jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 21 avril, M. A B, demande au tribunal d'annuler la décision du 10 mars 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.
M. B invoque les problèmes de santé d'un camarade, qui l'obligent à être accompagné et à résider à proximité d'un établissement hospitalier.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête en opposant son irrecevabilité au regard des prescriptions de l'article R.411-1 du code de justice administrative, puis l'absence de moyen fondé.
Par un courrier du 18 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le requérant n'entrait pas dans le champ d'application des articles L.551-16 et D.551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un courrier du 22 décembre 2023, l'OFII a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public, en sollicitant la substitution des dispositions de l'article L.551-15 du code à celles de l'article L.551-16.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la directive (UE) n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2015-1166 du 21 septembre 2015 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Hegesippe, rapporteur public, ont été entendus au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, a présenté une demande d'asile enregistrée le 15 décembre 2022. Il a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui l'a invité à se présenter au centre d'hébergement de Suzini à Cayenne, par un courrier remis en mains propres le 19 décembre 2022. Le même jour, M. B a expressément refusé cet hébergement. Le 30 janvier 2023, il s'est vu remettre par l'OFII un courrier l'informant de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil et l'invitant à présenter ses observations. Par la décision attaquée du 10 mars 2023, la directrice territoriale de l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur le fondement des dispositions de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la base légale :
2. Aux termes de l'article L.551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. ". En vertu de l'article L.552-8 du même code, l'OFII propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement en tenant compte, d'une part, de ses besoins, de sa situation personnelle et familiale et de sa vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, d'autre part des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région.
3. Aux termes des dispositions de l'article L.551-15 du code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L.552-8 () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes des dispositions de l'article L.551-16 : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants 1° Il quitte la région d'orientation déterminée en application de l'article L.551-3 ; 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L.552-9 ; 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; 4° Il a dissimulé ses ressources financières ; 5° Il a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ; 6° Il a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes. () ".
4. Il résulte de la combinaison des articles L.551-9 et L.552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une part, et des articles L.551-15 et L.551-16 de ce code, d'autre part, que dans le cas où les conditions matérielles d'accueil initialement proposées au demandeur d'asile ne comportent pas encore la désignation d'un lieu d'hébergement, dont l'attribution résulte d'une procédure et d'une décision particulières, le refus par le demandeur d'asile de la proposition d'hébergement qui lui est faite ultérieurement doit être regardé comme un motif de refus des conditions matérielles d'accueil entrant dans le champ d'application de l'article L. 551-15 du code et non comme un motif justifiant qu'il soit mis fin à ces conditions relevant de l'article L 551-16. Il en va ainsi alors même que le demandeur avait initialement accepté, dans leur principe, les conditions matérielles d'accueil proposées.
5. Il résulte de ce qui précède, dans les circonstances exposées au point 1, que la décision de l'OFII, prise aux visas des articles L.551-16 et D.551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est fondée sur une base légale erronée.
6. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. En l'espèce, la décision attaquée pouvait légalement être prise sur le fondement des dispositions de l'article L.551-15, qui peuvent être substituées, comme le demande l'OFII, à celles de l'article L.551-6 dès lors que cette substitution de base légale ne prive d'aucune garantie l'intéressé, qui a bénéficié, alors qu'aucun texte ne le prévoyait, de la possibilité de présenter ses observations et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces dispositions.
Sur l'unique moyen de la requête :
7. Dans le cas où elle envisage de refuser les conditions matérielles d'accueil sur le fondement de l'article L.551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'OFII d'apprécier la situation particulière du demandeur au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil et, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté ses obligations pour pouvoir prétendre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En vertu de l'article L522-3 du même code, l'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs seuls ou accompagnés par une personne isolée, les personnes handicapées, les personnes âgées, les femmes enceintes, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves ou de troubles mentaux, puis les personnes ayant subi des formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle.
8. Célibataire, alors âgé de vingt-huit ans, le requérant se borne à invoquer l'état de santé de son " camarade ", qui souffre de graves crises d'épilepsie l'obligeant à être accompagné et à résider à proximité d'un centre hospitalier. Ce faisant, il ne justifie ni même n'allègue qu'il présentait lui-même un état de vulnérabilité au sens des dispositions précitées de l'article L.522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que l'OFII ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée de sa situation.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'OFII, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 10 mars 2023.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guiserix, président,
Mme Lacau, première conseillère,
M. Gillmann, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
M.T. LACAULe président,
Signé
O. GUISERIXLa greffière,
Signé
C. NICANOR
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026