mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2300766 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DENIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2023, M. C A, représenté par Me Denis, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre les effets de la décision du 12 avril 2023 par laquelle le ministre de la justice a décidé de son transfèrement du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly au centre pénitentiaire de Nantes, quartier QCDH (quartier centre de détention des hommes) ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Denis, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- il est détenu au centre pénitentiaire de Guyane depuis le 8 décembre 2022 et sera libérable en 2031 ;
- la décision de transfèrement porte une atteinte grave et immédiate à sa situation et notamment à sa situation familiale en raison notamment de son imminence ; l'exécution de cette décision va entrainer son déplacement à plus de 8 500 kilomètres de sa compagne et va rendre impossible les visites régulières de cette dernière ; il a en outre déposé une demande de relèvement de sa période de sûreté qui doit être examinée dans les six mois ; exécuter maintenant son transfèrement empêcherait la mise en place de solutions alternatives à sa détention et l'empêcherait de préparer correctement cette audience avec son conseil ; l'urgence est ainsi caractérisée ;
- plusieurs moyens sont susceptibles de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause, à savoir l'incompétence du signataire de l'acte, la méconnaissance de la procédure d'orientation prévue par les dispositions des articles D. 211-10 et suivants du code pénitentiaire, impliquant que le dossier d'orientation doit nécessairement contenir l'avis du juge de l'application des peines, ce qui n'est pas le cas en l'espèce faute pour la décision contestée de viser aucun avis du juge de l'application des peines ; enfin la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; à ce titre, il justifie de très longues années de concubinage avec Mme B puisqu'ils sont en concubinage depuis 2016, soit depuis plus de 7 ans et de manière continue, que son adresse lorsqu'il n'est pas incarcéré, est toujours celle de sa compagne qui réside en Guyane, territoire où elle est née et où elle a toutes ses attaches familiales ; son transfèrement dans le centre pénitentiaire de Nantes, lequel est situé à plus de 6 800 km de la Guyane, porte directement et manifestement atteinte au respect de sa vie privée et familiale ; sa concubine ne sera manifestement pas en capacité de lui rendre visite régulièrement en raison de la distance entre la Guyane et la ville de Nantes, du temps nécessaire pour s'y rendre, le trajet nécessitant de prendre l'avion, et du coût prohibitif d'un tel trajet alors qu'il bénéficie actuellement des visites régulières de sa concubine qui dispose d'un permis de visite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au non-lieu à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir qu'une nouvelle décision d'orientation initiale a été prise le 22 mai 2023 qui annule et remplace la décision en litige, la décision du 22 mai 2023 affectant M. A au quartier centre de détention du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête enregistrée le 5 mai 2023 sous le numéro 2300765 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 pénitentiaire,
- le code de procédure pénale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique tenue le 24 mai 2023 en présence de Mme Mercier, greffière, le rapport de M. Martin.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été fixée le 24 mai 2023 à 9 h 45 mn, à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, condamné le 8 décembre 2022 à une peine de 15 années de prison par un arrêt de la cour d'assises de Guyane, est libérable le 25 décembre 2031. Il est affecté depuis sa condamnation au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly situé en Guyane. Par une décision du 12 avril 2023 motivée notamment par le dossier d'orientation du détenu, son profil pénal et pénitentiaire, le fait qu'un établissement métropolitain lui offrirait plus d'opportunités d'orientation et de travail et le sur-encombrement des établissements de la DSPMOM, l'administration pénitentiaire a décidé de son transfèrement du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly à celui de Nantes, quartier QCDH (quartier centre de détention des hommes). M. A demande par la présente requête la suspension des effets de cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. D'autre part, par un mémoire enregistré le 23 mai 2023, le ministre a fait part au tribunal de ce qu'une nouvelle décision d'orientation initiale avait été prise le 22 mai 2023, annulant et remplaçant la décision en litige. De fait, la décision du 22 mai 2023 affecte M. A au quartier centre de détention du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly. Dès lors, la requête de M. A est devenue sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision du 12 avril 2023.
Sur les frais liés au litige :
4. Le requérant a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que Me Denis, son avocate, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de celui-ci le versement à Me Denis de la somme de 1 200 euros.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision du 12 avril 2023.
Article 3 : L'Etat versera à Me Denis une somme de 1 200 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Denis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Cette ordonnance sera communiquée pour information à la directrice du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly et au président du tribunal judiciaire de Cayenne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 24 mai 2023.
Le juge des référés,
Signé
L. MARTIN
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026