durée de dix mois. Par les présentes requêtes, M. C demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande du 29 avril 2022 tendant à son placement dans une position administrative régulière, de la décision du 29 juillet 2022 rejetant sa demande tendant à ce qu'il soit placé en congé de longue maladie et de l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel il a été placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 17 novembre 2021 pour une durée de dix mois.
2. Les requêtes n°s 2201155, 2201188 et 2300451, présentées par M. C, concernent la situation d'un même fonctionnaire et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet de Guyane dans la requête n° 2201188 :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors la disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait pas lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Le préfet de la Guyane fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête n° 2201188 tendant à l'annulation de la décision du 29 juillet 2022 dès lors que par un arrêté du 23 janvier 2023, l'intéressé a été placé rétroactivement pour la période du 17 novembre 2021 au 16 septembre 2022 en disponibilité d'office pour raison de santé. Toutefois, cette circonstance n'a pas eu pour effet de priver d'objet ce litige tendant à l'annulation de la décision rejetant la demande du requérant du 7 mars 2022 tendant à son placement en congé de longue maladie. Cette décision n'a ni été retirée ou abrogée. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer présentée par le préfet de la Guyane dans le cadre de la requête n° 2201188 doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la requête n° 2201188 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 822-6 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de longue maladie, dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Selon l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le refus d'octroi d'un congé de longue maladie est au nombre des décisions qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, et qui doivent être motivées.
6. Il ressort des termes de la décision du 29 juillet 2022 qui rejette la demande de M. C tendant au bénéfice d'un congé de longue maladie, que le préfet de la Guyane a rappelé qu'il était arrivé en fin de droit à congé de maladie ordinaire à plein traitement depuis le 14 novembre 2021, qu'en application des articles 17 et 47 du décret du 14 mars 1986, son dossier était en cours d'instruction, qu'il est rémunéré à demi-traitement et qu'il a adressé en mars 2022 une demande de congé de longue maladie. La décision en litige se réfère également à l'avis du conseil médical départemental et doit donc être regardée comme s'appropriant la motivation de cet avis défavorable lequel mentionne l'article 28 du décret du 14 mars 1986, ainsi que " l'expertise spécialisée " dont a fait l'objet M. C. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
7. En deuxième lieu, M. C soutient qu'en méconnaissance des dispositions de l'article 35 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, le conseil médical départemental aurait dû procéder à une contre-visite par un médecin expert de l'affection en cause. Toutefois, ainsi que le fait valoir le préfet en défense, le requérant se prévaut des dispositions de l'article en cause en vigueur jusqu'au 14 mars 2022. Si sa demande a été effectivement formée le 7 mars 2022, l'administration n'est tenue qu'au respect des procédures prescrites par les règlements alors en vigueur au jour où elle prend sa décision. La partie relative à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé compétent pour l'affection en cause ayant été supprimée le 14 mars 2022, et la décision attaquée datant du 29 juillet 2022, ce moyen, tel qu'il est formulé par M. C, est inopérant et doit, par suite, être écarté.
8. En dernier lieu, si M. C soutient qu'à compter du 22 février 2022, le préfet de la Guyane n'a pris aucune décision formalisée quant à sa situation administrative, il ne conteste pas sortir d'une période de douze mois consécutifs de congé de maladie d'une durée totale de douze mois et être rémunéré à demi-traitement en application des articles 27 et 47 du décret du 14 mars 1986 le temps que le conseil médical se prononce sur son éventuel placement en disponibilité d'office pour raison de santé. Par suite, M. C ne peut utilement soutenir, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision litigieuse, qu'il n'était pas placé dans une situation administrative régulière et ce moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à obtenir l'annulation de la décision 29 juillet 2022.
En ce qui concerne la requête n° 2300451 :
10. En premier lieu, les décisions plaçant d'office un fonctionnaire en disponibilité en raison de l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie ne relèvent d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions, M. C ne peut donc utilement soutenir que l'arrêté du 23 janvier 2023, qui n'a pas pour objet de lui refuser le bénéfice d'un congé de de longue maladie, serait insuffisamment motivé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 27 du décret 14 mars 1986 : " Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du conseil médical : en cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis d'un conseil médical. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. () ".
12. Il résulte de ces dispositions que dans le cas où le conseil médical n'a pas été consulté avant la fin de la dernière période de congé pour maladie, à placer l'agent, qui ne peut reprendre son service, en position de disponibilité d'office, sous réserve de régularisation ultérieure de sa situation. Si l'agent est reconnu apte à reprendre ses fonctions, il doit être réintégré à la date d'expiration de son congé.
13. Si M. C, qui ne conteste pas sortir d'une période de douze mois consécutifs de congé de maladie d'une durée totale de douze mois, soutient que le médecin conventionné de la police nationale ne l'a pas déclaré inapte pour la période comprise entre le 17 novembre 2021 et le 20 février 2022, il ressort des pièces du dossier que l'avis du conseil médical départemental du 6 octobre 2022 indique comme motif " disponibilité d'office pour raisons de santé à compter du 17 novembre 2021 et réintégration à temps complet à compter du 16 septembre 2022 ". Ainsi le requérant a bien été déclaré inapte à reprendre ses fonctions sur la période en litige. Par suite, le moyen tiré de l'absence de certificat d'inaptitude doit être écarté.
14. En troisième lieu, M. C ne peut utilement soutenir que le préfet de la Guyane, pour refuser l'octroi du congé de longue maladie demandé, s'est contenté de se lier à l'avis du conseil médical départemental et ne s'est pas livré à une appréciation de sa demande dès lors que l'arrêté en litige portant disponibilité d'office pour raison de santé n'a ni pour objet ni pour effet de rejeter sa demande tendant à son placement en congé de longue maladie laquelle été rejetée par une décision du 29 juillet 2022.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " La mise en disponibilité ne peut être prononcée d'office que dans les conditions prévues par l'article 48 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ". Aux termes de l'article 48 du décret du 14 mars 1986 : " La mise en disponibilité prévue aux articles 27 et 47 du présent décret est prononcée après avis du conseil médical sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. / Elle est accordée ou renouvelée par période de six à douze mois dans la limite de trois ans consécutifs () ".
16. M. C soutient, en se prévalant des dispositions de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 dans son ancienne rédaction, de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984, au demeurant non applicable au présent litige, ainsi que de l'article 2 du décret du 30 novembre 1984 relatif au reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, que le préfet aurait dû chercher à le reclasser avant de le placer en disponibilité d'office. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 précitées et applicables au litige, que l'administration aurait été tenue de chercher à reclasser le requérant avant de prendre l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
17. Enfin, en dernier lieu, la circonstance que l'arrêté du 23 janvier 2023, pour n'être intervenu qu'après la séance du conseil médical départemental du 6 octobre 2022, porte effet au 17 novembre 2021, n'a d'autre but que de placer M. C dans une position statutaire régulière à l'épuisement de ses droits à congés de maladie ordinaire compte tenu de son inaptitude physique à l'exercice de ses fonctions. Il entre ainsi dans le champ de la dérogation au principe de non-rétroactivité des actes administratifs justifiée par la continuité de la carrière des fonctionnaires et la régularisation de leur situation. Par suite, le moyen tiré de la rétroactivité illégale de l'arrêté en litige doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à obtenir l'annulation de l'arrêté du 23 janvier 2023.
En ce qui concerne la requête n° 2201155 :
19. La décision litigieuse rejetant implicitement la demande de M. C tendant à son placement dans une position administrative régulière à compter du mois de février 2022 a été implicitement abrogée par l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet de la Guyane l'a placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 17 novembre 2021 pour une durée de dix mois, objet de la requête n° 2300451. Les conclusions tendant à l'annulation de ce dernier arrêté ayant été rejetées par le présent jugement, celles dirigées contre la décision en litige ont perdu leur objet dès lors que le requérant a été effectivement positionné dans une situation administrative régulière.
20. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête sont devenues sans objet, de sorte que l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant dans ses requêtes enregistrées sous les n°s 2201188 et 2300541 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, en ce qui concerne les requêtes n°s 2201155 et 2201188, qui n'est pas dans les présentes instances la partie perdante, les sommes que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté la demande de M. C du 29 avril 2022 tendant à son placement dans une position administrative régulière et d'injonction.
Article 2 : Les requêtes n° 2201188 et n° 2300451 ainsi que le surplus des conclusions de la requête n° 2201155 sont rejetés.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. GILLMANN
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
S. MERCIER
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
N°s 2201155 ; 2201188 ; 2300451
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026