jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LA S.E.L.A.F.A CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 11 avril et 2 août 2023, Mme A Serber, représentée par la Selafa Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2022 par laquelle le président de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) a rejeté sa demande d'intégration directe dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux du 14 décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au président de la CTG, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de faire droit à sa demande à compter du 29 juillet 2022, subsidiairement, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la CTG les dépens de l'instance et la somme de 3.000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Mme Serber invoque l'incompétence du signataire et l'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 août 2023, la CTG conclut au rejet de la requête, en faisant valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 ;
- le décret n° 2017-901 du 9 mai 2017 ;
- le décret n° 2017-1736 du 21 décembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lacau,
- les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public,
- et les observations de M. C pour la Collectivité territoriale de Guyane, la requérante n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Recrutée en 2018 par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) au grade d'assistant socio-éducatif de classe exceptionnelle pour exercer les fonctions de contrôleur des établissements et services sociaux et médico-sociaux, Mme Serber conteste la décision du 11 octobre 2022 par laquelle le président de la CTG a rejeté sa demande d'intégration directe dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux, implicitement confirmée par le silence gardé sur son recours gracieux du 14 décembre 2022.
2. En premier lieu, le signataire de la décision du 11 octobre 2022, M. B, directeur général des services, disposait, en vertu de l'article 1er de l'arrêté n° ARR-2022-3 du 14 février 2022, d'une délégation du président de la CTG à l'effet de signer notamment les actes de gestion courante du personnel, à l'exception de ceux concernant les recrutements, les avancements de grade et les promotions internes. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait.
3. En second lieu, l'article L.511-5 du code général de la fonction publique prévoit que tous les corps et cadres d'emplois de la fonction publique sont accessibles aux fonctionnaires relevant de ce code par la voie de l'intégration directe. Aux termes des dispositions de l'article L.511-6 du même code : " Le fonctionnaire peut être intégré directement dans un corps ou cadre d'emplois de même catégorie et de niveau comparable à celui de son corps ou cadre d'emplois d'origine, ce niveau étant apprécié au regard des conditions de recrutement ou du niveau des missions prévues par les statuts particuliers. Cette disposition s'applique sans préjudice de dispositions plus favorables prévues par les statuts particuliers. L'intégration directe s'effectue entre corps et cadres d'emplois de niveau comparable, lorsque le corps ou cadre d'emplois d'origine ou le corps ou cadre d'emplois d'accueil ne relève pas d'une catégorie. L'accès à des fonctions du corps ou cadre d'emplois d'accueil dont l'exercice est soumis à la détention d'un titre ou d'un diplôme spécifique est subordonné à la détention de ce titre ou de ce diplôme ".
4. Pour rejeter la demande de Mme Serber, le président de la CTG a relevé que " Les missions de votre fiche de poste relèvent aussi bien de la filière administrative que de la filière sociale. À cet effet, votre grade de conseiller socio-éducatif vous permet d'accomplir les activités mentionnées dans votre fiche de poste. Sur cette base le motif du changement de filière n'est pas valable ". La requérante, qui ne conteste pas le motif retenu par l'administration, fait valoir que ses fonctions " s'apparentent manifestement " à celles mentionnées à l'article 2 du décret du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux, ce que confirme sa fiche de poste, qu'elle a obtenu en 2020 le Master 2 " Pratique et Ingénierie de l'Education du Travail et de l'Action Sociale " ce qui lui a permis de renforcer ses compétences professionnelles et d'acquérir un niveau de qualification comparable à celui d'un attaché territorial, puis que son aptitude à exercer des fonctions d'encadrement ressort du compte-rendu de son entretien professionnel au titre de l'année 2021. Toutefois, s'il n'est pas contesté que Mme Serber remplissait les conditions exigées par les dispositions précitées de l'article L.511-6 du code général de la fonction publique pour bénéficier d'une intégration directe dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux, cette circonstance, qui n'a d'effet que sur la recevabilité de sa demande, ne lui confère aucun droit à obtenir cette intégration. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le rejet de la demande de Mme Serber serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme Serber n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 octobre 2022 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction, celles présentées au titre de l'article L.761-I du code de justice administrative et en tout état de cause celles relatives aux dépens, aucun dépens n'ayant été occasionné par la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Serber est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Serber et à la Collectivité territoriale de Guyane.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026