mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DENIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête en référé provision enregistrée le 10 avril 2023, M. A B représenté par Me Denis demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 75 000 euros à titre de provision à valoir sur la réparation de ses préjudices résultant de l'injection forcée d'un neuroleptique le 23 août 2018, augmentée des intérêts capitalisés ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Denis, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly a commis une faute dès lors qu'il a méconnu son obligation de garantir la dignité des personnes détenues ;
- le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly a commis une faute dès lors qu'il a méconnu son obligation de garantir l'intégrité physique et morale des personnes détenues et les obligations qui en résultent :
. il a méconnu le principe de consentement aux soins psychiatriques de la personne détenue dès lors que l'intéressé a affirmé à plusieurs reprises son refus de se soumettre à un traitement psychiatrique ;
. aucune circonstance ne justifiait des soins psychiatriques contraints ;
. le médecin en charge de l'injection forcée a méconnu les dispositions de l'article L. 3214-3 du code de la santé publique dès lors qu'il n'a produit aucun certificat médical à la suite de l'acte ;
. l'injection forcée de neuroleptique a été réalisée sous la contrainte physique de l'administration pénitentiaire ;
. l'administration pénitentiaire a manqué à son obligation de surveillance à la suite de l'injection forcée ;
- les fautes de l'administration lui ont causé un préjudice physique et moral, directement lié à l'injection forcée de Loxopac, ainsi l'obligation de réparation n'est pas sérieusement contestable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut, à titre principal, à la mise en cause du centre hospitalier de Cayenne et, à titre subsidiaire, à ce que le montant de la provision allouée à M. B soit limité à de plus justes proportions et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2023, le centre hospitalier de Cayenne représenté par Me Cantaloube conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. B de la somme de 1 500 euros en applications des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la santé publique ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est incarcéré à la maison d'arrêt du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly depuis le 18 novembre 2014. Le 23 août 2018, il a fait l'objet d'une injection par intra veineuse de Loxopac, un neuroleptique. Par courrier recommandé notifié le 9 décembre 2022, M. B a adressé une demande indemnitaire préalable au ministre de la justice tendant au versement de la somme de 75 000 euros en réparation du préjudice subi suite à l'administration de traitements psychiatriques sans son consentement le 23 août 2018. Le silence gardé par le ministre de la justice pendant plus de deux mois a fait naître une décision implicite de rejet le 9 février 2023. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 75 000 euros à titre de provision, augmentée des intérêts capitalisés, à valoir sur le préjudice qu'il estime avoir subi en raison de l'injection de Loxopac qu'il a reçue le 23 août 2018.
Sur les conclusions aux fins de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. Pour apprécier si l'existence d'une obligation est dépourvue de caractère sérieusement contestable, le juge des référés peut s'appuyer sur l'ensemble des éléments figurant au dossier qui lui est soumis pourvu qu'ils présentent un caractère de précision suffisante et qu'ils aient été soumis à la contradiction des parties.
4. Pour demander la condamnation du garde des sceaux, ministre de la justice au paiement d'une provision, M. B indique que l'injection forcée de Loxopac qu'il a subie le 23 août 2018, lui a causé un préjudice physique et moral qu'il évalue à 75 000 euros. Toutefois, le requérant n'assortit cette affirmation d'aucun élément permettant d'établir la réalité des préjudices qu'il estime avoir subis. En effet, M. B se borne à indiquer que l'injection de Loxopac qu'il a subie le 23 août 2018, a eu des conséquences importantes sur son intégrité physique et morale sans produire ni certificat médical ni pièces attestant de la réalité de son préjudice. Dans ces conditions, l'existence de l'obligation du ministre de la justice, garde des Sceaux envers M. B ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée à ce titre par M. B. De même, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des mêmes dispositions par le centre hospitalier de Cayenne.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Cayenne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, le garde des sceaux, ministre de la justice, au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly et au centre hospitalier de Cayenne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 03 septembre 2024.
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S.PROSPER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026