vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PAGE JULIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 mars 2023 et 4 avril 2023, la société Netman Guyane, représentée par Me Page, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'intégralité de la procédure de passation de l'appel d'offre ouvert concernant un accord-cadre de fournitures courantes et de services de prestations de nettoyage, de bionettoyage, de fourniture, de pose, d'entretien, de ravitaillement de distributeurs et de consommables à destination du centre hospitalier de l'ouest guyanais et de ses annexes, concernant le lot n° 1 ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le centre hospitalier de l'ouest guyanais (CHOG) a rejeté l'offre qu'elle a présentée sur le lot n° 1 ;
3°) d'annuler la décision par laquelle le centre hospitalier de l'ouest guyanais a attribué à la société Sodex Net le lot n°1 ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de l'ouest guyanais la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- la procédure est irrégulière en raison du refus de communication des informations et documents qu'elle a sollicité, ce qui constitue un manquement aux règles de transparence, de publicité et de mise en concurrence, en méconnaissance de l'article R. 2181-2 du code de la commande publique ;
- les sous-critères techniques énumérés sont dénués de précision suffisante quant à ce qui était réellement attendu des candidats, ce qui a eu pour conséquence de créer une inégalité de traitement entre les candidats et laisse une importante marge d'appréciation discrétionnaire au pouvoir adjudicateur sur la valeur technique des offres ; ce n'est qu'en réponse à sa demande d'explications, soit postérieurement à l'attribution du marché, que le CHOG a explicité le sous-critère " ressources humaines " ; les critères d'attribution doivent être liés à l'objet du contrat ou à ses conditions, or le pouvoir adjudicateur a pris en compte le processus de recrutement des ressources humaines, lequel est dépourvu de rapport avec un marché de prestation de service de bionettoyage ; les documents de la consultation ne permettent pas d'appréhender les attentes du CHOG sur le sous-critère " organisation " tandis qu'il ressort des précisions apportées postérieurement à l'attribution du marché qu'il fallait y voir les méthodes de stockage et de livraison ; quant au dernier sous-critère relatif au " développement durable ", ni les documents de la consultation ni des précisions postérieures ne permettent de déterminer les attendus ; cette imprécision a faussé le jeu normal de la concurrence ; cette imprécision l'a nécessairement lésée dès lors que son offre a été classée en seconde position sur le critère technique et en première position sur le critère du prix ; le cahier des clauses techniques particulières, qui est un document contractuel, ne constitue pas un document de la consultation et ne permet pas au candidat de connaitre les éléments retenus par l'acheteur pour apprécier les offres reçues, notamment leur valeur technique ; en tout état de cause, les indications dans le CCTP sont standardisées et trop imprécises pour assurer le respect du principe de transparence ;
- la circonstance qu'elle n'ait pas fourni les attestations sociales et fiscales concernant le lot n 3, dont elle est attributaire, est sans incidence sur la recevabilité du présent recours ; en tout état de cause, elle a adressé la plupart des documents nécessaires à la formalisation du marché pour le lot n 3, dont l'attestation de régularité fiscale ;
- le placement en redressement judiciaire ne constitue pas un obstacle pour soumissionner à un marché public dès lors que la société justifie de la régularité de sa situation au regard des obligations fiscales et sociales ; la preuve qu'un candidat ne se trouve pas dans un cas d'interdiction de soumissionner ne saurait être exigée au stade du dépôt de dossier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2023, le centre hospitalier de l'ouest guyanais, représenté par Me Fernandez-Begault, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Netman Guyane la somme de 4 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre hospitalier fait valoir que :
- alors que la société Netman Guyane, qui est attributaire du lot n° 3, disposait d'un délai courant jusqu'au vendredi 24 mars 2023 pour produire les pièces et documents justificatifs de la régularité de sa situation au regard de ses obligations sociales et fiscales, elle s'est bornée à produire un extrait Kbis et un jugement du tribunal mixte de commerce de Cayenne du 24 octobre 2022 prononçant l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire et n'a pas produit les justificatifs demandés concernant la régularité fiscale et sociale de sa situation ; ainsi, si la requérante avait été attributaire du lot n° 1, elle aurait été dans l'incapacité de produire les justificatifs exigés par l'acheteur, dans le délai imparti ; dès lors, la société Netman Guyane est insusceptible d'avoir été lésée dans ses intérêts par les moyens qu'elle invoque qui sont, par suite, inopérants ;
- si la société Netman Guyane attestait dans sa déclaration sur l'honneur produite lors du dépôt de sa candidature le 20 février 2022, elle se trouvait en situation de redressement judiciaire ; la société requérante a donc souscrit une déclaration sur l'honneur mensongère ou, à tout le moins, erronée ; sa candidature doit donc être écartée de la procédure, que la fausse déclaration soit intentionnelle ou non ;
- dès lors que la période d'observation de la société requérante fixée par le jugement du tribunal mixte de commerce était d'une durée de six mois et que la date de cessation des paiements provisoirement retenue était fixée au 5 octobre 2022, alors que la durée de l'accord-cadre était fixée à douze mois à compter de la réception du premier bon de commande, reconductible trois fois par période de douze mois et dans la limite de 48 mois, la durée d'exécution de l'accord-cadre excède largement celle de la période d'observation ; ainsi, en application de l'article L. 2141-3 du code de la commande publique, la société Netman Guyane était irrecevable à soumissionner à l'accord-cadre et aurait dû être exclue de la procédure ; elle est donc insusceptible d'être lésée dans ses intérêts par les moyens qu'elle invoque qui sont inopérants ;
- à titre subsidiaire, les informations communiquées par son courrier du 14 mars 2023 sont conformes aux exigences des articles L. 2181-1, R. 2181-1 et R. 2181-3 du code de la commande publique ; son courrier du 21 mars 2023 répond, dans les délais, à la demande de la société Netman Guyane de communication des caractéristiques et avantages de l'offre retenue de sorte qu'elle a eu communication de tous les éléments lui permettant de comprendre les motifs du rejet de son offre et de l'attribution à la société classée en première position ; le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information du soumissionnaire évincé est infondé ;
- si la requérante a sollicité la communication de divers documents administratifs, certains documents sollicités lui ont déjà été communiqués, d'autres, comme la lettre de notification, n'existent pas encore, faute pour l'accord-cadre d'avoir été signé, d'autres encore sont libellés de manière trop imprécise pour déterminer ce qui est réellement sollicité et certains sont des documents préparatoires qui, en application de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne peuvent pas être communiqués tant que le marché n'a pas été signé ; en tout état de cause, conformément à l'article R. 311-13 du code des relations entre le public et l'administration, l'administration dispose d'un délai d'un mois pour procéder à la communication or ce délai n'est pas encore expiré, d'une part, et qu'il appartiendrait à la société de saisir la commission d'accès aux documents administratif, en cas de refus, avant de contester le refus de communication devant le tribunal ; le moyen n'est, en tout état de cause, pas susceptible d'avoir lésé la requérante dans ses intérêts et est donc inopérant ;
- pour la sélection des offres, il a choisi une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution pour lesquels les documents de la consultation et notamment le règlement de consultation et le cahier des clauses techniques particulières précisaient ses attentes.
La procédure a été communiquée à la société Sodex Net qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Metellus, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Stanislas, représentant la société Netman Guyane, qui s'en remet aux conclusions écrites ;
- et celles de Me Fernandez-Begault, représentant le centre hospitalier de l'ouest guyanais qui a repris, en substance, ses écritures et a ajouté qu'en application de l'article L. 2141-3 du code de la commande publique, la requérante, qui se trouvait placée en redressement judiciaire antérieurement au dépôt de sa candidature, ne pouvait pas régulièrement candidater, que dès lors que la société Netman Guyane a répondu sur chacun des sous-critères du critère technique, elle n'est pas fondée à soutenir que ces sous-critères étaient imprécis, que le cahier des clauses techniques particulières constitue un document de la consultation dès lors qu'il définit les besoins de l'acheteur, conformément aux articles L. 2111-2 et R. 2132-1 du code de la commande publique.
La société Sodex Net n'étant pas représentée.
La clôture de l'instruction a été différée et reportée au 6 avril 2023 à 12h00.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre hospitalier de l'ouest guyanais (CHOG) a lancé un appel d'offre ouvert concernant un accord-cadre de fournitures courantes et de services de prestations de nettoyage, de bionettoyage, de fourniture, de pose, d'entretien, de ravitaillement de distributeurs et de consommables à destination du centre hospitalier de l'ouest guyanais et de ses annexes, alloti en trois lots. La société Netman Guyane a notamment présenté une offre sur le lot n° 1 portant " bionettoyage et fourniture de consommables ". Par un courrier du 14 mars 2023, le CHOG a informé la société requérante du rejet de son offre présentée sur le lot n 1 en lui indiquant que son offre était classée en deuxième position, le marché ayant été attribué pour ce lot à la société Sodex Net. Par un courrier du 17 mars 2023, la société Netman Guyane a sollicité, sur le fondement de l'article R. 2181-4 du code de la commande publique, la communication des motifs détaillés du rejet de son offre, des critères et motifs détaillés ayant conduit le CHOG a, d'une part, lui octroyer une note technique de 31,50 % pour le lot n 1 et, d'autre part, à octroyer à la société attributaire une note technique de 54 % pour ce même lot, ainsi que les caractéristiques de l'offre de l'attributaire du lot n 1. Par un courrier du 20 mars 2023, la société Netman Guyane a demandé au CHOG de lui communiquer les motifs détaillés du rejet de son offre, les avantages de l'offre retenue, le rapport de présentation du marché, les procès-verbaux d'ouverture des plis, des candidatures et des offres, les lettres de notification du marché, l'acte d'engagement et les annexes du candidat retenu, le rapport d'analyse des offres, les éléments de notation et de classement, l'offre de prix globale présentée par le candidat retenu, sa lettre de candidature, la déclaration du candidat, l'état annuel des certificats reçus, les explications littérales des notes obtenues pour chaque critère et chaque sous-critère, les principales caractéristiques de l'offre retenue et les éléments d'appréciation, le registre des dépôts des offres, le procès-verbal de réunion et l'avis de la commission d'appel d'offres. Par un courrier du 21 mars 2023, le CHOG a apporté des éléments de réponse, notamment en rappelant les critères d'attribution du lot et leur pondération, en indiquant les modalités d'appréciation des sous-critères de la valeur technique, en indiquant les motifs du rejet de l'offre présentée par la société Netman Guyane et les avantages et caractéristiques de l'offre retenue.
2. Par la présente requête, la société Netman Guyane demande au juge du référé précontractuel d'annuler, sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, la procédure de passation du lot n° 1 de l'appel d'offre ouvert concernant l'accord-cadre de fournitures courantes et de services de prestations de nettoyage, de bionettoyage, de fourniture, de pose, d'entretien, de ravitaillement de distributeurs et de consommables à destination du CHOG, ensemble la décision par laquelle le CHOG a rejeté son offre présentée pour le lot n° 1 et la décision par laquelle il a attribué le lot n° 1 à la société Sodex Net.
3. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif () peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opérateur unique. () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ". L'article L. 551-2 du même code dispose que : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ".
4. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 2181-1 du code de la commande publique : " L'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre ". Aux termes de l'article R. 2181-3 du même code : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1 ". Aux termes de l'article R. 2181-4 dudit code : " A la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : () ; / 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue. ". Aux termes de l'article R. 2182-1 du code précité : " Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, un délai minimal de onze jours est respecté entre la date d'envoi de la notification prévue aux articles R. 2181-1 et R. 2181-3 et la date de signature du marché par l'acheteur. / Ce délai minimal est porté à seize jours lorsque cette notification n'a pas été transmise par voie électronique ".
6. L'information sur les motifs du rejet de son offre dont est destinataire l'entreprise en application des dispositions précitées a, notamment, pour objet de permettre à cette société de contester utilement le rejet qui lui est opposé devant le juge du référé précontractuel saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative. Par suite, l'absence de respect de ces dispositions constitue un manquement aux obligations de transparence et de mise en concurrence. Cependant, un tel manquement n'est plus constitué si l'ensemble des informations mentionnées aux articles R. 2181-3 et R. 2181-4 précités a été communiqué au candidat évincé à la date à laquelle le juge des référés statue sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative et si le délai qui s'est écoulé entre cette communication et la date à laquelle le juge des référés statue a été suffisant pour permettre à ce candidat de contester utilement son éviction.
7. Si la société Netman Guyane soutient que la procédure est irrégulière dès lors qu'en dépit de ses demandes, le CHOG ne lui a pas communiqué les documents sollicités et notamment le procès-verbal d'ouverture des plis, des candidatures ou des offres, le dossier de candidature de l'attributaire, l'acte d'engagement ses annexes du candidat retenu, le prix global de son offre, le rapport d'analyse des offres, les éléments de notation et de classement assortis des explications littérales, il résulte du courrier du 14 mars 2023 que le CHOG a informé la société Netman Guyane que son offre présentée sur le lot n° 1, classée en deuxième position, avait été rejetée. Ce courrier précisait que cette offre avait reçu la note globale de 71.50/100 en précisant les notes obtenues au titre des deux critères prix et technique et des trois sous-critères prévus pour le critère technique. La société requérante était également informée de l'identité de l'attributaire et des notes obtenues par l'offre de ce dernier par chacun des critères et sous-critères, dont le total aboutissait à la note globale de 73,61/100. L'intéressée a, en outre, été informée du montant total entretien et du montant unitaire pour la partie consommable de l'offre de la société attributaire. Cette lettre indiquait enfin qu'un délai minimal de onze jours serait respecté avant la signature du marché à compter de la date d'envoi de cette lettre et de ce que le marché était susceptible d'être signé à compter du 27 mars 2023. Par un courrier du 21 mars 2023, le CHOG a répondu à la demande de communication d'éléments complémentaires formée par la société Netman Guyane le 17 mars 2023, en rappelant quels étaient les critères et sous-critères d'attribution du lot n° 1 et leur pondération, en indiquant les motifs détaillés du rejet de l'offre de la requérante et en communiquant les avantages et caractéristiques de l'offre retenue. Il résulte ainsi de l'instruction que la société Netman Guyane a disposé des informations prévues par les dispositions rappelées aux points 4 et 5. Dans ces conditions, le CHOG a transmis à la société Netman Guyane les informations répondant aux prescriptions des articles R. 2181-1, R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique, qui ont permis à l'intéressée de contester utilement le rejet de son offre. Dès lors, le manquement aux obligations de publicité et de transparence, invoqué par la société requérante manque en fait et doit être écarté.
8. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 2152-7 du code de la commande publique : " Le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse sur la base d'un ou plusieurs critères objectifs, précis et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution. Les modalités d'application du présent alinéa sont prévues par voie réglementaire. / Les offres sont appréciées lot par lot. / Le lien avec l'objet du marché ou ses conditions s'apprécie conformément aux articles L. 2112-2 à L. 2112-4 ". Aux termes de l'article R. 2152-7 du même code : " Pour attribuer le marché au soumissionnaire ou, le cas échéant aux soumissionnaires qui ont présenté l'offre économiquement la plus avantageuse, l'acheteur se fonde : () / 2° Soit sur une pluralité de critères non-discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution, parmi lesquels figure le critère du prix ou du coût et un ou plusieurs autres critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux. Il peut s'agit des critères suivants : / a) La qualité, y compris la valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, l'accessibilité, l'apprentissage, la diversité, les conditions de production et de commercialisation, la garantie de la rémunération équitable des producteurs, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l'environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l'agriculture, d'insertion professionnelle des publics en difficulté, la biodiversité, le bien-être animal ; / b) Les délais d'exécution, les conditions de livraison, le service après-vente et l'assistance technique, la sécurité des approvisionnements, l'interopérabilité et les caractéristiques opérationnelles ; / c) L'organisation, les qualifications et l'expérience du personnel assigné à l'exécution du marché lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d'exécution du marché. / D'autres critères peuvent être pris en compte s'ils sont justifiés par l'objet du marché ou ses conditions d'exécution. / Les critères d'attribution retenus doivent pouvoir être appliqués tant aux variantes qu'aux offres de base ".
9. Il résulte des dispositions précitées que, pour assurer le respect des principes de liberté d'accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures, l'information appropriée des candidats sur les critères d'attribution d'un marché public est nécessaire dès l'engagement de la procédure d'attribution. Le pouvoir adjudicateur est ainsi tenu d'informer, dans les documents de consultation, les candidats des critères de sélection des offres ainsi que de leur pondération ou hiérarchisation. S'il décide, pour mettre en œuvre ces critères de sélection des offres, de faire usage de sous-critères également pondérés ou hiérarchisés, il doit porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation de ces sous-critères dès lors que, eu égard à leur nature et à l'importance de cette pondération ou hiérarchisation, ils sont susceptibles d'exercer une influence sur la présentation des offres par les candidats et doivent, en conséquence, être eux-mêmes regardés comme critères de sélection. En revanche, il n'est pas tenu d'informer les candidats de la méthode de notation des offres lorsqu'il se borne à mettre en œuvre les critères annoncés.
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 2111-1 du code de la commande publique : " La nature et l'étendue des besoins à satisfaire sont déterminées avec précision avant le lancement de la consultation en prenant en compte des objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale ". Aux termes de l'article R. 2132-1 du même code : " Les documents de la consultation sont l'ensemble des documents fournis par l'acheteur ou auxquels il se réfère afin de définir son besoin et dd écrire les modalités de la procédure de passation, y compris l'avis d'appel à la concurrence. Les informations fournies sont suffisamment précises pour permettre aux opérateurs économiques de déterminer la nature et l'étendue du besoin et de décider de demander la nature et l'étendue du besoin et de décider de demander ou non à participer à la procédure ". Il résulte de ces dispositions que le pouvoir adjudicateur doit ainsi définir ses besoins avec suffisamment de précision pour permettre aux candidats de présenter une offre adaptée aux prestations attendues, compte tenu des moyens nécessaires pour les réaliser. Pour permettre l'élaboration de cette offre et pour en déterminer le prix, les candidats doivent disposer d'informations relatives à la nature des prestations attendues.
11. La société Netman soutient que les sous-critères techniques énumérés sont dénués de précision suffisante quant à ce qui était réellement attendu des candidats, créant une inégalité de traitement entre les candidats et laissant une importante marge d'appréciation discrétionnaire au pouvoir adjudicateur sur la valeur technique des offres. Il résulte toutefois de l'instruction que l'article 7.2 du règlement de la consultation prévoit que les critères retenus pour le jugement des offres sont la " Valeur technique " pondérée à 60 %, divisée en trois sous-critères concernant les " ressources humaines ", pondéré à 20 %, l'" organisation de la prestation ", pondéré à 30 % et l' " implication dans le développement durable " pondérée à 10 %,, et le " prix des prestations ", pondéré à 40 %. Par ailleurs, le cahier des clauses techniques particulières, document pertinent de la consultation, procède, notamment en ses articles 2, 3, 9 et 10, à une définition précise des besoins et des attentes du centre hospitalier, et assortit les trois sous-critères de la valeur technique de précisions suffisantes permettant aux soumissionnaires de présenter une offre adaptée aux attendes du pouvoir adjudicateur. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas même allégué que la société Netman Guyane aurait sollicité des précisions en vue d'éclaircir les sous-critères de la valeur technique, qui sont au demeurant les mêmes que ceux ayant servi pour l'appréciation des offres du lot n° 3 dont l'intéressée est l'attributaire. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'eu égard à leur imprécision, les sous-critères du critère technique conférait au pouvoir adjudicateur une liberté de choix discrétionnaire.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la société Netman Guyane n'est pas fondée à demander l'annulation de la procédure de passation de l'appel d'offre ouvert concernant un accord-cadre de fournitures courantes et de services de prestations de nettoyage, de bionettoyage, de fourniture, de pose, d'entretien, de ravitaillement de distributeurs et de consommables à destination du centre hospitalier de l'ouest guyanais et de ses annexes, concernant le lot n° 1.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de l'ouest guyanais la somme demandée par la société Netman Guyane au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Netman Guyane la somme de 1 200 euros à verser au centre hospitalier de l'ouest guyanais au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Netman Guyane est rejetée.
Article 2 : La société Netman Guyane versera au centre hospitalier de l'ouest guyanais une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Netman Guyane, au centre hospitalier de l'ouest guyanais et à la société Sodex Net.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le juge des référés,
Signé
L. A
La République mande et ordonne au ministre de la santé en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
M-Y. METELLUS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026